Une célébration dédiée à la maternité noire et à la réussite communautaire se prépare pour accueillir les mères noires et les futures mamans. Cette rencontre vise à transmettre des informations sur la santé maternelle, à favoriser les échanges et à donner du pouvoir aux femmes tout au long de leur parcours de grossesse. L’événement, organisé par Inland Empire Health Plan (IEHP) en partenariat avec la African Primary Healthcare Foundation (APHF), est programmé pour le samedi 16 août, de 13 h à 17 h, au IEHP Center for Learning and Innovation, situé au 9500 Cleveland Ave., à Rancho Cucamonga, CA 91730.
Le programme prévoit une table ronde animée par des spécialistes de la maternité, avec notamment Dr Ukachi Emeruwa, médecin perinatologue certifiée et modératrice du panel; Chantel Runnels, mère de quatre enfants et doulas active dans le Sud de la Californie; ainsi que Dr Toluwalase Ajayi, mère de trois enfants et experte en pédiatrie, hospice et soins palliatifs.
Cette initiative s’inscrit dans la mission d’IEHP consistant à « guérir et inspirer l’esprit humain », et à informer le public sur les ressources locales disponibles. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), les femmes noires présentent un taux de mortalité lié à la grossesse bien plus élevé que celui des femmes blanches. IEHP cherche à identifier des mécanismes permettant à la communauté et aux individus de contribuer à réduire ce chiffre.
Les données du CDC indiquent qu’en 2022, le taux de mortalité maternelle chez les femmes noires s’élevait à 49,5 décès pour 100 000 naissances vivantes, largement supérieur à celui des femmes blanches (19,0), hispaniques (16,9) et asiatiques (13,2). D’après le CDC, plus de 80 % des décès liés à la grossesse pourraient être évités.
« C’est à la fois une baby shower, un lieu où l’on collecte des ressources adaptées à la population noire et une séance d’éducation », explique Kanita Bourne, responsable des Services sociaux et communautaires chez IEHP. « Nous voulions offrir un espace où les femmes noires puissent privilégier la joie tout en accédant à des informations et à de la formation. L’idée est née, en grande partie, grâce à la African Primary Foundation. C’est elle qui nous a présenté ce projet », poursuit Bourne.
Dr Iheanacho Emeruwa, de l’APHF, a entendu parler d’un médecin au Tennessee qui avait organisé, il y a quelques années, un événement similaire à la Celebration of Black Motherhood. Cette initiative a inspiré l’équipe à apporter une démarche analogue dans la région de l’Inland Empire et à établir un partenariat avec IEHP, selon Bourne.
« En Amérique, nous avons tellement mis l’accent sur l’individualisme que les choses ne fonctionnent pas lorsque l’on agit seul. Il est temps de revenir à ce qui a fait ses preuves, notamment dans les communautés dites minoritaires : le soutien communautaire. Comment entourer les personnes qui traversent une naissance ou qui vivent des moments difficiles ? », déclare Bourne.
Perinatal mental health professionnelle, Bourne précise que les participants à l’événement apprendront à reconnaître les troubles de l’humeur périnatale, comme la dépression post-partum, l’anxiété post-partum et la psychose périnatale. Elle rappelle aussi qu’en période postnatale, le partenaire de la personne qui accouche peut développer une dépression postnatale si la personne qui accouche en souffre.
Elle se dit également impatiente d’entendre ce que le panel de sages-femmes, de doulas et de périnatologues aura à dire sur l’intersection entre being Black et grossesse à risque élevé, ainsi que sur les inquiétudes liées à l’accouchement dans le pays, compte tenu des taux élevés de mortalité maternelle.
Les invités auront accès à des ressources spécifiques à la réalité des Noirs enceintes dans la région de l’IE, à quelques cadeaux et à une séance photo rapide. « Beaucoup de personnes rêvent de prendre des photos de grossesse, mais n’en ont pas toujours les moyens, ou peut-être que ce désir reste en suspens parce que l’on se concentre avant tout sur la survie et le bien-être pendant ces moments difficiles », souligne Bourne.
« C’est une célébration de la maternité noire… il y aura de la danse, de la joie et une volonté de ramener l’allégresse dans l’expérience d’accoucher pour les personnes noires », ajoute-t-elle.
Elle aimerait transformer la Celebration of Black Motherhood en un rendez‑vous annuel qui soit utile non seulement aux mères noires, mais aussi à des personnes de tous horizons afin qu’elles s’épanouissent dans la santé maternelle. Elle envisage même de reproduire ce type d’événement pour d’autres populations qui rencontrent aussi des difficultés, évoquant l’idée d’une célébration de la maternité pour les populations autochtones américaines.
« Nous savons que le taux de mortalité maternelle chez les parturientes noires dans ce pays est le pire au monde. Mais, honnêtement, le taux de mortalité maternelle global en Amérique est déjà alarmant. Si nous arrivons à améliorer la situation pour les naissances noires, cela pourrait devenir un catalyseur pour améliorer la situation pour toutes les naissances dans le pays. Certains trouvent difficile de poursuivre le débat sur la santé maternelle noire, mais je pense que si nous réglons ce point, notre pays ira mieux globalement », conclut Bourne.





