Culture

Trump veut accueillir blancs sud-africains comme réfugiés, après allégations de génocide démenties.

Le président Donald Trump continue d’alimenter l’affirmation fallacieuse selon laquelle les Sud-Africains blancs seraient persécutés par le gouvernement majoritairement noir de leur pays. Poursuivant la diffusion des prétendues thèses de « génocide », relayées par des figures d’extrême droite, l’administration américaine chercherait à permettre l’entrée d’un nombre encore plus élevé de réfugiés blancs en provenance d’Afrique du Sud, alors même que d’autres réfugiés se voient bloqués par les politiquesrestrictives de Trump.

L’administration Trump veut privilégier davantage de réfugiés blancs sud-africains

CBS News a rapporté que le département d’État américain demande au Congrès d’approuver un dispositif visant à plus que doubler le nombre de Sud-Africains blancs admis aux États‑Unis en tant que réfugiés.

La proposition ferait passer le quota total de réfugiés autorisés à entrer sur le territoire américain de 7 500 à 17 500, soit une augmentation de 10 000 places supplémentaires. Ces places additionnelles seraient attribuées aux Afrikaners, descendants pour la plupart de colons néerlandais qui ont dominé l’Afrique du Sud durant l’époque de l’apartheid et qui possèdent encore une grande partie des terres agricoles les plus précieuses du pays.

Le Département d’État affirme que ce nouveau plan relatif aux réfugiés afrikaners, dont le coût serait de 100 millions de dollars, répond à une « situation d’urgence pour les réfugiés ».

L’administration Trump met en avant une descente menée en décembre dans un centre de traitement des réfugiés en Afrique du Sud comme preuve d’une « hostilité croissante » envers les Afrikaners, alors que le gouvernement sud-africain soutient que l’opération visait des Kényans travaillant illégalement dans le centre.

Poursuite de la propagande autour du prétendu génocide des Blancs

Au cours de ses deux mandats, Trump a amplifié les accusations de « génocide » visant les Sud-Africains blancs, et plus particulièrement les Afrikaners.

Des figures d’extrême droite, comme Tucker Carlson et le milliardaire né en Afrique du Sud, Elon Musk, ont soutenu à tort que le gouvernement noir actuellement au pouvoir opprime et cible les Afrikaners. Ces affirmations ont provoqué des tensions avec le gouvernement sud-africain, qui les a à maintes reprises démenties.

Le journaliste Anderson Cooper s’est rendu en Afrique du Sud et a dialogué avec des agriculteurs blancs pour un reportage récent de 60 Minutes qui a démystifié bon nombre de ces accusations de génocide.

Pourtant, l’administration Trump continue d’admettre des Afrikaners en tant que réfugiés tout en réduisant l’aide étrangère destinée aux programmes de lutte contre le VIH/SIDA dans le pays.

Des politiques migratoires perçues comme racistes

Trump a permis à des milliers d’Afrikaners d’entrer aux États‑Unis en tant que réfugiés, malgré la suspension, dès son premier jour de retour au pouvoir, du Programme d’admission des réfugiés, ce qui a globalement fermé la porte à de nombreux réfugiés d’autres pays.

L’admission des Sud-Africains blancs alors que d’autres réfugiés plus vulnérables se voient refuser l’entrée s’inscrit dans une politique migratoire plus large que ses critiques décrivent comme étant biaisée sur le plan racial.

Par ailleurs, Trump a interdit ou restreint l’accès des citoyens de dizaines de pays vers les États‑Unis, nombre de ces nations étant majoritairement noires et/ou à majorité musulmane.

Il a également renforcé les mesures contre l’immigration irrégulière, ciblant les populations hispaniques ainsi que des communautés noires telles que les Somaliens et les Haïtiens.

En outre, il a annulé le Statut de Protection Temporaire pour Haïti, une mesure aujourd’hui contestée au Congrès et devant les tribunaux fédéraux. Il a aussi répété à plusieurs reprises avoir qualifié Haïti et des pays africains de « pays de merde » tout en manifestant une préférence pour des immigrés originaires de pays européens.

Ainsi, la volonté persistante de décrire les Sud-Africains blancs comme des réfugiés méritant un traitement privilégié s’intègre dans un cadre plus large de politique migratoire que les détracteurs accusent de favoriser les immigrés issus de populations blanches tout en restreignant l’accès pour d’autres.

Alors que des personnes fuyant la persécution à travers le monde voient leur entrée bloquée, les agriculteurs blancs d’Afrique du Sud continuent de bénéficier d’un traitement préférentiel de la part de l’administration Trump, qui promeut une narration selon laquelle les Blancs seraient les véritables victimes du racisme.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.