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Becerra exhorte les États à privilégier la santé des communautés vulnérables

Vue d’ensemble : avertissements concernant le budget de l’administration Trump et ses implications pour la santé publique

L’ancien secrétaire américain à la Santé et aux Services Sociaux, Xavier Becerra, a mis en garde contre le projet de budget proposé par l’administration Trump, qui prévoit de supprimer plusieurs financements pour des programmes de santé essentiels et de réduire le financement fédéral de Medicaid pour les États. Selon lui, ces mesures risquent d’avoir un effet néfaste sur la santé des citoyens américains. Il a également exprimé ses préoccupations concernant la suppression des subventions fédérales destinées à la santé mentale, ainsi que la recommandation du CDC (Centre for Disease Control and Prevention) selon laquelle les personnes enceintes en bonne santé et les enfants devraient recevoir les vaccins contre la COVID-19. En tant que candidat à la gouvernance californienne, Becerra invite les États à s’opposer à ces propositions et qualifie cette logique de “démarche mesquine et insensée”, qui consiste à réduire l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.


Ancien secrétaire à la Santé et aux Services Sociaux (HHS) aux États-Unis, Xavier Becerra a partagé ses réflexions sur la situation actuelle de la direction du HHS, sous l’égide du secrétaire actuel Robert F. Kennedy Jr., lors de la conférence annuelle de l’Association of Health Care Journalists, qui s’est tenue à Los Angeles le 30 mai dernier.

Moderé par Joanne Kenen, spécialiste en journalisme à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Becerra a évoqué les transformations en cours à la tête du HHS depuis l’arrivée de la nouvelle direction. Il a répondu aux questions des journalistes sur l’impact potentiel de ces changements, notamment sur les communautés vulnérables.

Durant sa période à la tête du département sous l’administration Biden, notamment pendant la crise liée au COVID-19, Becerra a mis en œuvre plusieurs initiatives. Parmi celles-ci, l’extension de la vaccination aux communautés sous-servies, y compris les femmes enceintes et les enfants, la déclaration de la Monkeypox comme urgence de santé publique afin de motiver l’action, ainsi que l’expansion de la ligne d’assistance téléphonique 988 pour la prévention du suicide et la gestion des crises.

Moins d’un an après la réélection de Trump pour un second mandat, plusieurs de ces programmes et initiatives semblent aujourd’hui menacés d’être démantelés sous la nouvelle direction de Kennedy.

En mai, une ébauche de projet de budget fuitée a révélé que l’administration Trump envisageait de supprimer certains programmes de santé du HHS, notamment le financement de la ligne d’urgence 988 destinée aux jeunes LGBTQ+ vivant une crise, avec une extinction prévue à partir du 1er octobre 2025.

Autre rejet des politiques de l’administration précédente : le 27 mai, Kennedy a publié sur X (anciennement Twitter) une annonce indiquant qu’il retirerait la recommandation du CDC concernant la vaccination contre la COVID-19 pour les personnes enceintes en bonne santé et les enfants.

“Nous avons le devoir de préserver la santé de la population américaine, et se taire, c’est céder,” a déclaré Becerra. “Trop de personnes acceptent passivement ce qui se passe, y compris certains des plus grands cabinets d’avocats du pays, d’importantes universités ou les entreprises les plus riches d’Amérique — il faut dire stop. Ce n’est pas la bonne voie à suivre.”

Face aux menaces visant à couper le financement des États qui choisiraient d’assurer eux-mêmes les soins de santé aux résidents sans papier, et à l’effacement des subventions fédérales consacrées à la santé mentale pour aider les étudiants à accéder à un soutien psychologique, Becerra insiste : “Il faut se lever.”

La commission House Energy and Commerce a récemment présenté un projet de loi visant à réduire le déficit budgétaire national. Parmi ses dispositions, figure une proposition pour diminuer le financement fédéral de Medicaid destiné aux États, en pénalisant ceux qui financeraient la couverture santé des immigrants à l’aide de fonds locaux. La Californie fait partie des 14 États utilisant leur budget pour offrir une couverture santé aux mineurs, indépendamment de leur statut migratoire, ainsi qu’à certains adultes, selon une analyse du KFF.

Mais, selon Becerra, cette stratégie est inviable — “on ne peut pas imposer la manière dont un État doit utiliser ses fonds,” a-t-il affirmé.

Bien que les États puissent engager des poursuites si cette disposition du projet de loi est adoptée, la Californie pourrait également limiter l’accès à Medi-Cal pour les résidents sans papiers dans le cadre de la révision du budget 2025-2026, dévoilée le 14 mai dernier.

“Je comprends. Les budgets sont serrés. Les gouverneurs doivent faire face à des choix difficiles. Sans aucun doute,” a reconnu Becerra. Même s’il n’est pas encore en fonction comme gouverneur, il s’est porté candidat à la course pour la gouvernorat de Californie en 2026.

“Mais ce que j’ai à dire, c’est que c’est une économie de bout de chandelle, une erreur grave et stupide, que de prétendre économiser de l’argent en réduisant les soins pour ceux qui en ont le plus besoin.”

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.