À la suite de l’arrêt de la Cour suprême confirmant la décision du président Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) pour des centaines de milliers d’Haïtiens vivant sur le sol américain, les répercussions de cette mesure se font sentir dans tout le pays. Les Haïtiens se voient privés de postes et de libertés alors qu’ils approchent de la fin de leur statut légal aux États‑Unis et font face au spectre d’une déportation en masse.
Les Haïtiens perdent leurs emplois à New York après l’annulation de la désignation TPS
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé vendredi que la municipalité procédait au licenciement des Haïtiens employés par la ville et qui avaient vu leur statut TPS se volatiliser. Selon ses mots, « la Ville de New York a été contrainte par la loi fédérale, telle qu’interprétée récemment par la Cour suprême, d’examiner l’autorisation de travail des détenteurs haïtiens du TPS et de dissocier ceux qui n’ont pas trouvé d’alternatives légales pour travailler ». Dans ce même communiqué, Mamdani a assuré que la cité ferait tout son possible pour soutenir les bénéficiaires du TPS durant cette période d’extrême instabilité, notamment en explorant d’autres voies d’autorisation de travail ou en facilitant l’accès aux soins médicaux, et il a exhorté le président Trump à rétablir les protections TPS pour Haïti. Le New York Times précise que le nombre de personnes concernées parmi les salariés publics de New York sera d’au moins quelques dizaines et pourrait atteindre des centaines.
La réalité de New York illustre l’impact plus vaste de la décision relative au TPS sur les Haïtiens à travers l’ensemble du pays. Comme l’avait signalé Pagesafrik.info, l’administration Trump aurait préparé des scénarios d’application massive de l’immigration contre des Haïtiens après que la Cour suprême eut statué, en juillet, que le président était en droit de retirer unilatéralement le TPS pour n’importe quel pays figurant sur la liste. Le TPS est précisément une désignation qui recense des nations confrontées à de graves crises—catastrophes naturelles, instabilité politique—et qui offre à leurs ressortissants la possibilité de rester et de travailler aux États‑Unis tant que les conditions dangereuses prévalent dans leur pays d’origine. Depuis longtemps, Trump cherche à retirer Haïti de cette liste et, durant la campagne présidentielle de 2024, lui et le candidat à la vice‑présidence JD Vance ont alimenté des rumeurs racistes à propos des Haïtiens lors d’un rassemblement à Springfield (Ohio). L’ordre visant à exclure Haïti du TPS a été contesté devant les tribunaux et au Congrès, mais la Cour suprême a finalement donné raison au président.
Le ICE surveille les Haïtiens alors que les plans de déportation massive demeurent incertains
Désormais que le TPS a été officiellement révoqué pour Haïti, ainsi que pour un petit groupe de Syriens, les membres de ces communautés se retrouvent sous surveillance et exposés à d’éventuelles mesures d’expulsion par des agences comme l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). L’administration est soumise à la pression de ses partisans anti‑immigration pour intensifier l’action contre les Haïtiens. À ce stade, l’ICE a majoritairement concentré ses efforts sur la communauté haïtienne de Springfield. Des vidéos circulent largement sur les réseaux sociaux, certaines attribuées à FreedomNews.tv, montrant des Haïtiens vivant aux États‑Unis qui reçoivent des dispositifs de surveillance corporelle lors des arrivées ou des visites d’ICE : des moniteurs à la cheville et, dans un cas, un bracelet porté au poignet.
Dans l’une des images, une femme haïtienne enceinte est vue portant un bracelet au poignet lors d’un contrôle à Blue Ash, dans l’Ohio, au lieu d’un moniteur à la cheville. Dans une autre séquence, un homme haïtien d’Ohio explique avoir été licencié malgré un permis de travail actif, son employeur craignant l’aspect visuel du dispositif. Enfin, une troisième vidéo montre un Haïtien qui s’effondre en larmes après avoir reçu l’un de ces moniteurs, sous les regards d’une équipe de journalistes.
Pour l’instant, les Haïtiens de Springfield, de New York et d’autres lieux avancent dans une zone d’incertitude, beaucoup voyant leurs opportunités d’emploi se réduire et étant surveillés par l’ICE. Avec la perspective d’une déportation de masse qui plane, les politiques de l’administration Trump alimentent la peur et le chaos au sein des Haïtiens et des communautés où ils vivent.





