Culture

Trump ajoute des plaques se moquant d’Obama et de Biden aux portraits de la Maison-Blanche.

Le président Donald Trump a consacré une bonne partie de son mandat à viser publiquement ses prédécesseurs, Barack Obama et Joe Biden. Actuellement, alors qu’il opère divers changements à la Maison-Blanche, apparaît un nouvel exemple, particulièrement mesquin, de la vendetta que Trump poursuit contre les anciens occupants de la fonction.

Trump utilise l’exposition de la Maison-Blanche pour lancer des piques contre les présidents d’antan

À la demande de Trump, des plaques ont été ajoutées sous plusieurs portraits présidentiels exposés à la Maison-Blanche. Les légendes accompagnant les portraits de Barack Obama et de Joe Biden retiennent l’attention par leurs piques envers eux. Le « portrait » de Biden, qui représente une signature « autopen » signant le nom de l’ancien président, est désormais accompagné de deux plaques qui critiquent fortement le mandat de Biden tout en faisant l’éloge de Trump. La première plaque débute ainsi : « Sleepy Joe Biden fut, de loin, le pire président de l’histoire américaine », et la seconde commence par : « Nommé à la fois ‘Sleepy’ et ‘Crooked’, Joe Biden a été dominé par ses conseillers de gauche radicale ».

Le portrait d’Obama se voit désormais accompagné de deux plaques : la première présente Barack Hussein Obama comme le premier président noir du pays, ancien organisateur communautaire, sénateur de l’Illinois pendant un mandat, et figure l’une des personnalités les plus polarisantes de l’histoire politique américaine. Les textes poursuivent en citant diverses initiatives intérieures et étrangères d’Obama et relèvent le nom de « Donald J. Trump » à trois reprises, tout autant que le nom d’Obama dans les légendes.

Trump poursuit son usage mesquin des portraits de la Maison-Blanche

Les attaques contre Biden et Obama s’inscrivent dans une série plus large de descriptions actualisées apposées aux portraits des présidents, sur le fameux “Mur de la Gloire Présidentielle” de la Maison-Blanche. Cette nouvelle série de textes a été « conçue, montée et dédiée » par Trump « en hommage à d’anciens présidents — bons, mauvais, et quelque part entre les deux — qui ont servi leur pays et renoncé à tant de choses pour cela », précise l’affichage de l’exposition. Des présidents plus anciens, tels que John F. Kennedy Jr. et Jimmy Carter, reçoivent des remarques globalement plus élogieuses dans leurs légendes.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré à CNN que « les plaques présentent des descriptions précises et éloquentes de chaque président et de l’héritage qu’ils ont laissé ». Comme étudiante en histoire, elle a noté que plusieurs textes ont été rédigés directement par le président lui-même. Bien qu’elle n’ait pas confirmé que Trump soit l’auteur des plaques dédiées à Obama et Biden, le contenu résonne avec les rhétoriques de Trump et les tournures, avec cette utilisation marquée de certaines majuscules, évoquent ses interventions sur les réseaux sociaux. Ces nouvelles descriptions prolongent une tendance consistant à utiliser les portraits présidentiels à la Maison-Blanche de manière juvénile, notamment en déplaçant les portraits d’Obama et de George W. Bush hors des espaces publics, et en remplaçant le portrait de Biden par l’image d’une autographe électronique.

À mesure que Trump revient à la Maison-Blanche pour régler ses comptes avec ses adversaires politiques, il semble adopter une approche particulièrement mesquine vis-à-vis des présidents qui l’ont précédé. Les nouvelles plaques dénigrant Obama et Biden s’inscrivent comme une marque de vanité et d’immaturité dans ces gestes publics.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.