Culture

La Garde côtière retire les croix gammées et les nœuds coulants, puis se ravise.

La Garde côtière des États‑Unis a récemment annoncé des ajustements de sa politique concernant la haine et le harcèlement, assouplissant certaines prohibitions liées aux symboles racistes et antisémites. Ces modifications ont suscité une vive indignation et des condamnations, poussant l’organisme à s’employer à réviser ou clarifier son cadre réglementaire face à une opposition publique.

La Garde côtière assouplit les règles concernant l’affichage des symboles haineux

Le Washington Post a été le premier à révéler, jeudi, que la Garde côtière ne considérerait plus les nœuds coulant et la svastika comme des symboles de haine, malgré leurs liens historiques avec le racisme et la violence systémique. Selon les nouvelles directives, l’affichage de symboles tels que la svastika ou le nœud coulants serait qualifié de « potentiellement divisé ».

Ce langage est moins ferme que celui adopté par la Garde côtière en 2019, qui affirmait que « l’affichage ou la représentation d’un symbole largement associé à l’oppression ou à la haine constitue un incident de haine potentiel, y compris mais sans s’y limiter, l’affichage d’un nœud coulants, d’une svastika, de symboles suprémacistes, de symboles ou drapeaux confédérés et de symboles antisémites ».

La politique de 2019, publiée par l’amiral Karl L. Schultz, alors Commandant de la Garde côtière, « ordonnait aux officiers commandants d’enquêter sur ces affichages et les autorisait à retirer les symboles divisifs lorsque cela était justifié, même si l’affichage ne constituait pas un incident de haine ».

D’autres changements assouplissent l’interdiction du harcèlement et du hazing

Les révisions apportées à la politique de la Garde côtière ont également assoupli les critères relatifs au harcèlement, retirant l’identité de genre comme catégorie protégée et indiquant que tout harcèlement fondé sur des catégories protégées telles que la race ou le sexe ne serait passible de sanctions que s’il était jugé « grave ou répandu ».

Les nouvelles règles reflètent aussi la position permissive du secrétaire à la Défense Pete Hegseth sur le hazing, en précisant que le hazing pourrait servir « un but militaire ou gouvernemental légitime ». Après que l’article du Washington Post a suscité des interrogations et critiques concernant ces nouvelles mesures, l’amiral Kevin Lunday, nommé par Trump pour assurer la fonction de commandant par intérim de la Garde côtière, a affirmé que la politique révisée ne modifiait pas la manière dont les symboles de haine seraient traités, précisant que l’affichage de symboles tels que le nœud coulants ou la svastika « serait pleinement enquêté et sévèrement puni ».

L’administration Trump défend, attaque, puis recule

Alors que l’indignation persistait face à ces révisions, l’administration de Trump a commencé à remettre en question la validité des reportages relatifs à ce sujet. Lunday a tweeté: « Les affirmations selon lesquelles la Garde côtière ne classera plus les svastikas, les nœuds coulants ou d’autres images extrémistes comme des symboles interdits sont catégoriquement fausses. » Un porte‑parole du ministère de la Sécurité intérieure, qui abrite la Garde côtière, a déclaré que le Washington Post « devrait avoir honte d’avoir publié ces fake crap ». Néanmoins, Lunday a publié plus tard, jeudi après-midi, un nouveau mémo. Ce dernier indique en partie : « Les symboles et drapeaux divisifs ou haineux sont interdits. Ces symboles et drapeaux incluent, sans s’y limiter, les éléments suivants : un nœud coulants, une svastika, et tout symbole ou drapeau coopté ou adopté par des groupes fondés sur la haine comme représentations de suprématie, d’intolérance raciale ou religieuse, d’antisémitisme, ou de toute autre forme de biais inappropriée. »

La représentante démocrate Lauren Underwood de l’Illinois figure parmi les parlementaires qui ont exprimé leur opposition à ces changements. « Aujourd’hui, il a été révélé que la Garde côtière ne classerait plus les svastikas et les nœuds coulants comme des symboles de haine. Inacceptable », a-t-elle tweeté jeudi soir. La députée a ajouté : « je viens tout juste de rencontrer l’amiral Lunday et j’ai obtenu son engagement à publier une nouvelle politique. La haine n’a pas sa place dans nos forces armées. » Il n’est pas clair si sa rencontre a eu lieu avant ou après la diffusion du document le plus récent.

La Garde côtière tente de présenter cette dernière déclaration comme une simple réaffirmation de la politique publiée plus tôt dans le mois. Pour nombre d’observateurs, toutefois, il paraît que la direction de cette branche militaire réagit à une condamnation générale de ses révisions relatives à la haine, revenant sur sa décision et réaffirmant l’interdiction antérieure des symboles de haine.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.