Divertissement

Ce qui s’est vraiment passé à Rachel, Nevada, lors de « Trainwreck: Storm Area 51 » sur Netflix

La série documentaire de Netflix, baptisée Trainwreck, explore certains des épisodes les plus étranges et chaotiques de l’actualité récente. Elle dévoile depuis des instants de folie collective comme la désastreuse « Croisière des matières fécales » lors du Carnaval, jusqu’à l’ascension puis la chute de Rob Ford, ancien maire de Toronto, ou encore la supercherie du « Balloon Boy » et la tragédie du festival Astroworld. Aujourd’hui, dans ce qui semble être le dernier épisode annoncé, Trainwreck se concentre sur la fameuse affaire d’Area 51, cette base militaire devenue un mythe alimenté par une simple blague sur Facebook, mais qui s’est finalement transformée en un véritable mouvement avec des conséquences bien concrètes : procès, pertes financières et un millions de personnes en délire ayant convergé vers une petite ville mystérieuse du Nevada. Ce reportage dresse le portrait détaillé de la façon dont un seul message déposé sur internet a pu engendrer une manifestation planétaire inattendue, laissant derrière elle un sillage de promesses non tenues, de collaborations commerciales et un propriétaire d’hôtel particulièrement frustré à Rachel, dans le Nevada.

Pourquoi l’Area 51 reste-t-elle si secrète ?

Depuis plusieurs décennies, l’Area 51 est l’un des sites militaires les plus mystérieux et entourés de légendes à l’échelle globale. Située dans le désert du Nevada, cette installation a été créée dans les années 1950 pour constituer un laboratoire d’expérimentation dédié aux avions militaires de dernière génération. La nature ultra-confidentielle de cette base militaire est telle que le gouvernement américain n’a reconnu son existence qu’en 2013, suite à la publication de documents jadis classifiés par la CIA en réponse à une requête faite dans le cadre de la loi sur la liberté d’accès à l’information (FOIA) par l’Archive de la Sécurité Nationale.

Ce site est en permanence contrôlé pour empêcher toute intrusion non autorisée. La zone est encerclée de panneaux d’avertissement, de caméras de surveillance sophistiquées et d’éléments de sécurité armés. La région est également placée sous haute surveillance grâce à des capteurs enterrés et des patrouilles régulières. L’accès est totalement interdit au public : aucune visite n’est possible et, même pour les militaires, une autorisation spécifique est requise pour approcher ou entrer dans la zone. La région environnante, connue sous le nom de R-4808N, constitue une zone sans vol civil ou commercial, strictement interdite d’accès aux avions civils ou militaires sans une permission explicite. Ce dispositif rigoureux contribue à entretenir le secret qui entoure cette installation.

L’Area 51 est-elle toujours sous haute garde ?

(Bridget Bennett/AFP via Getty Images)

Il demeure que l’Area 51 constitue l’un des sites militaires les plus surveillés et protégés des États-Unis. Malgré l’engouement du public et la popularité grandissante dans la culture populaire, la sécurité autour de cette base reste aussi stricte. Selon les rapports, en plus des patrouilles terrestres, la zone bénéficie de capteurs de mouvement, de caméras de vidéosurveillance très sophistiquées, de dispositifs enterrés et de restrictions aériennes. L’espace aérien adjacente, appelé R-4808N, est une zone interdite aux vols civils ou commerciaux. Seuls les jets militaires ou les avions gouvernementaux autorisés peuvent y survoler. Ce contrôle aérien rigoureux explique en partie pourquoi cette base demeure si difficile à atteindre ou à observer.

Peut-on visiter l’Area 51 ?

Il est strictement interdit par la loi d’entrer dans la zone délimitée par l’Area 51, située dans le Nevada Test and Training Range. La base étant totalement fermée au public, toute tentative de s’en approcher trop près peut entraîner des contrôles, des amendes ou même une arrestation. Aucun circuit touristique ou visite organisée n’est disponible pour le public. Même la présence de militaires à proximité n’autorise pas la moindre opération sans permis spécifique.

Cependant, il est possible d’accéder à des zones aux alentours, comme Rachel, la célèbre « Route des Extraterrestres » (Extraterrestrial Highway), ou encore Tikaboo Peak, qui offre une vue lointaine sur l’installation. De nombreux touristes aiment se rendre dans des établissements comme le Little A’Le’Inn, un motel spécialisé dans l’accueil des férus d’OVNI, mais toute proximité excessive avec la zone militaire constituerait un risque de contravention ou de surveillance policière accrue.

Combien a coûté l’événement “Storm Area 51” et qui en a profité ?

L’événement satirique lancé sur Facebook en 2019, intitulé « Storm Area 51, They Can’t Stop All of Us », a rapidement pris une ampleur inattendue, recueillant plus de deux millions de réponses favorablement confirmées. Cette vague de popularité a généré une organisation logistique difficile pour les organisateurs, les petites communes concernées, ainsi que pour les forces de l’ordre. Ce début comme une blague s’est mué en un rassemblement ayant des coûts réels. La série Netflix révèle que l’armée américaine aurait dépensé environ 11 millions de dollars en préparation pour faire face à un phénomène qui, au départ, n’était qu’une blague.

Matty Roberts, un jeune de 20 ans à l’origine de l’événement Facebook, n’avait pas pour but d’organiser un festival réel. Son objectif initial était simplement de créer un buzz en ligne. Toutefois, face à l’engouement, il a tenté de transformer cette blague en un véritable rassemblement, baptisé « AlienStock », mais la gestion de cette opération l’a rapidement dépassé. Selon Roberts et ses collaborateurs, ils ont à peine rentabilisé l’événement, voire perdu de l’argent à cause des frais de sécurité, du lieu et des aspects légaux.

La petite localité de Rachel, comptant à peine une cinquantaine d’habitants, n’était pas préparée à une telle affluence. Son seul établissement, le Little A’Le’Inn, s’est adapté pour accueillir la foule, mais a rencontré des problèmes d’approvisionnement, des difficultés pour assurer des commodités ou même pour capter les signaux téléphoniques. L’importante arrivée de visiteurs a mis à rude épreuve le petit village, tandis que peu de commerçants ont pu réaliser des profits significatifs, la plupart ayant peu ou mal organisé leur offre face à cette vague inattendue.

L’intervention de sponsors pour sauver l’événement

Parmi les partenaires qui ont marqué cet événement, Bud Light s’est distingué en lançant une édition spéciale de cans de bière estampillés « Area 51 », promettant également de « libérer » les extraterrestres en distributeur gratuit si l’un d’eux s’échappait. Leur campagne médiatique a amplifié l’impact, permettant notamment de financer la célébration d’Area 51 à Las Vegas, après que Matty Roberts eut décidé de se désengager du rassemblement initial à Rachel.

Autre acteur présent dans cette aventure, Pornhub a adopté la thématique extraterrestre en créant du contenu lié aux ovnis, en lançant des campagnes sociales et en annonçant un don de 70 000 dollars pour soutenir le festival Alienstock. La propriétaire du Little A’Le’Inn, Connie West, a cependant porté plainte contre les organisateurs, dont Roberts et la société Hidden Sound LLC, en invoquant des violations de contrat, de fausses déclarations, de la diffamation commerciale, de la contrefaçon de marque et d’autres infractions.

Elle affirme que Pornhub s’était engagé à verser cette somme pour contribuer au festival, mais qu’elle n’a pour l’instant jamais reçu le moindre centime. Dans sa plainte, elle précise : « Les fonds de sponsoring promis par Pornhub… étaient destinés à couvrir les coûts du festival Alienstock, mais aucune somme ne lui a été versée. »

Questions fréquentes

Area 51 est-elle radioactive ?

Il n’existe aucune confirmation officielle attestant que la base soit radioactive, mais étant située à proximité de sites de tests nucléaires historiques, il pourrait y avoir des traces de contamination environnementale dans les environs. Cependant, aucune preuve ne suggère que l’installation elle-même présente un risque dû à la radioactivité.

Peut-on survoler l’Area 51 en avion ?

Non. La zone est placée dans un espace aérien réglementé appelé R-4808N, qui est une aire interdite aux vols civils ou commerciaux. Seuls les avions militaires ou gouvernementaux ayant une autorisation spéciale peuvent légalement survoler la région. Cette restriction explique en partie l’aura mystérieuse qui entoure la site.

Est-il illégal de prendre des photos de l’Area 51 ?

Depuis le sol, photographier la base n’est pas explicitement interdit. Néanmoins, comme la majorité de la zone est dissimulée et surveillée rigoureusement, capter des images significatives est très difficile. Utiliser des drones ou agrandir l’image avec un zoom peut toutefois constituer une infraction, pouvant mener à la confiscation du matériel et à des poursuites judiciaires.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.