Politique

Voici les enseignements de la nouvelle stratégie Make American Healthy Again de RFK Jr.

Aperçu:
La Commission Make America Healthy Again (MAHA) a publié un rapport qui identifie quatre moteurs potentiels des maladies chroniques chez les enfants: une alimentation insuffisante ou inappropriée, l’exposition à des substances chimiques, l’absence d’activité physique, ainsi que le stress chronique et une tendance à la surmédicalisation. Le document propose des mesures visant à améliorer les taux d’allaitement et à étudier la cause profonde de l’autisme et à examiner les effets indésirables liés à la vaccination. Toutefois, il a été vivement critiqué pour ne pas prendre en compte des facteurs comme l’insécurité alimentaire et la pauvreté, et pour remettre en question des interventions éprouvées telles que la vaccination des enfants. Par ailleurs, les actions récentes de l’administration actuelle pourraient compliquer pour l’Environmental Protection Agency (EPA) l’étude des impacts de la qualité de l’air sur la santé des mineurs.

Sans mentionner l’auteur, l’article suivant présente le contenu publié par la MAHA et les réactions qu’il a suscitées.

Direction et portée du rapport
Sous l’égide du secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., la Commission MAHA a émis un rapport qui décrit des propositions de réforme politique destinées à traiter les problématiques de santé des enfants et les questions relevées par leur évaluation des besoins sanitaires des jeunes générations.

Les quatre facteurs clés identifiés
Selon l’évaluation, quatre éléments contribuent à l’augmentation des maladies chroniques chez les enfants: une alimentation déficiente ou mal équilibrée, une exposition accrue à des produits chimiques, le manque d’activité physique et le stress répété assorti d’une tendance à la surmédicalisation.

Commentaires des responsables
Dans un communiqué, RFK Jr. a déclaré que « l’administration cherche à mobiliser toutes les branches du gouvernement pour faire face à l’épidémie des maladies chroniques chez l’enfant ». Il ajoutait que ce plan représenterait une réforme majeure, en réajustant les systèmes alimentaire et sanitaire, en renforçant l’éducation et en libérant la puissance de la science pour protéger les enfants et les familles américaines. Le document précise toutefois, de façon générale, que des organismes tels que la Food and Drug Administration (FDA) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) seront amenés à « actualiser » et à « revoir » des directives existantes, sans fournir de détails concrets sur le moment ou les modalités de ces révisions.

Des propositions multiples autour de l’allaitement
Le rapport énumère de nombreuses recommandations destinées à augmenter les taux d’allaitement par le biais du programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program) destiné aux femmes, nourrissons et enfants, ou par d’autres mesures, malgré les coupes budgétaires historiques auxquelles fait face SNAP dans le cadre d’un acte législatif au nom évocateur. Une analyse du Center for American Progress (CAP), organisme indépendant et non partisan, souligne que, si le rapport identifie correctement des questions comme une alimentation déficiente et un stress chronique nuisible à la santé des enfants, il omet de reconnaître des causes importantes telles que l’insécurité alimentaire et la pauvreté et ne fait pas la promotion de programmes nutritionnels fondés sur des preuves scientifiques solides.

Réactions et avertissements
Jill Rosenthal, directrice de la politique de santé publique au CAP et co-auteur de l’analyse, a affirmé que « le rapport de la MAHA passe à côté d’opportunités réelles d’amélioration de la santé des enfants ». Elle affirme que le document seme le doute et la confusion quant à l’efficacité des approches sanitaires, détourne l’attention des véritables dénégateurs de la maladie infantile et de la mortalité évitable, et s’éloigne des politiques que l’administration poursuit tout en constituant une menace pour la santé des enfants.

Autisme et vaccination: une orientation contestée
Le document propose aussi d’étudier la « cause profonde de l’autisme » et de lancer des investigations sur les « blessures liées à la vaccination », ce qui s’appuie sur des décennies de recherches montrant qu’aucune cause unique ne peut expliquer l’autisme. L’inclusion d’examens sur les dommages vaccinaux est souvent associée à l’argumentation anti-vaccination de RFK Jr. Le contexte récent montre que RFK Jr. a publié de nouvelles directives concernant les vaccins contre la COVID-19; les recommandations passées qui ciblaient l’ensemble de la population ont été révisées, restreignant le recours au vaccin mis à jour pour les personnes de 65 ans et plus et pour toute personne âgée d’au moins six mois présentant une ou plusieurs conditions médicales susceptibles d’augmenter le risque de formes graves de COVID-19. Cette révision pourrait limiter l’accès à la vaccination pour certains groupes si les assureurs ne prennent pas en charge les coûts.

Réactions des associations et vues sur la qualité de l’air
L’American Lung Association a publié une déclaration indiquant qu’elle soutient vivement l’amélioration de la santé des enfants et la prévention des maladies chroniques, mais que le rapport MAHA sape cet objectif en remettant en cause des interventions éprouvées comme la vaccination infantile salvatrice. L’association a aussi indiqué que plusieurs recommandations restent insuffisantes et que les solutions proposées sont fragilisées par les actions actuelles de l’administration. Le rapport reconnaissait aussi la qualité de l’air comme une question de santé et préconisait que l’EPA et les National Institutes of Health mènent des recherches sur les effets de la pollution atmosphérique sur la santé des enfants, en s’appuyant sur les programmes de recherche existants pour améliorer la collecte et l’analyse des données. Or, des mesures récentes de l’administration pourraient compliquer ce travail: l’EPA a même proposé de mettre fin au Greenhouse Gas Reporting Program (GHGRP), lancé en 2010 pour obliger les centrales électriques au charbon, les usines et les raffineries à déclarer leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans les régions comme l’Inland Empire, l’Association américaine du poumon note des niveaux d’ozone parmi les plus élevés du pays, en raison du rôle régional de zone logistique et de transport.

Portée et nombre de propositions
Le rapport intégral comprenait 128 propositions visant à restructurer certaines administrations et à actualiser de nombreuses directives, tout en préconisant des changements destinés à accroître la sensibilisation du public et les connaissances sur ces problématiques.

Fin de l article
Merci pour votre lecture.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.