Zoe Saldaña n’a pas de filtre lorsqu’elle porte un regard sur l’état émotionnel de Neytiri dans le prochain opus Avatar: Fire and Ash, et elle ne raccourcit pas non plus l’impact pour le spectateur. Dans cette nouvelle étape de l’épopée imaginée par James Cameron, Neytiri est ravagée par le chagrin après la perte de l’un de ses enfants lors du film précédent, et ce chemin exigeait une performance d’une intensité émotionnelle particulièrement élevée et vulnérable de la part de l’actrice.
« Elle était extrêmement présente. Elle éprouvait des émotions d’une force incroyable », déclare Saldaña lors d’un entretien avec Shadow and Act de Pagesafrik.info, enregistré lors de notre récente entrevue CST. « Ressentir une tragédie inconcevable comme celle de la perte d’un enfant est quelque chose que tout parent préfère ne pas même évoquer. C’est impensable. Et, en conséquence, elle s’est effacée. On dirait qu’elle est devenue une véritable furie. Sa rage est telle qu’elle en devient à peine reconnaissable pour Jake. »
Même le partenaire de Neytiri, Jake Sully (Sam Worthington), n’arrive pas à la toucher — jusqu’à ce que leurs enfants amorcent la guérison des deux parents. « Il sait que ce n’est pas elle », précise-t-elle. « Et ce n’est qu’à partir du moment où les enfants Sully commencent à la réconcilier et à réconcilier Jake qu’ils comprennent: “Oh mon Dieu, cette famille est notre forteresse. Nous pouvons y arriver.” »
Saldaña a salué Cameron pour n’avoir pas édulcoré ce poids émotionnel. « Je pense que Jim n’a pas voulu fuir tout ce fardeau qui pesait sur leurs corps et dans leur existence », affirme-t-elle.
Zoe Saldaña sur la position anti‑IA de James Cameron
Au‑delà du parcours de Neytiri, Fire and Ash aborde aussi des thèmes du monde réel — notamment la montée incontrôlée de l’intelligence artificielle. Cameron ouvre le film avec un message précis sur la distinction à faire entre une technologie utile et une technologie nuisible, quelque chose que Saldaña estime nécessaire d’aborder avec sérieux.
« Nous allons commencer à en être témoins au fur et à mesure que les gens l’utiliseront davantage et que cela ne fonctionnera pas, faute de connexion », explique-t-elle. « En tant qu’êtres humains, nous cherchons tous à être servis rapidement. Nous vivons à une époque où la gratification instantanée — trente secondes ou moins — nous rend extrêmement impatients les uns envers les autres. Si on ne l’obtient pas maintenant et rapidement, on ne le veut pas du tout. »
Cette urgence contraste fortement avec la manière dont Avatar a été conçu. Saldaña souligne que le refus de Cameron de s’appuyer sur l’IA générative a forcé une écriture pensée et soignée, sans raccourcis.
« Je pense qu’Avatar représentait un véritable défi pour Jim, car ce film demande du temps, de la patience et de l’amour pour pouvoir établir une connexion », constate-t-elle. « Ce qui rend ce film si spécial, c’est que chaque spectateur qui se laisse aller à le voir ressent tout de suite une connexion. »
Ce que l’IA ne peut pas remplacer
Si l’IA générative peut continuer à être utilisée — et parfois détournée — à Hollywood, Saldaña ne pense pas qu’elle puisse supplanter la touche humaine.
« Oui, des abus et des utilisations excessives de l’IA générative existent, mais ce sont ces films qui, même s’ils attirent du monde, restent sans âme », affirme-t-elle. « En fin de compte, Jim n’a pas triché. Il n’a pas pris de raccourci. »
Le choix de Cameron de bannir l’IA n’était pas seulement une question de fierté créative — il s’agissait de préserver l’intégrité du récit. « Il a refusé de travailler avec tout type d’IA générative parce qu’il voulait respecter le processus », explique Saldaña. « Ce que nous avons mis dans ce projet est exactement ce que le public voit. Et cela prend du temps. Les bonnes choses valent toujours l’attente. »
Un appel à une régulation
Pour l’avenir, Saldaña estime que le débat autour de l’IA dans le domaine du divertissement ne peut pas s’arrêter à l’éthique — il faut qu’il soit soutenu par une responsabilité légale.
« Il faut poursuivre ces discussions, rester ouverts et curieux afin de parvenir à faire en sorte que nos organisations la régulent », déclare-t-elle. « Cela doit être encadré par la loi. Et alors, soudainement, elle ne sera plus source d’abus et de détournement. »





