Culture

Qu’est-ce que le 25e amendement, et pourquoi certains veulent l’utiliser contre Trump après Pâques ?

Alors que les États-Unis poursuivent leur confrontation avec l’Iran sans objectifs clairement définis et sans horizon visible, la manière dont le président Donald Trump gère ce conflit paraît de plus en plus irrégulière. Un message dérangeant publié à Pâques par le président a non seulement suscité de vives condamnations de la part de divers voix, mais il a aussi alimenté les appels à ce que Trump soit révoqué grâce à une procédure constitutionnelle encore jamais utilisée.

Un message déconcertant de Trump déclenche des appels à activer le 25e amendement

À l’occasion de Pâques, Trump a publié sur les réseaux sociaux un message d’une tonalité grossière appelant l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz — l’une des artères maritimes majeures du globe — que l’Iran a effectivement bloqué depuis le début des hostilités menées par les États‑Unis et Israël contre le pays fin février. « Ouvre le détroit, bande d’idiots, ou vous vivrez en enfer — REGARDEZ BIEN ! » peut-on lire dans ce post dominical, menaçant d’attaquer les sites énergétiques et les ponts de l’Iran, alors même que de telles actions pourraient être qualifiées de crimes de guerre au regard du droit international. Le message du président a été largement dénoncé, tant par la gauche que par la droite.

Cette publication irrégulière a poussé plusieurs personnalités à proposer que le cabinet de Trump sollicite l’application du 25e amendement à la Constitution afin de mettre fin à son mandat de président et de chef des armées. « Si j’étais au sein du cabinet de Trump, je passerais Pâques à appeler des juristes constitutionnels au sujet du 25e amendement », a posté le sénateur Chris Murphy, D-Connecticut, en réaction au message. « C’est totalement, complètement dément. Il a déjà fait des milliers de morts. Il va en faire des milliers de morts de plus. »

La députation démocrate Yassamin Ansari de l’Arizona a réagi en déclarant : « L’amendement n°25 existe pour une raison. Le président des Etats‑Unis est un lunatique dérangé et une menace pour la sécurité nationale de notre pays et du reste du monde. »

Même l’ambassade iranienne en Afrique du Sud a laissé planer une suggestion, en évoquant « Sérieux, pensez au 25e amendement, section 4. »

Écarter ou remplacer un président

L’amendement n°25 a été ratifié en 1967 à la suite de l’assassinat du président John F. Kennedy en 1963. Cette dispositions prévoit des mécanismes pour remplacer le président ou le vice‑président lorsque l’un d’eux démissionne ou n’est plus en mesure d’exercer ses fonctions. Différentes sections de l’amendement ont été mises en œuvre depuis lors. Dans les années 1970, les sections 1 et 2 ont été utilisées pour remplacer le vice‑président Spiro Agnew puis le président Richard Nixon après leurs démissions respectives, Gerald Ford devenant vice‑président en 1973 et président en 1974. Plus récemment, la Section 3 a été employée par des présidents tels que George W. Bush et Joe Biden pour déléguer temporairement les pouvoirs présidentiels à leur vice‑présidente lorsque les chefs ont été anesthésiés lors d’interventions médicales.

La Section 4 de l’amendement n’a jamais été invoquée: elle permet au vice‑président et à la majorité du cabinet de retirer un président jugé incapable d’assumer les pouvoirs et les devoirs de son poste. Dans une telle hypothèse, le vice‑président devient immédiatement président par intérim après une déclaration écrite soumise au Congrès par les autorités concernées. Depuis le retour de Trump à la Maison‑Blanche en 2025, ses propos jugés irrationnels, ses difficultés à rester éveillé lors des réunions, des préoccupations de santé et des références à la passation de tests cognitifs ont alimenté les spéculations sur son aptitude à occuper le poste.

Avec une inquiétude grandissante quant à sa capacité à exercer ses fonctions, certains estiment désormais qu’il serait temps que les proches de Trump interviennent et utilisent ce recours constitutionnel jusque‑là inusité pour écarter le président avant que ses décisions ne provoquent une catastrophe.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.