À mesure que le Parti démocrate rétrécit le cercle des villes susceptibles d’accueillir sa convention nationale de 2028, l’un des dirigeants d’une cité non retenue prend la parole publiquement. Le maire d’Atlanta reproche aux responsables du parti de négliger le Sud et de sous-estimer l’importance des électeurs noirs pour le parti.
Le maire Dickens s’oppose à l’écart d’Atlanta pour la convention de 2028
Dans une lettre obtenue par WABE, le maire d’Atlanta, Andre Dickens, prend à partie le Comité national démocrate et son président, Ken Martin, après l’annonce selon laquelle Boston, Denver et Philadelphie restent les trois villes en lice pour accueillir la convention démocrate de 2028. Dans une missive intitulée « À Atlanta, au Sud et à tous les démocrates », Dickens affirme que « le DNC continue de faire des choix erronés ». Il reproche au parti d’avoir écarté Atlanta malgré les distinctions auxquelles la ville a droit et sa capacité à attirer des événements majeurs comme cette convention. Dickens affirme que cet écart ciblant Atlanta et l’ensemble du Sud va à l’encontre des propos de Martin sur l’importance de s’ancrer dans le Sud pour reconquérir la Maison-Blanche. « Le DNC et son président Ken Martin montrent qu’ils ne veulent pas apporter le soutien nécessaire à la base du parti », écrit Dickens. Il ajoute que Martin et le DNC « abandonnent Atlanta, abandonnent le Sud et abandonnent une nouvelle fois les électeurs noirs », alors même que le Parti républicain « a choisi le Sud pour recevoir sa convention ». Cette mise à l’écart est, selon Dickens, d’autant plus problématique à présent. « À une époque où Trump et la Cour suprême réduisent le poids des électeurs noirs, nous avons besoin d’un parti qui vienne à Atlanta pour mobiliser le Sud-Est en 2028 et au-delà », soutient-il.
La DNC continue de passer sous silence Atlanta
Les critiques de Dickens sont intervenues peu après que Martin a dévoilé les trois villes finalistes, toutes présentées comme des offres « incroyablement solides », selon lui. Cette déclaration a suivi les visites des délégués du DNC dans ces villes ainsi qu’à Atlanta et à Chicago. Martin a précisé que la convention de 2028 serait « une célébration inspirante de l’avenir de notre candidat », sans toutefois expliquer pourquoi Atlanta et Chicago avaient été écartées. Quatre des cinq villes pressenties ont accueilli récemment des éditions du Democratic National Convention : Boston en 2004, Denver en 2008, Philadelphie en 2016 et Chicago en 2024. Atlanta avait organisé la dernière fois la convention en 1988, année où Michael Dukakis remporta la nomination démocrate; Jesse Jackson y prononça son célèbre discours « keep hope alive ». Comme l’indique Dickens dans sa lettre, l’exclusion du Sud par le DNC tranche avec le choix du GOP d’installer Houston comme ville hôte de la Convention nationale républicaine pour 2028.
La gestion de Martin à la tête de la DNC attire de nouvelles critiques
Les propos de Dickens nourrissent un lot de critiques et de controverses qui entourent le poste de président du DNC occupé par Martin. Ce dernier a dû faire face à des dissensions internes au sein de la direction démocrate, notamment la révocation des mandats des vice-présidents Malcolm Kenyatta et David Hogg, ce dernier ayant soutenu des primaires contre certains démocrates en place. Martin a également soutenu Graham Platner dans la primaire sénatoriale du Maine, malgré des polémiques concernant ses tatouages et des publications en ligne; Platner a remporté la nomination démocrate mais a finalement abandonné sa campagne après qu’une ex-petite amie l’a accusé d’agression sexuelle. Dans l’ensemble, le parti montre des signes de mécontentement face à ce qui est perçu comme un manque de poursuite d’alliances stratégiques, notamment avec des membres du comité et des donateurs. « Ken doit se retirer. Je pense qu’il sait qu’il doit partir », déclarait Shannon Watts, ancienne membre du comité financier du DNC en 2024. « Il y a une inquiétude qu’il puisse être viré et c’est parce qu’il n’est pas à la hauteur ». Malgré ces critiques, Martin conserve le soutien de certains responsables clefs, dont le chef de l’opposition à la Chambre, Hakeem Jeffries, de New York, qui a récemment affirmé lui accorder « son soutien total ». Martin persiste à croire à la capacité du parti à être compétitif lors des prochaines élections. « Si l’on se demande si le Parti démocrate sera prêt à gagner — partout et à tous les niveaux, pour cette élection et pour la décennie à venir — la réponse est oui », a-t-il écrit dans un billet sur Substack publié en juillet.
La liste des critiques visant le leadership de Martin s’allonge désormais avec le point de vue de Dickens sur le choix de la DNC de passer à côté d’Atlanta, un geste qu’il voit comme une gifle bien plus marquée envers le Sud et les électeurs noirs. Alors que les démocrates ambitionnent de reprendre le Congrès et la Maison-Blanche, les dirigeants du parti devront mobiliser et galvaniser leurs soutiens clés, les électeurs noirs du Sud demeurant essentiels à l’effort.





