Culture

Pourquoi les Républicains s’enflamment-ils sur le commentaire d’Ossoff concernant Trump et Natalie ?

Une assistante peu médiatisée du président Trump est devenue le sujet de spéculations et d’analyses, en raison de sa relation professionnelle singulière avec le chef de l’État. Natalie Harp, décrite par certains comme « l’imprimante humaine », se retrouve au cœur des questionnements sur le discernement de Trump et sur les types d’influences susceptibles d’orienter ses décisions.

Une attaque politique attire l’attention sur l’assistante de Trump

Lors d’un rassemblement en soutien à sa réélection, le sénateur Jon Ossoff (D-Géorgie) a formulé des critiques à l’encontre de Trump sur divers sujets, abordant notamment les conditions de vie jugées déplorables des marins embarqués sur le USS Lincoln pendant le conflit avec l’Iran, le projet controversé d’une salle de bal et le jet Air Force One, offert par le Qatar. « Pendant que les marins du Lincoln mènent la guerre et que le président fragilise nos stocks d’armes et de pétrole, il dort pendant les réunions, il joue au golf et il échange des actions », a déclaré Ossoff. « Il ne veut pas accomplir son travail. Il préfère faire construire son ballroom et voyager avec Natalie dans leur palais volant apparemment sans défense, offert par l’Émir du Qatar. »

Les propos d’Ossoff ont déclenché une série d’injures personnelles de la part de Trump et de ses alliés envers le sénateur démocrate, tout en ramenant l’attention sur Natalie Harp, femme de 35 ans et l’une des aide les plus proches du président. Nombreux furent ceux qui firent connaître Harp à travers le débat sur le fait que Trump aurait secrètement changé d’avion pour quitter la Turquie, en raison de menaces selon lesquelles Air Force One était ciblé. Cet incident a suscité de nombreuses interrogations, notamment sur les raisons pour lesquelles Harp ne quittait pas les côtés du président lorsque cabinet et journalistes restaient à bord de l’avion principal malgré le risque potentiel.

L’ascension de Natalie Harp au sein du cercle intime de Trump; désormais les Républicains la défendent

Harp s’est d’abord fait connaître en 2019 en racontant son rétablissement après un cancer des os et en attribuant à Trump le salut de sa vie grâce au soutien à une politique « Right to Try » qui lui a donné accès à des traitements expérimentaux. Son éloge public du président l’a alors propulsée dans son entourage, et ses louanges enthousiastes du chef de l’État ont finalement conduit à sa présence en tant qu’animatrice sur le réseau One America News Network, avant de rejoindre Trump en 2022.

Les Républicains ont réagi aux propos d’Ossoff en adoptant une posture défensive et en accusant le sénateur démocrate de sexisme et de misogynie. Des critiques, relayées par des responsables affiliés à MAGA, accusent Ossoff d’insinuer une relation inappropriée entre Trump et Harp, compte tenu du passé d’infidélité attribué au président. « Aujourd’hui, le sénateur Ossoff a choisi d’être sexiste et arrogant en insinuant des choses malveillantes sur Natalie Harp. Grandissez, John », a écrit la représentante floridienne Anna Paulina Luna sur les réseaux sociaux.

L’adhésion d’Harp à Trump suscite des signaux d’alarme quant à l’influence qu’elle peut exercer sur l’administration et sur le jugement du président quant à l’étendue de son entourage. Le frère d’Harp, désormais éloigné, l’a décrite comme ayant une « obsession malsaine » pour Trump et a mis en doute l’idée même d’une attraction physique envers le président.

Des interrogations sur le discernement de Trump et l’influence d’Harp

À part les spéculations sur une éventuelle relation romantique, les analystes politiques remarquent des irrégularités autour de l’emploi d’Harp. On signale qu’elle a travaillé à la Maison-Blanche pendant plus d’un an sans recevoir d’une autorisation de sécurité, ce qui soulève des inquiétudes sur son accès à des informations sensibles. Des anecdotes moins flatteuses évoquent des comportements jugés inhabituels, comme une violente altercation avec d’autres collaborateurs après ne pas avoir obtenu une place dans le cortège officiel, et qui aurait pris fin lorsque Harp serait montée dans le coffre d’un des SUV qui escortaient Trump vers son procès civil pour fraude intenté par la procureure générale Letitia James de New York.

Ces récits ont alimenté les questions sur l’influence d’Harp sur Trump et sur le discernement dont il fait preuve pour accorder à une personne un accès et un rôle aussi central. Le profil du New York Times sur Harp la décrit comme « la gardienne suprême du président Trump, une porte-parole unique opérant en dehors des circuits habituels » et précise qu’elle est aux côtés du président chaque jour, servant de filtre principal pour les informations et rédigeant une grande partie de ses messages sur les réseaux sociaux, tout en cherchant des informations en ligne à transmettre au président, y compris par le biais d’une imprimante portable qu’elle porte sur elle; cet usage lui a valu le sobriquet « l’imprimante humaine ». L’article suggère aussi qu’Harp aurait été celle qui a attiré l’attention de Trump sur une vidéo raciste montrant les Obama comme des singes.

Depuis les propos d’Ossoff, les débats autour d’Harp ont alimenté les conversations sur la politique de la Maison-Blanche. Alors que les Républicains jugent ces discussions comme du ragot et du sexisme, les démocrates et un certain nombre d’analystes soulignent le lien entre Trump et Harp comme un exemple de jugement problématique et comme une composante d’un environnement de travail peu professionnel et toxique à la Maison-Blanche.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.