Les sénateurs démocrates ont bloqué mardi un texte budgétaire annuel de défense évalué à environ 1 000 milliards de dollars, refusant de l’envoyer en avant-point afin de protester contre la façon dont le président Donald Trump gère le conflit avec l’Iran.
Pourquoi les sénateurs démocrates ont-ils bloqué le projet de loi sur la défense ?
Le Sénat s’est prononcé 50 voix contre 46, principalement selon les lignes partisanes, sans atteindre les 60 suffrages nécessaires pour faire avancer l’Autorisation de Défense Nationale (NDAA). Le texte viserait à autoriser une part importante du budget de défense proposé par l’administration pour l’exercice 2027, estimé à environ 1 150 milliards de dollars, selon l’Associated Press.
Les démocrates estiment que le Congrès ne devrait pas approuver ce texte tant que l’administration Trump poursuit ses opérations militaires contre l’Iran. Le vote survient un jour après que la Maison Blanche a averti le Congrès qu’elle avait repris des frappes contre l’Iran, mettant fin à un cessez-le-feu fragile dans le différend entre les États‑Unis et Israël.
Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer (D‑N.Y.), a appelé les membres de son caucus à s’opposer au texte, affirmant que le Congrès ne devrait pas adopter le paquet de défense tant que le conflit persiste.
« Le NDAA ne peut devenir un laissez-passer pour l’imprudence que nous voyons se déployer en Iran », a déclaré Schumer, cité par l’AP.
Il a ajouté : « Donald Trump n’a pas le droit d’entraîner le peuple américain plus profondément dans une guerre qu’il ne peut expliquer et dont il ignore comment en sortir — puis d’exiger que le Congrès détourne le regard. »
Détails sur les dispositions contestées visant à étendre l’armée et le budget de défense américain
La guerre n’était pas le seul point bloquant pour les démocrates. Plusieurs parlementaires ont aussi dénoncé des dispositions qui étendraient la coopération militaire et du renseignement entre les États‑Unis et Israël, ainsi que l’ampleur du budget proposé pour le Pentagone, selon Al Jazeera.
L’une des mesures exigerait que le Pentagone nomme un responsable chargé de superviser les efforts technologiques conjoints en matière de défense, couvrant la recherche et la production d’armes, ainsi que l’intégration des technologies militaires. Une autre disposition dans la loi d’autorisation du renseignement viserait à accroître le partage d’informations entre les deux alliés, toujours selon Al Jazeera.
Dans une lettre adressée à ses collègues la semaine dernière, les sénateurs démocrates Chris Van Hollen, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Ed Markey, Jeff Merkley et Peter Welch ont exhorté leurs homologues à ne pas faire progresser le texte, affirmant que les parlementaires ne devraient pas « voter de manière à pousser Trump à approfondir les liens des États‑Unis avec le gouvernement extrémiste de Netanyahou ».
Avant le vote de mardi, Van Hollen a également critiqué ce qu’il qualifie de « budget gonflé » pour le Pentagone et a déclaré que le texte n’imposait « aucune contrainte à la guerre illégale menée par Trump contre l’Iran ».
« Pourquoi le Congrès des États‑Unis exigerait-il que l’exécutif partage davantage d’informations, indépendamment de ce que fait le gouvernement israélien ? » a demandé Van Hollen dans une vidéo publiée sur X, anciennement connu sous le nom de Twitter, selon Al Jazeera.





