Culture

Les États-Unis quittent l’OMS; l’ancien directeur du CDC dit que cela expose les Américains.

L’administration Trump a tenu sa promesse en retirant les États‑Unis de l’organisation sanitaire mondiale la plus influente du globe. Cette décision, longtemps anticipée, intervient malgré les critiques et les mises en garde sérieuses émises par des médecins et des responsables de la santé publique. Ceux-ci craignent que ce retrait n’expose le pays et d’autres États à des vulnérabilités accrues face à des maladies allant des nouvelles souches grippales à des virus inédits susceptibles de déclencher une nouvelle pandémie.

RFK Jr. et Marco Rubio imputent les défaillances de l’OMS au retrait américain

Le gouvernement américain a annoncé jeudi que les États‑Unis se retiraient officiellement de l’Organisation mondiale de la Santé. Dans une déclaration conjointe du secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., et du secrétaire d’État, Marco Rubio, les deux responsables affirment : « Cette démarche répond aux échecs de l’OMS pendant la pandémie de COVID‑19 et vise à réparer les dommages causés au peuple américain » et ajoutent : « Comme bon nombre d’organisations internationales, l’OMS a abandonné sa mission centrale et a agi à plusieurs reprises contre les intérêts des États‑Unis ». Le texte précise : « Désormais, l’engagement des États‑Unis envers l’OMS sera strictement limité à la mise en œuvre de notre retrait et à la protection de la santé et de la sécurité du peuple américain », et est affirmé : « Le financement et le personnel américains dédiés aux initiatives de l’OMS ont cessé ». Le mouvement du haut gouvernement trumpienne était attendu.

Comme l’a rapporté Pagesafrik.info, le président Donald Trump avait signé, dès son premier jour de retour au pouvoir, un décret exécutif qui annonçait le retrait des États‑Unis de l’OMS, s’inscrivant dans un programme plus vaste de retrait des organisations internationales.

Les experts déplorent ce retrait comme une « stupidité monumentale »

Cependant, des responsables de la santé publique mettent en garde contre le fait que cette mesure compliquera les efforts de coordination pour les campagnes vaccinales et la réponse à des défis sanitaires mondiaux tels que les flambées de grippe. Jesse Bump, chercheur en santé mondiale à l’école de santé publique T.H. Chan de Harvard, décrit le retrait comme « un acte d’une stupidité monumentale », soulignant que les États‑Unis renoncent à l’accès à plus d’un centaine de laboratoires affiliés à l’OMS à travers le monde.

Dr. Tom Frieden, ancien directeur des Centers for Disease Control and Prevention, a publié sur Threads : « À partir d’aujourd’hui, les États‑Unis ont officiellement quitté l’Organisation mondiale de la Santé. Nous regarderons cela comme une grave erreur ». Frieden ajoute : « Les menaces sanitaires ne respectent pas les frontières, et affaiblir la coopération mondiale rend les Américains moins en sécurité ».

Chemin incertain pour la coordination sur la grippe et d’autres enjeux de santé mondiale

Comme le rapporte le New York Times, le retrait signifie que les États‑Unis ont cessé le financement fédéral de l’OMS et ont rapatrié l’ensemble des agents fédéraux et des prestataires américains travaillant dans les bureaux de l’organisation à travers le monde, y compris son siège à Genève. Cependant, l’administration Trump a laissé entrevoir la possibilité de certaines formes de coopération limitée avec l’OMS. La nature précise de la coordination future entre les États‑Unis et l’OMS demeure toutefois incertaine. Il n’est pas clairement établi si les États‑Unis participeront à la réunion annuelle des experts de l’OMS qui détermine le contenu des vaccins antigrippaux pour l’année suivante. La réunion est prévue pour février.

Si les États‑Unis choisissent de ne pas assister à la prochaine réunion consacrée à la grippe, l’absence de coopération pourrait avoir des conséquences potentiellement mortelles pour des personnes aux États‑Unis comme dans le reste du monde. Au‑delà de ce cas précis, des experts avertissent que le retrait de l’OMS laissera le pays et la communauté internationale moins préparés face à d’éventuelles crises sanitaires mondiales, une préoccupation qui, selon eux, n’a pas convaincu l’administration Trump.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.