Des législateurs de Louisiane portent une proposition qui pourrait, en pratique, priver Calvin Duncan du poste pour lequel il a été élu dans la paroisse d’Orléans, déclenchant des réactions vives chez les militants locaux et chez des figures publiques qui soutiennent que cette manœuvre mine la voix des électeurs issus d’une communauté majoritairement noire.
Selon Verité News, le texte envisagé mettrait fin au bureau du greffier et redistribuerait ses attributions; les détracteurs estiment que ce n’est pas une simple réorganisation administrative, mais une réponse directe à l’élection de Duncan. Les partisans présentent l’ensemble comme une réorganisation administrative dépourvue d’arrière-pensées politiques, tandis que les opposants soutiennent que le calendrier soulève des inquiétudes quant à une ingérence politique.
Malgré cette démarche, Duncan devrait encore être investi dans ses fonctions le 21 avril, d’après Fox 8 Live, ce qui laisse planer une incertitude sur l’avenir du poste.
Un triomphe historique façonné par une condamnation injustifiée
Duncan, qui a été condamné à tort à l’adolescence et qui a passé près de trois décennies derrière les barreaux avant d’être innocenté, a remporté l’élection au poste de greffier de la Cour criminelle de la paroisse d’Orléans plus tôt dans l’année. Pendant son incarcération, il s’est autoformé au droit et a agi comme « avocat en prison », aidant d’autres détenus à contester leurs condamnations et à naviguer dans le système judiciaire, selon l’Université de Californie, Berkeley, School of Law.
Son élection représente une étape majeure pour une personne autrefois incarcérée qui est ensuite devenue une porte‑ parole et une avocate de la justice, ce qui rend l’initiative visant à supprimer ce poste d’autant plus controversée.
Le conteste s’accentue lorsque les critiques qualifient la démarche de « raciste » et « antidémocratique »
La controverse a attiré l’attention nationale, notamment de la part de Wendell Pierce, originaire de la Nouvelle‑Orléans et acteur, qui a critiqué l’initiative dans un message publié sur X.
« En tant que résident de Nouvelle‑Orléans toute ma vie, j’ai été témoin d’attaques politiques et sociales racistes ciblées », a écrit Pierce. « Mais cette attaque contre Calvin Duncan ou le greffier de la paroisse d’Orléans dissipe toute idée que le GOP respecte la loi, les élections ou la Constitution. »
En tant que résident de Nouvelle‑Orléans toute ma vie, j’ai été témoin d’attaques politiques et sociales racistes ciblées, mais cette attaque contre Calvin Duncan ou le greffier de la paroisse d’Orléans dissipe toute notion que le GOP respecte la loi, les élections ou la Constitution
— Wendell Pierce (@WendellPierce) April 19, 2026
Des militants locaux se sont eux aussi exprimés. Gary Chambers témoigna en faveur de Duncan et décrivit le projet de loi comme une tentative d’imposer une lame d’air à la volonté populaire.
« Ce projet de loi visant à retirer le greffier du tribunal criminel ne s’inscrit pas dans une réforme. Il s’agit d’un geste de contrôle », a déclaré Chambers dans une déclaration publiée sur X. Il soutient que les législateurs privilégient le pouvoir politique au détriment de la résolution des problèmes structurels de l’État, et que cette démarche affecte de manière disproportionnée un électorat majoritairement noir à la Nouvelle‑Orléans.
Louisiana se classe près du bas dans presque tout ce qui compte — économie, criminalité, éducation, soins, infrastructures — mais au lieu de remédier à cela, ils s’attaquent à prendre le pouvoir d’une communauté noire majoritaire à la Nouvelle‑Orléans.
— Gary Chambers (@GaryChambersJr) April 16, 2026
La situation met en lumière les tensions plus larges qui agitent la Louisiane autour de la gouvernance, de la justice pénale et du contrôle local, alors que les critiques, Chambers notamment, soutiennent que la suppression d’un poste élu en réponse à un résultat électoral crée un précédent inquiétant.
Pour l’instant, Duncan est censé prendre ses fonctions, mais la perspective d’un texte législatif en suspens jette une ombre sur la solidité de cette victoire et sur l’avenir d’un jalon politique durement gagné.





