Culture

Le CBC est poursuivi par un groupe conservateur qui affirme qu’une bourse discrimine les non-noirs.

L’activiste conservateur qui avait dirigé une série de recours juridiques menant à l’abolition de l’action positive dans les admissions universitaires s’attaque à nouveau aux opportunités éducatives offertes aux minorités. Cette fois, une bourse associée au Congressional Black Caucus est poursuivie en justice pour discrimination envers les étudiants qui ne sont pas noirs.

Un défi conservateur visant une bourse destinée aux étudiants noirs

Selon USA Today, une organisation de tendance conservatrice a déposé une plainte fédérale à Washington, D.C., visant la Congressional Black Caucus Foundation au sujet d’une bourse destinée à des étudiants noirs. À l’initiative du dossier, l’American Alliance for Equal Rights agit au nom d’un étudiant d’origine asiatique et d’un étudiant d’origine hispanique, soutenant que cette bourse est discriminatoire car elle n’est accessible qu’aux étudiants noirs. « Accorder des opportunités éducatives à certains jeunes électeurs mais pas à d’autres — en fonction de la couleur de leur peau — n’est ni conscientious ni légal », peut-on lire dans le document, traduit selon USA Today.

L’American Alliance for Equal Rights est dirigée par Edward Blum, un activiste conservateur qui a mené, pendant des années, une campagne contre les programmes bénéficiant aux étudiants noirs. Après des décennies d’échec pour renverser l’action positive dans les admissions universitaires à travers plus d’une vingtaine de procédures, principalement avec des plaignants blancs, Blum a créé le groupe Students for Fair Admissions après avoir estimé qu’il « fallait des plaignants d’origine asiatique » pour son prochain procès, rapporte NPR. En 2023, SFFA a obtenu gain de cause contre l’Université Harvard et l’Université de Caroline du Nord, et la Cour suprême a invalidé l’usage de la race dans les décisions d’admission.

CBCF défend son travail alors que les avantages pour les étudiants noirs restent sous pression

La Congressional Black Caucus Foundation est une organisation à but non lucratif fondée il y a 50 ans par les membres fondateurs du Congressional Black Caucus, explique Nicole Austin-Hillery, la présidente-directrice générale de la fondation. Sans commenter le litige en cours, elle a déclaré à USA Today que l’organisation a été « créée pour ouvrir des portes à l’éducation et à la formation pour la prochaine génération de leaders, pour fournir de la recherche et pour offrir une éducation publique sur des problématiques émergentes ». Austin-Hillery a réaffirmé que « la CBCF demeure engagée envers ces objectifs et envers la donne d’opportunités à toutes les personnes qui peuvent bénéficier de notre travail et de nos programmes. »

La plainte cible la CBC Spouses Education Scholarship, une bourse académique gérée par les épouses et époux des membres du CBC. Chaque année, 300 candidats se voient attribuer des bourses allant de 2 500 à 20 000 dollars. Le programme est ouvert aux étudiants noirs résidant dans le district d’un des membres du CBC. Cette action judiciaire constitue la dernière en date dans une longue série d’attaques contre les programmes destinés à favoriser les étudiants noirs. Bien que la décision de la Cour suprême en 2023 ne concerne que l’admission dans les universités, de nombreuses universités ont interprété cette jurisprudence de manière large tout en gérant les décrets anti-DEI de l’administration Trump. Ces mesures ont entraîné des réductions de financement et des défis pour presque l’ensemble des programmes universitaires qui prennent en compte la race.

Ces évolutions en provenance de Washington, D.C., ont instauré un climat hostile pour les programmes destinés à aider les étudiants noirs. Aujourd’hui, les mêmes dynamiques qui ont contribué à mettre fin à l’action positive dans les admissions universitaires visent une bourse destinée aux étudiants noirs dans une affaire dont les répercussions pourraient être plus vastes pour l’ensemble des initiatives visant à offrir des opportunités éducatives à la jeune génération noire.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.