Culture

Trump insulte pendant Thanksgiving en évoquant une pause permanente pour immigrés du Tiers-Monde.

Lors de la fête de Thanksgiving, l’ancien président a mis en avant des critiques virulentes envers l’immigration, en profitant de l’occasion pour justifier une série de mesures destinées à freiner l’immigration et à envisager l’expulsion d’immigrants déjà installés aux États-Unis, y compris ceux qui ont obtenu la citoyenneté.

Trump cible les Somali et les pays du Tiers-Monde pour de nouvelles politiques d’immigration et d’expulsion

Dans un message long publié sur les réseaux sociaux, Trump a adressé ses vœux « à une Thanksgiving très joyeuse » à ses « grands citoyens américains et patriotes » tout en décrivant ce pays comme profondément divisé et vulnérable face à l’immigration, dénonçant ce qu’il appelle un politiquement correct et une naïveté qui entraveraient l’Amérique.

Sans apporter de preuves, il a soutenu que la plupart des dizaines de millions d’immigrants sur le territoire « seraient des bénéficiaires d’aides publiques, issus de nations en déclin, ou provenant de prisons, d’établissements psychiatriques, de gangs ou de cartels de la drogue ». Il a particulièrement évoqué la communauté Somalienne du Minnesota, en formulant des accusations inflammatoires selon lesquelles « des gangs somaliens parcourraient les rues à la recherche de proies », pendant que les habitants resteraient confinés chez eux dans l’espoir d’être laissés tranquilles.

Trump a aussi pris pour cible deux des figures démocrates les plus en vue dans l’État, les insultant avec des qualificatifs offensants et islamophobes. Il a émis des critiques sur « le gouverneur du Minnesota, Tim Walz », ainsi que sur Ilhan Omar, suggérant qu’elle serait entrée illégalement sur le territoire américain. S’appuyant sur ces idées xenophobes, il a annoncé une politique d’immigration d’une ampleur inédite: « je vais suspendre de façon permanente les déplacements migratoires en provenance de tous les pays du Tiers-Monde, afin que le système américain puisse se rétablir », a-t-il affirmé. Il a ajouté que son administration « expulserez toute personne qui n’apporte pas un avantage net au pays, ou qui ne peut aimer notre nation », mettra fin à toutes les prestations fédérales et subventions accordées aux non-citoyens, dénaturaliserait des migrants qui minent la tranquillité intérieure, et expulserait tout ressortissant étranger considéré comme une charge publique, un risque pour la sécurité ou non compatible avec la civilisation occidentale.

La publication et les propos tenus ont été relayés par des messages et des échanges sur les réseaux, marquant une escalade du discours sur l’immigration et un durcissement des propositions politiques autour de ce sujet.

Trump poursuit une rhétorique et des politiques d’immigration sévères et xénophobes

Les annonces les plus récentes s’inscrivent dans la continuité des mesures d’immigration déjà mises en œuvre au cours de son premier mandat et intensifiées après son retour à la Maison-Blanche. L’administration multiplie les interventions de grande ampleur à travers le pays, utilisant les forces de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la patrouille des frontières, appuyées parfois par des troupes fédérales, en ciblant fréquemment des villes dirigées par des démocrates ou à majorité noire. Par ailleurs, une nouvelle version de la version marquée par l’interdiction de voyage a été déployée, excluant une douzaine de pays qui sont majoritairement noirs et/ou musulmans, de l’accès au territoire américain. Dans le passé, Trump et ses proches ont aussi explicitement ciblé certaines communautés d’immigrants, notamment les Haïtiens lors de la campagne présidentielle de 2024 et la suppression du statut de protection temporaire pour environ 500 000 Haïtiens vivant aux États‑Unis. Il a en outre menacé de retirer la citoyenneté à des immigrés naturalisés et a cherché à restreindre la citoyenneté par droit du sol, allant à l’encontre de la Constitution.

Les questions de timing et de mise en œuvre de ces mesures restent incertaines. Des défis juridiques sont prévus quant à l’autorité nécessaire pour prendre des mesures aussi radicales, telles que l’effacement des droits de citoyenneté pour des personnes déjà naturalisées. Toutefois, compte tenu du dossier sur lequel s’appuie l’administration, il est probable que Trump s’efforcera de mettre en œuvre l’ensemble des politiques anti-immigration qu’il a proposées, malgré d’éventuels recours devant les tribunaux.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.