Une étude qui identifie la suprématie blanche et l’idéologie de droite comme les principes les plus répandus à l’origine de violences extrémistes aux États‑Unis a été retirée du site du Département de la Justice. Cette suppression intervient au moment où la Maison-Blanche cherche à attribuer la violence politique à des opposants et où l’administration poursuit ses efforts pour blanchir l’histoire américaine et minimiser le racisme.
Étude décrivant la prévalence de la violence par les ‘extrémistes de droite’ retirée du site du DOJ
Le journaliste Jason Paladino a été le premier à signaler que l’étude du National Institute of Justice intitulée “What NIJ Research Tells Us About Domestic Terrorism” avait été retirée du site du Département de la Justice des États‑Unis. Dans ce travail, le NIJ — le bras de recherche du DOJ — releva notamment que « depuis 1990, les extrémistes de droite ont commis un nombre bien supérieur d’homicides motivés par l’idéologie que les extrémistes de gauche ou les extrémistes islamistes radicaux, avec 227 incidents ayant coûté plus de 520 vies ». Durant la même période, les extrémistes de gauche auraient perpétré 42 attaques idéologiquement motivées ayant entraîné 78 décès. L’étude, accessible via l’Internet Archive, précise toutefois qu’« aucun profil unique ne permet de saisir avec précision les caractéristiques des personnes qui commettent des actes extrémistes et des crimes haineux » et elle examine divers facteurs, tels que l’expérience militaire, l’emploi d’Internet pour diffuser l’extrémisme et la suprématie blanche parmi d’autres idéologies associées au terrorisme intérieur aux États‑Unis.
Moment de la suppression indique des motivations politiques, l’agenda de Trump
Les informations sur le moment précis de la suppression ont été sources de divergences. Certains médias évoquent une disponibilité du document jusqu’à peu près vendredi dernier. Cette chronologie coïnciderait avec les réactions suscitées par la mort d’un activiste conservateur, Charlie Kirk, que Trump et ses partisans ont tenté d’imputer à des causes politiques de gauche, malgré des éléments d’informations sur les convictions idéologiques du tireur encore incertains. Paladino, qui avait indiqué le 12 septembre que l’article avait été retiré « au cours des dernières 24 heures », a par la suite mis à jour son article sur Substack pour préciser que le rapport semblait inabordable via le lien NIJ depuis février. Selon une capture d’écran publiée dans l’éditorial, un message indiquait : « Le Bureau des programmes de justice du DOJ réévalue actuellement son site et ses documents conformément à des ordres exécutifs récents et à des directives associées. Pendant cette revue, certaines pages et publications seront indisponibles. » L’URL de l’étude renvoie aujourd’hui à un message d’erreur indiquant que la page demandée est introuvable.
Trump et ses alliés blanchissent l’histoire ; imputent la violence à leurs opposants
Même si la suppression de l’article n’était pas nécessairement liée au meurtre de Kirk, la référence à des « ordres exécutifs récents » suggère que le retrait a été opéré en réponse à des directives émanant de l’administration Trump. Comme l’a rapporté Pagesafrik.info, les parcs nationaux, ainsi que les musées et d’autres agences et organisations fédérales, ont été amenés à réviser et, dans bien des cas, à retirer des informations relatives à l’esclavage, au racisme et à d’autres sujets afin de se conformer à ces ordres. Par ailleurs, des journalistes et des responsables démocrates ont été ciblés par des milieux d’extrême droite pour des propos relatifs à Kirk, et plusieurs universités historiquement noires (HBCUs) ont été temporairement fermées après des menaces « terroristes » dans le sillage du décès de Kirk.
L’administration Trump semble déterminée à diaboliser ses opposants tout en étouffant les discussions sur la violence d’extrême droite et sur les persécutions des Noirs, d’autres minorités et des personnes de gauche. La disparition d’une étude qui mesurait l’ampleur de la violence d’extrême droite aux États‑Unis apparaît comme une étape supplémentaire dans ce processus de distorsion de la réalité politique entourant la violence dans le pays.





