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Le juge déclare que Trump ne peut pas exiger des candidats un serment de loyauté à son agenda.

Un juge fédéral a bloqué l’administration Trump, qui exigeait des candidat·e·s à des postes du service public non partisan de répondre à une question controversée sur leur disposition à soutenir l’agenda du président. La décision est venue en faveur des syndicats qui avaient porté plainte pour préserver la neutralité politique des fonctionnaires non partisans. En pratique, cela empêche l’administration de questionner les futurs employés sur leurs opinions politiques. Bien que l’administration ait soutenu ne pas filtrer les candidatures selon l’idéologie, les plaignants considéraient ces questions comme un test de loyauté.

Juge fédéral : annulation de la question relative à l’agenda Trump dans les candidatures au service civil

Le juge fédéral George O’Toole a donné raison aux organisations syndicales qui avaient saisi la justice pour contester une question posée par l’Office of Personnel Management (OPM) à des candidats potentiels à divers emplois publics, allant des postes de contrôle aérien à la manipulation de matières nucléaires. Cette question demandait d’écrire un essai expliquant comment le candidat aiderait à promouvoir l’agenda du président, y compris ses décrets présidentiels. Bien que l’OPM ait soutenu que cette question était optionnelle et sans influence sur les décisions d’embauche, les plaignants l’ont qualifiée de « question de loyauté » et estiment qu’elle violait à la fois la Administrative Procedure Act et la protection du Premier Amendement relative à la liberté d’expression.

Pas d’intérêt gouvernemental légitime à connaître les opinions politiques des candidats

Les syndicats soutenaient que cette question était inappropriée et contraire à la loi en vigueur. Everett Kelley, président national de l’American Federation of Government Employees (AFGE), a déclaré que contraindre les candidat·e·s à répondre à des questions politiquement motivées contredit l’essence même d’un service civil non partisan.

L’un des trois syndicats impliqués, rejoint par l’AFGE, la American Federation of State, County and Municipal Employees (AFSCME) et la National Association of Government Employees (NAGE), a obtenu gain de cause. Le juge O’Toole a estimé que les plaignants avaient de fortes chances de démontrer qu’il n’existait aucun intérêt gouvernemental légitime à interroger les opinions politiques des personnes postulant à des postes fédéraux. À la suite de cette conclusion, il a émis une ordonnance provisoire ordonnant la suppression de la question des candidatures tant que l’affaire était en cours.

Trump tente de remodeler la fonction publique à son image

Cette décision constitue un revers pour l’administration dans son objectif de réorganiser la fonction publique et le gouvernement fédéral afin de les aligner sur son programme. Depuis sa réélection, le président a procédé à la suppression ou à l’affaiblissement de plusieurs agences fédérales, notamment le Département de l’Éducation et l’USAID, et a procédé à des réductions massives de personnel dans d’importants services comme le State Department. Des actions ayant également des répercussions d’ordre racial, selon une plainte qui accuse l’administration d’avoir licencié environ 75 % des responsables noirs travaillant dans des agences fédérales indépendantes. Trump cherche aussi à placer des fidèles dans des postes sensibles, y compris dans des fonctions traditionnellement non partisanes, et les tribunaux lui ont dans l’ensemble souvent donné raison jusqu’ici. La question de l’essai résulte d’un décret pris peu après son investiture en 2025, ordonnant à l’OPM et à d’autres agences de « développer et transmettre aux chefs d’agence un plan fédéral de recrutement qui n’emploiera que des Américains hautement qualifiés, dévoués à la poursuite des idéaux et des intérêts américains ».

Le juge O’Toole a désormais mis un frein à la tentative de Trump d’imposer son programme via la fonction publique. Malgré ce revers, l’administration et ses soutiens ne sont pas résignés et risquent d’engager d’autres combats juridiques pour déterminer jusqu’où l’exécutif peut pousser son idéologie dans la gestion des affaires publiques.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.