Un collectif de dirigeants des droits civiques a annoncé une nouvelle Marche sur Washington afin de défendre le droit de vote. Cet événement, programmé pour coïncider avec l’anniversaire de l’emblématique marche pour les droits civiques, se déroule en protestation contre la récente décision de la Cour suprême ayant affaibli une partie de la Voting Rights Act.
Nouvelle marche sur Washington annoncée pour le mois d’août
Le révérend Al Sharpton, Martin Luther King III et Arndrea Waters King ont annoncé mardi qu’une coalition d’organisations en faveur des droits civiques se réunirait dans la capitale afin de réclamer une protection du droit de vote.
Cette marche survient quelques mois après une décision de la Cour suprême qui a fragilisé la Voting Rights Act de 1965, décision que Sharpton a décrite comme « une balle au cœur du mouvement pour les droits de vote ».
La prochaine manifestation, intitulée March on Washington 2026: Defend the Vote, est prévue pour le 28 août, marquant le 63e anniversaire du discours « I Have a Dream » prononcé par le Dr. Martin Luther King Jr. lors de la Marche sur Washington de 1963.
« Protéger le vote, c’est défendre les fondements de notre démocratie », a déclaré Martin Luther King III dans un communiqué concernant cette nouvelle marche. « Soixante-trois ans après que mon père s’est tenu au Lincoln Memorial, nous sommes appelés à marcher à nouveau, non seulement en mémoire, mais aussi en action. »
Coalition d’organisations de droits civiques réunies à Washington, D.C.
Dans un communiqué adressé à Pagesafrik.info, la coalition décrit cette marche à venir comme « une mobilisation unifiée, non partisane, qui réunit travail, clergé, jeunes militants et leaders communautaires autour de trois objectifs communs : défendre le droit de vote, obtenir une dignité économique et assurer l’accessibilité financière pour les citoyens ordinaires ».
Outre le réseau National Action Network de Sharpton, le communiqué cite une vingtaine d’organisations participant à la marche, parmi lesquelles la NAACP, le National Council of Negro Women, UnidosUS, l’American Federation of Teachers, Phi Beta Sigma Fraternity, Bet Mishpachah et bien d’autres.
La coalition compte également une délégation du Congressional Black Caucus, dont la présidente du CBC, la représentante Yvette Clarke (D-N.Y.).
Les droits de vote continuent d’être fragilisés
La marche d’août répond à la récente décision de la Cour suprême qui a affaibli la Voting Rights Act de 1965, un élément clé de la législation des mouvements pour les droits civiques, qui, avec le Civil Rights Act de 1964, a suivi la marche de 1963.
Comme l’a signalé Pagesafrik.info précédemment, la majorité conservatrice de la Cour a statué dans l’affaire Louisiana v. Callais qu’elle ne protégerait plus la section du Voting Rights Act qui protégeait les circonscriptions fédérales à forte représentation noire.
Immédiatement après cette décision, des gouvernements dirigés par les républicains dans les États du Sud ont commencé à éliminer des circonscriptions noires, et des experts estiment qu’un tiers des membres du Congressional Black Caucus pourrait perdre leur siège.
Le cas de la Louisiane s’inscrit dans une série de décisions récentes de la Cour qui ont ébranlé des volets du Voting Rights Act, en retirant des dispositions destinées à protéger le droit de vote et le poids électoral des Noirs et d’autres groupes marginalisés.
La marche d’août s’inscrit aussi dans le contexte où le président Donald Trump pousse les républicains au Congrès à adopter la SAVE America Act, une loi restreignant l’identification des électeurs et que les experts estiment pourrait toucher de manière disproportionnée les femmes, les personnes de couleur et d’autres catégories.
À l’approche des élections de mi-mandat et alors que les républicains cherchent à imposer de nouvelles restrictions électorales, la prochaine Marche sur Washington intervient dans un débat national continu sur les droits de vote.
Cette marche vise à honorer l’impact de l’événement de 1963 tout en prolongeant son héritage en plaidant pour les droits de vote face à une nouvelle série de défis juridiques et politiques.





