Culture

La congresswoman Sheila Cherfilus-McCormick est accusée d’avoir détourné 5 M$ d’aides COVID.

Une députée démocrate est aujourd’hui accusée au niveau fédéral d’avoir détourné des fonds fédéraux destinés aux secours en cas de catastrophe pendant la pandémie de COVID-19, puis d’avoir utilisé cet argent pour financer sa campagne et pour son enrichissement personnel. À présent, la parlementaire floridienne risque non seulement une sanction pénale, mais aussi une éventuelle expulsion de la Chambre des représentants, dans le cadre d’un système qu’elle aurait, selon l’acte d’accusation, fait transiter par la société qui appartient à sa famille.

Accusations liées à un dépassement de plus de 5 millions de dollars

Mercredi, le département de la Justice a annoncé que la représentante américaine Sheila Cherfilus-McCormick, de Floride, avait été inculpée par un grand jury fédéral pour avoir conservé plus de 5 millions de dollars en paiements en trop effectués par l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) au bénéfice de Trinity Healthcare Services, une entreprise détenue par sa famille. Cherfilus-McCormick est soupçonnée d’avoir dirigé une partie des fonds vers sa campagne au Congrès, ce qui lui a permis d’emporter l’élection destinée à succéder au défunt représentant Alcee Hastings et de représenter le 20e district de Floride, qui englobe des portions de Broward et de Palm Beach. On l’accuse également d’avoir tiré profit du mécanisme, ses revenus ayant crû de plus de 6 millions de dollars au cours d’une même année, grâce à des versements émanant de Trinity, l’entreprise dont elle avait occupé les fonctions de PDG en 2021.

La congresswoman sous surveillance depuis des mois

Le procureur général adjoint a réagi à l’inculpation en rappelant que « l’utilisation des fonds d’aide en cas de catastrophes pour s’enrichir soi-même est un crime particulièrement égoïste et cynique », selon le département de la Justice. Il a ajouté: « Personne n’est au‑dessus des lois, pas même les personnes puissantes qui volent les contribuables à des fins personnelles. Nous suivrons les faits dans cette affaire et rendrons justice. » Ces accusations s’inscrivent dans une série d’épisodes qui ont mis Cherfilus-McCormick sous les projecteurs. En janvier, Trinity avait été poursuivie par la Division de gestion des urgences de Floride, l’agence qui aurait commis l’erreur de verser des paiements en trop, dont une opération de 5 millions de dollars. L’entreprise était chargée d’inscrire les personnes pour les vaccinations contre le COVID-19. En juillet, le Comité des Éthique et de la Chambre a approuvé une enquête distincte sur la congresswoman pour des irrégularités liées à des dons de campagne supposément connectés à des actions officielles, et pour des tentatives présumées de canaliser des fonds publics vers une organisation à but lucratif.

Réactions à ces accusations

Le leader de l’opposition démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a annoncé que Cherfilus-McCormick se mettrait en retrait de son rôle de leadership au sein du sous-comité des Affaires étrangères, conformément aux règles du parti concernant les parlementaires inculpés. Dans un communiqué, Jeffries a affirmé que « Sheila Cherfilus-McCormick a fièrement représenté les habitants de Palm Beach et de Broward depuis 2022. Conformément à la Constitution des États‑Unis, elle bénéficie d’un droit à un procès équitable et de la présomption d’innocence ». Cherfilus-McCormick a pour sa part publié jeudi une déclaration contestant les accusations : « Il s’agit d’une inculpation injuste, sans fondement et perçue comme une manœuvre destinée à détourner l’attention des grands enjeux nationaux. Depuis le premier jour, j’ai coopéré pleinement avec chaque demande légale et je continuerai à le faire jusqu’à ce que cette affaire soit résolue. » Toutefois, le républicain de Floride Greg Steube a affirmé qu’il entamerait une démarche visant à obtenir son expulsion du Congrès à la suite de ces charges.

Cherfilus-McCormick affirme qu’elle compte lutter pour sa réputation, sa carrière et peut-être sa liberté. Entre les inculpations fédérales et la perspective d’un vote d’expulsion à la Chambre des représentants, la congresswoman se retrouve engagée sur plusieurs fronts face à des accusations graves.


Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.