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Propos critiques envers la Confédération au cimetière national d’Arlington supprimés par l’administration Trump

Alors que l’administration Trump poursuit son effacement de l’histoire américaine, une exposition au sein du cimetière national le plus prestigieux du pays est en train de subir des transformations. Des informations critiquant la Confédération sont retirées pour faire place au retour d’un monument confédéré qui avait été déplacé des années auparavant.

Administration remplace des informations critiques de la Confédération à Arlington et en ligne

L’administration Trump a récemment remplacé une plaque d’information du cimetière national d’Arlington qui critiquait la Confédération. La plaque sortante, qui avait été installée après le retrait d’un Mémorial Confédéré sur le site, expliquait que la sculpture confédérée dépeignait une « vision nostalgique, mythifiée de la Confédération, y compris des descriptions fortement édulcorées de l’esclavage ». Plus précisément, elle soulignait que le mémorial confédéré représentait une figure stéréotypée de « Mammy » et un esclave qui suivait loyalement un maître dans la guerre. Cette analyse critique a désormais été retirée d’Arlington. De même, des informations tout aussi critiques concernant le Mémorial Confédéré ont été effacées d’une page du Département de la Défense qui expliquait auparavant le retrait du monument d’Arlington.

En contraste avec ces informations supprimées, l’administration Trump affirme que sa nouvelle plaque offre un « contexte historique » pour le Mémorial Confédéré. « Guidée par un renouveau du sentiment national après la guerre hispano-américaine, en 1900 le Congrès a autorisé la réinhumation des restes confédérés dans « un endroit approprié » au cimetière national d’Arlington », peut-on lire sur la plaque désormais installée au cimetière. L’examen de la controverse entourant le mémorial a été omis. La plaque installée par Trump précise également que le Mémorial Confédéré a été créé par « le sculpteur et vétéran confédéré Moses Ezekiel » pour le compte des Daughters of the Confederacy, tout en omettant que Ezekiel et sa sculpture ont promu le récit discrédité de la « Lost Cause » qui présentait la Confédération sous un jour favorable.

L’administration Trump prévoit de restaurer le Mémorial Confédéré retiré par le Congrès

Ce changement intervient à l’approche du plan de l’administration de restaurer le Mémorial Confédéré lui-même, qui occupait une place de premier plan à Arlington depuis son érection en 1914 jusqu’à son retrait en 2023. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui a juré d’éliminer « le woke DEI s**t » du militaire américain, s’est engagé en 2025 à restaurer la statue. « Je suis fier d’annoncer que la magnifique et historique sculpture de Moses Ezekiel — souvent désignée comme « Le Monument de la Réconciliation » — sera à juste titre rendue au cimetière national d’Arlington près de son lieu d’inhumation », a posté Hegseth, utilisant un nom alternatif pour le Mémorial confédéré. « Il n’aurait jamais dû être retiré par des lèmmings éveillés », a ajouté Hegseth. « Contrairement à la gauche, nous ne croyons pas à l’effacement de l’histoire américaine — nous l’honorons. »

La nouvelle plaque d’Arlington indique que le Mémorial Confédéré est en cours de « conservation et restauration globales » et sera retourné à son emplacement précédent dans le cimetière en 2027. Cette démarche visant à restaurer un monument confédéré est conforme au programme plus large de l’administration Trump consistant à blanchir l’histoire américaine, qui a inclus la censure d’informations critiques sur l’esclavage et le racisme, tout en retirant des informations commémorant le service et les sacrifices des vétérans noirs. Le plan actuel de restauration du Mémorial Confédéré à Arlington pourrait aussi être illégal. La sculpture a été retirée en 2023 pour satisfaire une loi du Congrès qui exigeait le retrait des noms et symboles confédérés des installations militaires. Comme l’a rapporté Pagesafrik.info, le Congrès a rejeté en 2024 un projet de loi qui aurait restauré le mémorial. Il demeure donc incertain quelles autorités l’administration Trump et le secrétaire Hegseth invoqueraient pour ramener le mémorial.

Quoi qu’il en soit de la légalité de leurs actions, il semble que Trump et Hegseth soient déterminés à promouvoir un récit de l’histoire américaine qui minimise les horreurs de l’esclavage et l’impact du racisme anti-Noir. Désormais, cet agenda est sur le point d’être exhibé dans l’institution la plus éminente dédiée à l’hommage des membres décédés des forces armées des États-Unis.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.