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Plus de 1 300 employés du Département d’État ont été licenciés.

Plus de 1 300 agents des services civils et diplomatiques licenciés vendredi, dans le cadre d’une nouvelle vague de réductions orchestrée par l’administration Trump, qui poursuit sa dégradation de la taille de l’administration fédérale.

Selon CNN, le Département d’État a commencé à transmettre des notifications aux employés concernés, tandis que le secrétaire d’État, Marco Rubio, revenait d’une visite officielle en Malaisie. Ce licenciement massif intervient dans un contexte de réorganisation importante au sein du département, déjà annoncée par le secrétaire d’État le 22 avril 2025.

« Près de 3 000 membres du personnel devraient quitter leurs fonctions dans le cadre de cette restructuration », indique une communication officielle du Département, rapportée par CNN. « Conformément à la refonte du département annoncée, l’objectif est d’optimiser les opérations nationales en se concentrant davantage sur les priorités diplomatiques. » Cette réorganisation vise à rationaliser le fonctionnement interne du Département d’État pour mieux répondre aux enjeux politiques et diplomatiques contemporains.

Les mesures de réduction : quels sont leurs contours ?

Dans le détail, cette vague de suppressions d’emplois concerne notamment des fonctions considérées comme non essentielles, des bureaux en double ou devenus redondants, ou encore des structures où d’importantes économies pourraient être réalisées par la centralisation ou la fusion de responsabilités. Il s’agit donc d’un effort pour supprimer ou restructurer des services jugés superflus ou inefficaces.

Concernant les agents affectés dans le service extérieur, ceux qui ont reçu une notification de « réduction de personnel » se verront accorder une période de congé administratif d’une durée de 120 jours avant que leur poste ne soit définitivement supprimé. Les employés civils, en général, bénéficieront quant à eux de congés administratifs de 60 jours avant la cessation effective de leur emploi, précise le Département d’État.

La présidence Trump subit une vague de critiques après le licenciement massif de plus de 1 300 employés au Département d’État

L’initiative a été vivement critiquée, notamment par Thomas Yazdgerdi, président de l’Association américaine du service diplomatique, qui s’est confié à CNN pour exprimer ses inquiétudes face à ces coupes budgétaires jugées excessives en période de défis diplomatiques majeurs. Yazdgerdi a insisté sur le fait que l’heure n’est pas à la purge, mais au renforcement des capacités diplomatiques qui sont cruciales pour faire face aux crises mondiales.

« Le monde traverse actuellement des phases extrêmement difficiles qui demandent une réponse diplomatique solide et expérimentée », a-t-il souligné. « La présence sur le terrain dans des régions sensibles telles que l’Ukraine, Gaza ou encore l’Iran est indispensable pour mener à bien des missions essentielles. » Pour lui, réduire le personnel diplomatique de manière unilatérale compromet la capacité des États-Unis à maintenir leur influence dans ces zones stratégiques.

Dans une déclaration publiée ce vendredi, l’Association américaine du service diplomatique a clairement manifesté son soutien au personnel du Département d’État, dénonçant la légitimité de ces licenciements. « Des mécanismes institutionnels existaient pour ajuster la masse salariale si tel était le but. Mais ces licenciements ne reposent ni sur le mérite ni sur la mission », affirme l’organisation. Elle précise que ces mesures ciblent des diplomates en fonction de leur lieu d’affectation, et non selon leur compétence ou leur contribution, ce qui ne correspond pas à une véritable réforme, mais à une réduction idéologique ou budgétaire radicale.

Ce mouvement de purge dans le personnel américain du Département d’État intervient dans un climat de tension politique et de préoccupations quant à l’orientation de la diplomatie américaine, qui semble privilégier la réduction plutôt que le renforcement de ses capacités à l’international.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.