Culture

Les critiques d’Hunter Biden sur Kamala Harris aggravent le fossé entre elle et les Biden.

Hunter Biden s’est exprimé sans retenue ces derniers mois sur une multitude de sujets, que ce soit au cours d’entretiens ou via ses publications sur les réseaux sociaux. À présent, une suite de remarques qu’il a formulées au sujet de Kamala Harris, vice-présidente ayant œuvré dans l’administration associée à son père, attire l’attention et suscite des réactions. Ces critiques, qui semblent surgir sans qu’on les ait sollicitées, interviennent dans un contexte où des spéculations entourent une éventuelle nouvelle candidature présidentielle de l’ancien vice-président.

Hunter Biden interroge Kamala Harris sur sa loyauté envers son père

Les propos de Hunter Biden au sujet de Kamala Harris ont été tenus lors d’un entretien avec Mehdi Hasan, journaliste et fondateur de Zeteo News. Pendant l’échange, Hasan a demandé à Biden d’éclaircir des remarques où il laissait entendre que Harris n’était “pas une très bonne politicienne”. Dans un premier temps, Biden a cherché à éluder en évoquant ses qualités potentielles comme candidate à la présidence en 2028. « Je pense que la vice-présidente a servi le pays de manière remarquable et qu’elle possède un avenir politique riche et prometteur », a-t-il déclaré. « Si elle souhaite à nouveau briguer le poste suprême, elle pourrait être en tête de liste. » Cependant, confronté à Hasan sur sa vision de son aptitude politique, Biden a répondu sans donner de réponse précise: « Non, et selon moi, la façon dont elle s’y prend actuellement… » Hasan a tenté d’obtenir des détails concrets derrière son jugement.

Sans répondre directement à la question, Biden a laissé entrevoir ce qu’il percevait comme des tentatives de Harris de s’éloigner de son père. « Je pense que, contrairement à vous, elle n’aurait pas dû y voir une différence nette entre elle et mon père, sans pour autant minimiser ce qu’ils ont réussi à accomplir durant ces quatre années », a-t-il expliqué. « Il peut y avoir des divergences sur des sujets comme Gaza et, en ce qui concerne Israël, elle doit être en mesure de tracer sa propre ligne. » Hasan a répliqué en soutenant que Harris avait explicitement refusé de rompre avec les politiques de Biden concernant Gaza et que les analystes affirment que sa loyauté envers lui pourrait lui avoir coûté l’élection. Biden, toutefois, a soutenu que, bien qu’elle ait été fidèle aux positions du Président Biden, cela n’était pas dû à une loyauté aveugle envers son père et qu’elle n’avait pas été irréprochable sur certains points.

Harris et les échanges critiques alors qu’elle envisage une candidature en 2028

Les propos cinglants de Hunter Biden à l’égard de Harris illustrent une distance croissante entre l’ex-vice-présidente et certaines figures de la famille et de l’administration Biden. Harris a elle-même formulé des reproches à l’encontre de son président dans son mémoire 107 Days, notamment sur sa décision de se représenter, jugée « irréfléchie » par les critiques. Hunter a évoqué ce livre lors de son entretien, affirmant que, selon lui, les apparitions publiques récentes de Harris et sa volonté de se détacher de son père entourent l’idée qu’elle n’est pas totalement fidèle. Par ailleurs, l’ex-Première dame Jill Biden, dans son mémoire View From the East Wing, a pris Harris à revers, décrivant son attitude comme celle d’une « procureure » qui aurait insisté auprès de Biden pour soutenir immédiatement Harris lorsque ce dernier a choisi d’abandonner la course en 2024. De son côté, le président Biden a majoritairement évité les critiques publiques envers son ancienne colistière, imputant l’échec de 2024 à des facteurs de racisme et de sexisme et écartant toute accusation selon laquelle il aurait exercé des pressions pour maintenir une ligne commune sur des dossiers tels que Gaza.

Les discussions autour d’Harris et de sa possible candidature en 2028 interviennent au moment où l’ex-vice-présidente serait sur le point d’envisager une nouvelle course. Les sondages la présentent comme l’un des favoris potentiels du Parti démocrate, au côté d’autres noms évoqués comme le gouverneur californien Gavin Newsom ou la représentante new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, entre autres. Harris a particulièrement souligné l’importance du vote des électeurs noirs pour les perspectives du parti à l’avenir. Pour marquer son influence durable, elle s’est engagée dans les scrutins de 2026 en apportant son soutien à des candidats, notamment Chris Jones dans l’Arkansas. Elle a aussi continué à s’opposer à l’ancien adversaire de 2024, Trump, qui a d’ailleurs pris la décision, après son retour à la Maison-Blanche, d’annuler la protection des services secrets qui entourent Harris.

Si Harris décide finalement de se lancer dans la course pour la présidentielle de 2028, il semble que les proches de Biden ne seront peut-être pas ses soutiens les plus enthousiastes. Le locataire actuel de la Maison-Blanche s’est, pour l’instant, montré plutôt discret sur le sujet, mais Harris et des membres de la famille Biden se sont écharpés publiquement, avec Hunter Biden qui met désormais en avant une prétendue insuffisance de loyauté de Harris, tandis que d’autres soutiennent qu’elle a en fait été trop fidèle au président lors de sa précédente campagne.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.