Culture

Le DOJ enquête sur des permis d’armes révoqués pour un groupe inspiré des Black Panthers.

Le ministère de la Justice ouvre désormais une enquête contre la ville pour d’éventuelles violations du Deuxième Amendement, liées au traitement réservé à un groupement affilié aux Black Panthers.

Le DOJ enquête sur Philadelphie pour le démantèlement d’un groupe inspiré des Black Panthers

Un article publié dans The Conversation par deux universitaires met en lumière un dossier hors norme à Philadelphie. George Mocsary, professeur de droit à l’Université du Wyoming, et Jonathan Goldstein, enseignant à l’Université de Pennsylvanie, tous deux associés à la National Rifle Association, soutiennent que le Département de la Justice examine la ville après qu’elle a révoqué les licences de port d’armes de plusieurs membres du Black Lion Party for International Solidarity.

Paul Birdsong, le chef du groupe inspiré des Panthers, a vu sa licence de port libre d’armes retirée sans explication détaillée, au-delà d’un motif jugé « valable » par la municipalité et d’une évaluation de son « caractère et de sa réputation ». Au moins quatre autres membres du Black Lion Party ont subi le même sort.

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Black Lion Party Chairman Loses License to Carry Firearms

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La décision de retirer les permis de port d’armes aux membres du Black Lion Party s’inscrit dans le cadre d’une exception aux règles sur les armes à feu en vigueur en Pennsylvanie, lesquelles exigent généralement d’obtenir une licence pour le port dissimulé, mais permettent, sans licence, le port à découvert par les résidents de l’État. À Philadelphie, même le port apparent nécessite une licence, et les détracteurs soutiennent que les critères de refus des licences manquent de clarté et restent fortement subjectifs.

Plus précisément, le DOJ a déclaré dans un communiqué relatif à ce dossier : « Il est contraire au Deuxième Amendement que des responsables gouvernementaux fassent usage d’un pouvoir discrétionnaire vague et personnel pour déterminer l’émission ou le retrait des permis de port d’armes. »

L’administration Trump défend les droits d’un groupe qui s’oppose à ses propres politiques

L’intervention du DOJ crée une situation inhabituelle: l’administration de l’époque pourrait être perçue comme soutenant une organisation associée aux Panthers noirs, longtemps visée par les autorités fédérales et locales.

Le mouvement dirigé par Birdsong affirme être une renaissance du mouvement des Black Panthers tel qu’il existait par le passé, bien que des divergences autour de l’étiquette Panthers aient amené Birdsong à rebaptiser l’entité qu’il dirige.

La décision de Philadelphie de démanteler plusieurs membres du Black Lion Party survient après une confrontation tendue avec les agents des forces de l’ordre lors d’une manifestation en janvier contre l’ICE, même si cette démonstration n’a donné lieu à aucune arrestation ni à aucune inculpation criminelle.

« Aucun agent de l’ICE ne s’est rué sur moi ! Je vous assure qu’il n’en sera rien. Je vais lui percemer le torse d’une taille équivalente à celle d’une vitre », a déclaré Birdsong dans une vidéo tournée lors de la protestation anti-ICE.

« Nous sommes le même Parti Panther de l’époque, mais nous sommes un peu plus agressifs maintenant, tu piges, et nous portons des armes plus imposantes », affirmait-il à l’époque, brandissant une « mitrailleuse à canons semi-automatiques » qu’il disait légalement pouvoir porter.

En enquêtant sur Philadelphie pour d’éventuelles violations des droits du Deuxième Amendement par les membres du Black Lion Party, le chapitre américain du DOJ risquerait à terme de soutenir une organisation qui s’oppose aux décisions d’application des politiques d’immigration du gouvernement fédéral.

Étant donné que Philadelphie présente son cadre législatif comme un moyen de lutter contre la criminalité liée aux armes dans la ville, l’enquête du DOJ pourrait aussi compromettre le soutien affiché par l’administration Trump en faveur des forces de l’ordre. Trump a toutefois rarement été fidèle à cette ligne, et de manière parfois surprenante, en soutenant des partisans qui s’étaient affrontés avec la police le 6 janvier 2021.

Dans le communiqué du DOJ relatif à l’enquête sur Philadelphie, l’agence a tenté de préciser que « l’enquête se concentre sur le système de délivrance des autorisations de la police de Philadelphie; elle ne cherche pas à légitimer une quelconque obstruction armée des autorités fédérales ou locales ».

Malgré les précisions du DOJ, l’enquête paraît placer l’agence sur le même bord qu’un groupe inspiré des Black Panthers et opposé à l’ICE, armé de ses membres. Ce cas singulier pourrait avoir des répercussions importantes sur les politiques de contrôle des armes et sur les droits des manifestants, y compris ceux qui protestent contre les actes de l’administration Trump.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.