L’administration américaine dirigée par Donald Trump a annoncé qu’elle abaissait le nombre de réfugiés autorisés à entrer aux États‑Unis, atteignant le niveau le plus bas depuis le lancement du programme il y a 45 ans, en privilégiant les Afrikaners blancs d’Afrique du Sud et en promouvant une narration infondée selon laquelle les populations blanches seraient persécutées, alors que les souffrances de personnes en danger à travers le monde restent ignorées.
Trump réduit les admissions de réfugiés tout en privilégiant les Afrikaners blancs d’Afrique du Sud
Dans un avis publié au Federal Register, l’administration Trump indique qu’elle ramènera le nombre de réfugiés acceptés par les États‑Unis à 7 500 pour le nouvel exercice budgétaire. L’annonce précise aussi que l’essentiel des créneaux sera attribué aux Afrikaners, membres de la minorité blanche du pays.
« Les chiffres d’admission seront principalement répartis entre les Afrikaners d’Afrique du Sud, conformément au Décret exécutif 14204, et d’autres victimes de discrimination illégale ou injuste dans leurs pays respectifs », indique l’avis, faisant référence à un décret présidentiel de février qui avait suspendu l’aide américaine à l’Afrique du Sud et priorisé « la réinstallation des réfugiés afrikaners fuyant une discrimination raciale soutenue par le gouvernement, y compris l’expropriation de biens fondée sur la race ».
La priorité accordée aux Afrikaners, descendants des colons néerlandais de l’actuelle Afrique du Sud, poursuit une narration poussée par l’administration Trump selon laquelle les Sud-Africains blancs seraient persécutés dans le pays. Trump et Elon Musk, ancien conseiller de l’administration et originaire d’Afrique du Sud qui a émigré au Canada puis aux États‑Unis après le lycée, ont accusé le gouvernement sud-africain d’oppresser et de cibler la minorité blanche du pays. Ces accusations trouvent leur origine dans une loi de redistribution foncière destinée à remédier aux inégalités; bien que le système raciste de l’apartheid soit terminé depuis trois décennies, les membres de la minorité blanche détiennent encore plus de 70 % des terres agricoles du pays. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a fermement rejeté l’idée que son gouvernement vise les Blancs pour la violence ou le dépossession, et même la communauté afrikaner a largement rejeté l’offre de s’installer aux États‑Unis.
Les critiques dénoncent des restrictions sur les réfugiés cruelles et racistes
Le plafond de 7 400 réfugiés est le plus bas enregistré depuis le démarrage du programme en 1980. En temps normal, les États‑Unis ont accueilli environ 95 000 réfugiés chaque année, quel que soit le parti au pouvoir; l’ancien président Joe Biden avait porté l’objectif à 125 000 après le précédent plus bas de 15 000 durant le premier mandat de Trump. Cette réduction s’inscrit dans l’agenda visant à restreindre l’immigration vers les États‑Unis, et se manifeste notamment à travers les mesures de l’Immigration and Customs Enforcement, la suppression du statut de protection temporaire pour des centaines de milliers de personnes fuyant des situations dangereuses (comme en Haïti), et les interdictions de voyage qui ciblent une douzaine de pays majoritairement noirs ou à majorité musulmane.
Krish O’Mara Vignarajah, à la tête de Global Refuge, une organisation de réinstallation des réfugiés, a souligné que ce plafond historiquement bas et la préférence pour un seul groupe excluent d’autres personnes cherchant à fuir des situations périlleuses.
« Nous entendons des femmes afghanes défenseuses de leurs droits, des dissidents politiques vénézuéliens, des familles congolaises, des chrétiens persécutés et d’autres minorités religieuses, qui craignent désormais qu’il ne reste plus de place pour elles dans le système auquel elles avaient fait confiance », a déclaré Vignarajah.
Pendant ce temps, le journaliste Mehdi Hasan a été parmi les nombreux critiques qui ont dénoncé la priorité accordée aux Afrikaners blancs.
« Difficile de voir comment on peut décrire cela autrement que… raciste », a-t-il posté sur X, anciennement Twitter.
Alors que l’administration Trump rend l’accès au pays plus difficile pour les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile du monde entier, elle a néanmoins ouvert une exception notable en faveur des Afrikaners blancs. Trump et ses partisans semblent déterminés à poursuivre le récit d’une oppression contre les blancs en Afrique du Sud, et l’administration a intégré ce programme dans sa politique de réfugiés.





