Le nombre de décès officiellement recensés à la suite de la catastrophe d’inondation qui a frappé le Texas a dépassé la barre des 100 victimes, et ce chiffre continue d’augmenter. Cette tragédie soulève de nombreuses interrogations concernant les actions qui auraient pu être entreprises pour réduire le nombre de pertes humaines. Plus précisément, certains accusent le Service météorologique national (NWS), lui reprochant de ne pas avoir alerté suffisamment tôt face à l’arrivée de conditions météorologiques extrêmes. Par ailleurs, des inquiétudes sont exprimées quant à l’impact des coupes budgétaires réalisées sur le NWS et d’autres agences fédérales, qui pourraient continuer à avoir des effets néfastes avec le temps.
Le bilan humain dépasse les 100 morts, le Service météorologique national pointé du doigt
Selon un rapport de CNN, le nombre de victimes suite aux inondations au Texas atteint au minimum 119 personnes. Parmi elles, on compte plus de vingt-cinq campeurs et moniteurs d’un camp d’été chrétien, selon la journaliste Kirstin Garris dans sa newsletter « Here’s The Deal with KG ». De plus, au moins 150 autres personnes dans la région du comté de Kerr sont toujours portées disparues ou n’ont pas été localisées depuis la catastrophe. La magnitude de ces inondations a surpris de nombreux habitants et responsables locaux. Certains élus, notamment de la localité, ainsi que des membres du Parti démocrate, ont pointé du doigt les réductions de budgets effectuées par l’administration Trump sur le Service météorologique national et l’Administration nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA). De leur côté, des responsables du Texas ont affirmé que les prévisions émises par le NWS avaient considérablement sous-estimé la quantité de pluie à venir. Par ailleurs, plusieurs démocrates, dont le chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer, ont réclamé une enquête afin de déterminer dans quelle mesure ces coupes budgétaires ont pu contribuer à l’insuffisance de préparation face à la violence de cette tempête.
Les suppressions de postes pourraient avoir laissé le NWS mal préparé
L’Agence Associated Press rapporte que le Service météorologique national a perdu près de 600 collaborateurs cette année, en raison de licenciements et d’incitations à la retraite anticipée mises en place par l’administration Trump. Ces réductions ont provoqué une mobilisation en urgence le mois dernier pour remplacer plus de 100 de ces postes vacants. Mary Glackin, ancienne sous-secrétaire de la NOAA, a indiqué en juin que le pays se trouvait en pleine « saison météorologique extrême », ce qui avait mis à rude épreuve le système, selon ses mots. Elle a également souligné que « ce n’était pas la meilleure période pour être en sous-effectif », en avertissant qu’il faudrait plusieurs mois pour pourvoir les nombreux postes vacants. Elle a qualifié la situation actuelle de « pansement sur une blessure plutôt importante », évoquant l’inefficacité d’un processus d’embauche qui peine à suivre le rythme des besoins.
L’administration Trump se défend tandis que les démocrates mettent en garde contre de nouvelles réductions
De leur côté, le Service météorologique national ainsi que l’administration Trump ont tenté de justifier la performance de l’agence. La NWS a affirmé avoir émis gratuitement de nombreux avertissements météorologiques et d’alertes d’inondation, bien que certains critiques remettent en question si ces messages ont bien été réceptionnés par toutes les personnes concernées, notamment à cause des coupes budgétaires et du timing souvent très matinal de la diffusion de ces communications. Par ailleurs, Donald Trump et ses alliés ont nié que ces baisses de personnel et de crédits aient été responsables des pertes humaines survenues au Texas, pointant plutôt du doigt la violence exceptionnelle de la tempête. Certains avancent même l’hypothèse que l’ancien président pourrait essayer de faire porter la responsabilité à l’administration Biden. Cependant, cette thèse n’a pas convaincu tout le monde. De nombreux critiques, notamment Chuck Schumer, mettent en garde contre les dangers que pourraient représenter de futures coupures, notamment celles envisagées par Trump pour supprimer complètement la Federal Emergency Management Agency (FEMA). Schumer a récemment souligné que face à ces inondations dévastatrices, « ce serait un bon moment pour Donald Trump de renoncer à ses menaces visant à démanteler FEMA ».
Il reste à voir si cette catastrophe poussera l’administration Trump à revoir sa position concernant ses coupes dans les agences cruciales. Pour le Texas, cette terrible épreuve continue d’avoir des répercussions lourdes, alors que Washington cherche à établir la responsabilité de ce qui s’est passé et à déterminer les mesures nécessaires pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise à l’avenir.





