Culture

Exposition sur l’esclavage retirée de la maison de Washington à Philadelphie par le NPS de Trump.

Encore une fois, l’administration de Donald Trump a procédé au retrait d’une exposition publique qui abordait l’histoire de l’esclavage et du racisme aux États-Unis. Cette fois-ci, une présentation qui explorait le lien entre l’ancien président George Washington et l’esclavage a été démontée dans une ville qui fut autrefois la capitale, provoquant de nombreuses condamnations à travers le pays.

L administration Trump retire une exposition philadelphienne sur George Washington et l’esclavage

Des agents du Service des parcs nationaux ont été vus jeudi en train de démonter une exposition extérieure située sur le site de la President’s House, au sein du Independence National Historical Park. Ce lieu correspond à l’endroit où George Washington résidait lorsque Philadelphie servait de capitale des États-Unis nouvellement indépendants. L’exposition en plein air qui a été retirée traitait de l’esclavage dans l’histoire américaine et de la participation de Washington en tant que propriétaire légal d’esclaves. Des vidéos montrant le démantèlement de l’exposition ont circulé largement sur les réseaux sociaux.

Lorsqu’on a interrogé Reuters sur le retrait, le département de l’Intérieur a confirmé qu’il avait été effectué afin de se conformer aux ordres émanant de la Maison-Blanche. « Le Président a demandé aux agences fédérales d’examiner les supports d’interprétation afin d’assurer exactitude, honnêteté et alignement avec les valeurs nationales partagées », indique le département dans un communiqué. « Une fois la revue nécessaire achevée, le National Park Service prend des mesures pour retirer ou réviser les supports d’interprétation conformément à cet ordre. » Depuis son retour au pouvoir, la campagne menée par Trump contre les contenus « divisifs » a entraîné la suppression d’informations et d’expositions relatives à l’esclavage, au racisme et même aux réalisations et à l’existence des personnes noires dans des musées et parcs à travers les États-Unis; des affichages situés même à l’étranger ont été retirés en application des ordres du président.

Critiques visant Trump, « tenter d’effacer notre histoire »

La disparition de l’exposition consacrée à l’esclavage a suscité des réactions de nombreuses voix. Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a publié sur les réseaux sociaux que « Donald Trump n’aura recours à n’importe quel moyen pour réécrire et blanchir notre histoire. Mais il a choisi la mauvaise ville — et il a clairement choisi le mauvais État ». Il a ajouté que « nous tirons les leçons de notre histoire en Pennsylvanie, même lorsque celle-ci est douloureuse ».

Le compte Twitter du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a lui aussi critiqué le président, évoquant que « Trump efface littéralement l’histoire de notre nation ».

Le sénateur Raphael Warnock a souligné, avec autant de franchise, que « ils essaient d’effacer notre histoire et ne font même pas semblant de le cacher ».

L’avocat de renom Ben Crump a quant à lui réagi avec véhémence: « C’est absolument scandaleux ! L’année dernière, Trump avait demandé au personnel des Parcs nationaux de signaler les expositions qui « dénigrent » le passé des États‑Unis. Aujourd’hui, des équipes ont retiré des plaques rendant hommage à neuf personnes asservies qui appartenaient autrefois à George Washington au President’s House de Philadelphie. » Crump a insisté sur les conséquences néfastes de tels retraits: « Effacer l’histoire déshonore les personnes asservies et induit en erreur les générations futures. »

D’autres voix ont souligné le calendrier du geste. Allison Wiltz a réagi en publiant que « retirer des expositions sur l’esclavage une semaine et demie avant le Mois de l’histoire des Noirs, c’est une manœuvre intentionnelle ».

Au vu du parcours passé de l’administration, la disparition de cette exposition à Philadelphie ne semble probablement pas marquer le dernier retrait d’un élément relatif à l’histoire des Noirs ou de l’esclavage aux États‑Unis. À l’approche du Mois de l’histoire des Noirs, les tentatives de blanchiment de l’histoire américaine apparaissent d’autant plus inquiétantes et préoccupantes.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.