Culture

PlaqueBoymax et Emiru affirment que l’authenticité et la compétition façonnent leurs carrières.

Pour les streamers, chaque occasion de collaboration ouvre de nouveaux publics, apporte de nouveaux défis créatifs et peut même offrir une perspective inédite sur leur parcours. Cette dynamique est l’un des moteurs qui a conduit des créateurs comme Emiru et PlaqueBoymax vers la Saison 5 de Gamerhood, la série de compétition qui place des personnalités du web face à un mélange de défis inspirés du gaming et de situations du monde réel.

Même si l’intrigue est encadrée par une série soutenue par State Farm, les deux créateurs estiment que l’expérience dépasse largement le cadre d’un simple concours: elle illustre l’évolution même du streaming.

Pour Emiru, l’émission arrive après plus d’une décennie passée dans une carrière où le streaming est passé d’un recoin marginal d’Internet à un divertissement grand public.

« J’évolue dans l’industrie du divertissement lié au jeu vidéo depuis onze ans », affirme-t-elle. « J’ai participé à des dizaines de tournois et à de nombreuses productions — probablement plus de cinquante. Je n’ai encore jamais pris part à quelque chose d’aussi ambitieux, avec autant de personnes talentueuses et un niveau de production aussi élevé. »

Après des années à bâtir sa propre communauté, Emiru dit que l’un des aspects les plus stimulants du streaming aujourd’hui est de voir émerger une nouvelle génération de créateurs.

« Je suis toujours ravie d’être invitée et impliquée dans des projets », précise-t-elle. « C’est génial de voir apparaître de nouveaux streameurs. Comme je l’ai dit, j’ai été pratiquement une vétérane du streaming et voir toutes ces nouvelles têtes, ces nouveaux talents avec qui collaborer, c’est vraiment amusant. »

Cette perspective influence aussi les conseils qu’elle donne aux aspirants qui veulent faire du gaming leur métier.

« Il faut le faire par véritable passion pour le jeu, parce qu’on aime ce qu’on fait », explique-t-elle. « Beaucoup se lancent en pensant surtout à la gloire ou à l’argent. Mais le public ressent l’authenticité: personne n’a envie de regarder quelqu’un dont le cœur n’y est pas vraiment. »

Pour elle, l’authenticité est ce qui distingue ceux qui créent des communautés durables de ceux qui recherchent uniquement un buzz viral.

« On voit clairement que nous sommes tous profondément investis dans ce que nous faisons », affirme-t-elle. « Que ce soit le jeu, le contenu IRL, la musique, les voyages à travers le monde ou les rencontres — tout cela se ressent dans ce que l’on offre. »

Ayant commencé le streaming alors qu’elle était encore au lycée, Emiru se remémore aussi les créateurs qui l’ont inspirée à ses débuts.

« Tous ceux que j’admirais restent gravés dans ma mémoire », dit-elle. « Ce serait cool de pouvoir être un modèle pour quelqu’un d’autre à mon tour. Ce serait extrêmement flatteur de pouvoir inspirer quelqu’un d’autre de la même façon. »

PlaqueBoymax est entré dans Gamerhood avec une ambition bien différente: sortir de sa zone de confort tout en nourrissant son esprit compétitif.

« Participer à cette saison est important pour moi, car c’est une expérience nouvelle », affirme-t-il. « Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi long et soutenu comme un tournage prolongé. »

Le créateur, dont la production englobe du livestream et de la musique, laisse aussi entrevoir une facette différente de sa créativité qui se profile à l’horizon.

« Un projet se prépare où je vais enregistrer un album entier en direct sur le stream », déclare-t-il. « J’ai hâte d’y être. »

Cependant, sur Gamerhood, la musique cède le pas à la compétition.

« Il me faut quelques abonnés plus fidèles », plaisante-t-il avant d’ajouter: « Je dirais que je veux décrocher le Good Neighbor Award. En réalité, je n’ai pas envie de le gagner; j’aimerais bien qu’il existe un prix du « mauvais voisin » parce que mon objectif est vraiment de semer un peu de trouble et de saboter gentiment. »

S’amuser à adopter le rôle du « mauvais voisin » ne l’empêche pas d’assumer pleinement l’état d’esprit compétitif qui l’anime.

« C’est la compétition. C’est le compétiteur qui est en moi », explique-t-il. « Je suis en train de me mesurer aux autres. »

Cette expérience lui a aussi confirmé une conviction qu’il portait en lui depuis longtemps.

« Je commence à réaliser à quel point j’aime gagner, et cela se ressent désormais de façon plus marquée », confie-t-il. « Je le savais déjà, mais je le vois de mes propres yeux maintenant. »

Cette mentalité remonte à son enfance passée à jouer au basket-ball, une période où il a forgé l’approche mentale qu’il apporte aujourd’hui aux concours de créateurs.

« J’ai grandi en jouant au basket », raconte-t-il. « Sur le plan mental, la compétitivité, c’est quelque chose qui m’a clairement marqué. »

Si certains défis du programme exigent rapidité et agilité, PlaqueBoymax estime que son avantage majeur réside avant tout dans la stratégie.

« Je dirais que c’est la stratégie; je pense que j’ai mes adversaires battus sur ce terrain », affirme-t-il. « C’est ma force: les énigmes et les jeux d’esprit. »

Même si Gamerhood offre à ces deux créateurs une nouvelle scène devant leurs fans, les leçons vont bien au-delà du classement.

Pour Emiru, c’est un rappel supplémentaire de l’évolution du streaming et de l’importance pour les créateurs de rester sincères. Pour PlaqueBoymax, c’est l’opportunité d’exprimer la même énergie compétitive qui l’a accompagné depuis le sport jusqu’au streaming, tout en continuant d’élargir ses ambitions créatives au-delà du seul gaming.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.