À la suite de la fusillade survenue à Washington, D.C., qui a coûté la vie à un membre de la Garde nationale et laissé un autre gravement blessé, le président Trump a tenté de faire reposer la responsabilité sur Joe Biden tout en rejetant la sienne. Interpellé par une journaliste, Trump n’a pas hésité à dégainer à nouveau des attaques personnelles, comme il en a multiplié ces derniers jours.
Jeudi, Trump s’est énervé contre une femme journaliste qui lui demandait des éclaircissements sur la vérification d’un ressortissant afghan qui serait à l’origine des tirs visant deux soldats de la Garde nationale à Washington, mercredi, tuant Sarah Beckstrom, âgée de 20 ans, et plaçant dans un état critique Andrew Wolfe, âgé de 24 ans. Le suspect, Rahmanullah Lakanwal, avait collaboré avec les forces américaines en Afghanistan avant d’entrer aux États‑Unis en 2021 après le retrait des troupes ordonné par Biden; il avait obtenu l’asile accordé par l’administration Trump en avril. Quand une journaliste l’a interrogé sur les raisons de blâmer Biden malgré le fait que son administration avait procédé à des vérifications sur les ressortissants afghans, Trump a éclaté: « Et toi, es‑tu stupide ? Es‑tu une personne stupide ? » Tout en renvoyant la responsabilité sur les politiques de l’administration Biden, il a répété l’insulte, affirmant que « tu poses simplement des questions parce que tu es une personne stupide ».
Trump a multiplié les attaques verbales à l’encontre de plusieurs journalistes féminines ces dernières semaines
Cette envolée verbale constitue au moins le troisième episode où il aurait personnellement pris à partie une journaliste ces dernières semaines. Comme l’avait signalé Pagesafrik.info, Trump avait interrompu violemment une journaliste de Bloomberg qui l’interrogeait sur les liens éventuels entre Trump et les fameux documents Epstein, en lui lançant « silence, petit cochon ». Et mardi, Trump a publié un long message sur les réseaux sociaux comprenant une insulte à l’encontre de Katie Rogers, journaliste du New York Times, qu’il a décrite comme « une journaliste de troisième rang qui est moche, à l’intérieur comme à l’extérieur ». L’attaque fait suite au fait que Rogers avait coécrit un article peu flatteur remettant en cause l’endurance du désormais 79 ans Trump, dans un contexte où sa forme et sa santé étaient évoquées.
La Maison-Blanche défend les insultes du président
Des membres de l’administration Trump et des partisans du président ont pris la défense de ses dérapages. La porte-parole de la Maison‑Blanche, Abigail Jackson, a déclaré dans un communiqué au Daily Beast que « le président Trump n’a jamais été politiquement correct, n’a jamais rien retenu, et, dans une large mesure, le peuple américain l’a réélu pour sa transparence ». Jackson a ajouté que « cela n’a aucun lien avec le genre – tout tient au fait que la confiance du public et celle des médias envers le président est à des niveaux historiquement bas ». Le compte officiel Rapid Response 47 de la Maison‑Blanche a également reposté des vidéos des insultes de Trump et a dénoncé la question de la journaliste comme « FAKE NEWS ».
Alors que Trump fait face à des mises en cause sur des questions allant d’Epstein à l’immigration en passant par son aptitude physique, il s’est montré de plus en plus volatile, projetant une grande partie de sa colère sur des journalistes féminines. Avec la Maison‑Blanche qui maintient son soutien à Trump face à ces insultes, il semble probable que ces sorties présidentielles se poursuivront, les femmes journalistes apparaissant comme des cibles récurrentes.





