Culture

Les démocrates du Sénat veulent bloquer les réparations pour les émeutiers du 6 janvier.

Cinq années se sont écoulées depuis l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, et le président Donald Trump ainsi que le Parti républicain ont facilité l’évitement des responsabilités pour les participants. Aujourd’hui, un groupe de parlementaires démocrates cherche à ce que l’État américain ne verse pas d’indemnités financières à ceux qui ont pris part à cette attaque.

Après le règlement lié à Babbitt, des propositions de loi pour empêcher toute nouvelle indemnisation du 6 janvier

Selon CBS News, des sénateurs démocrates ont mené des efforts visant à faire adopter des textes empêchant l’octroi d’indemnités aux auteurs du 6 janvier. Deux propositions de loi ont été présentées. L’une, portée par le sénateur californien Alex Padilla et le sénateur du Rhode Island Sheldon Whitehouse, viserait à interdire au gouvernement de conclure des accords financiers avec des personnes ayant agressé des agents de police. Une seconde proposition viserait à empêcher la création d’un fonds de compensation pour les participants du 6 janvier.

Ces propositions répondent à des mesures ayant été prises pour indemniser des émeutiers du 6 janvier. En mai, le ministère de la Justice a accepté un règlement de 5 millions de dollars au bénéfice de la famille d’Ashli Babbitt, l’émeutière tuée par un policier du Capitole alors qu’elle franchissait un panneau de verre brisé lors d’une violente poussée pour accéder à une zone protégée du Capitole. Bien que l’agente Michael Byrd ait été déclaré sans faute par le DOJ, Trump a accusé Byrd de « s’en tirer avec un meurtre » et a soutenu une réinterprétation de Babbitt comme d’une martyr.

Blocage d’un fonds de réparations pour les émeutiers du 6 janvier

Le règlement accordé à la famille Babbitt instaure un précédent en vue d’indemniser d’autres participants à l’attaque. Parmi ceux qui plaident en faveur d’indemnités financières pour des personnes déjà jugées pour des faits liés au 6 janvier figure l’avocat Mark McCloskey, qui a publié sur X (anciennement Twitter) : « Je fais tout ce que je peux pour accélérer l’établissement d’une procédure de résolution des réclamations afin de vous remettre sur pied et d’obtenir une vraie justice. »

Trump et d’autres ont même envisagé la création d’un fonds de compensation, présenté comme une forme de réparations visant à financer les frais juridiques des anciens prévenus du 6 janvier. Lorsque la sénatrice Mazie Hirono, D-Hawaii, a interrogé l’an dernier l’Attorney General Pam Bondi sur l’existence d’un fonds de compensation pour le 6 janvier, Bondi a déclaré qu’elle n’avait pas participé à la mise en place d’un tel fonds, mais n’a pas exclu d’y être favorable.

Ces initiatives visant à indemniser les émeutiers du 6 janvier s’inscrivent dans une stratégie plus large d’appoint par Trump et ses alliés visant à minimiser l’impact de l’attaque du 6 janvier et à déformer la réalité des faits, en présentant les auteurs comme des victimes d’un système judiciaire excessivement zélé et instrumentalisé. Au retour à la Maison-Blanche l’année dernière, Trump a immédiatement gracié ou a réduit en peine la quasi-totalité des personnes condamnées pour des infractions liées à l’assaut du 6 janvier. Trump a également semblé prendre des mesures de représailles contre des agents du FBI qui ont enquêté sur les émeutiers du 6 janvier, inscrivant ces actes dans son ensemble de représailles contre l’agence.

Trump a déjà veillé à ce que ses partisans n’aient plus à assumer les conséquences juridiques de leur attaque contre le Capitole américain il y a cinq ans. Désormais, il figure parmi les voix de droite qui plaident pour que le gouvernement fédéral paie les émeutiers. Alors que l’ombre du 6 janvier continue de peser sur la vie politique américaine, les démocrates s’empressent de veiller à ce que les responsables de l’émeute ne soient pas indemnisés et ne tirent pas profit de leurs actes au détriment des contribuables américains.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.