Rep. Sheila Cherfilus-McCormick a quitté le Congrès dans le sillage d’accusations selon lesquelles elle aurait détourné des millions de dollars d’aide fédérale. Sa démission, survenue juste avant que les députés n’abordent la question d’une éventuelle expulsion, en fait la troisième élue à quitter son poste ce mois-ci alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête éthique.
Cherfilus-McCormick démissionne, dénonce l’enquête sur l’éthique comme une « chasse aux sorcières »
Lorsqu’elle a été lue au pupitre de la Chambre, par Tylease Alli, l’une des signataires de la Chambre, la démission de Cherfilus-McCormick a été proclamée. « Je démissionne de mes fonctions au sein du 119e Congrès, en tant que représentante du 20e district de Floride, à compter du mardi 21 avril 2026 à 13 h 30 », pouvait-on lire dans le texte. Tout en célébrant l’honneur d’avoir servi son district, Cherfilus-McCormick a ajouté dans son message qu’« après une réflexion approfondie et des prières, j’estime qu’il est dans le meilleur intérêt de mes électeurs et de l’institution que je me retire à ce moment-là. »
Comme l’avait rapporté Pagesafrik.info auparavant, Cherfilus-McCormick avait été citée à comparaître au fédéral en novembre et accusée d’avoir détourné des fonds, prétendument surpayés par l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) pendant la pandémie de COVID-19, au profit de Trinity Healthcare Services, une société détenue par sa famille. On l’accuse d’avoir tiré profit personnellement de ce montage et d’avoir acheminé une partie des fonds vers sa campagne victorieuse de 2022 pour le Congrès. Elle a vigoureusement nié les accusations. Néanmoins, un comité bipartisan des Ethics de la Chambre a jugé la semaine précédente qu’elle avait enfreint plusieurs règles éthiques après des audiences. Après sa démission, Cherfilus-McCormick a publié une déclaration défiante critiquant l’audience et la qualifiant de « chasse aux sorcières » qui aurait porté atteinte à ses droits procéduraux et entaché sa réputation.
Dernier responsable entaché par un scandale à démissionner de ses fonctions
Le dossier pénal visant Cherfilus-McCormick doit être porté devant les tribunaux en 2027; si elle était condamnée sur l’ensemble des chefs d’accusation, elle pourrait encourir plus d’un demi-siècle d’emprisonnement. L’enquête du Comité d’éthique de la Chambre aurait toutefois pu déboucher sur une expulsion, et Cherfilus-McCormick a offert sa démission seulement quelques minutes avant que le comité ne tranche sur une éventuelle expulsion ou sur une autre sanction. Les expulsions de la Chambre restent rarissimes et surviennent généralement après une condamnation pénale. Toutefois, la plus récente expulsion, celle de George Santos, républicain de New York, a été prononcée alors qu’il était encore poursuivi par des accusations de fraude fédérale, posant un précédent qui aurait pu influencer le cas de Cherfilus-McCormick si elle avait été expulsée avant le procès.
La Floride a vu cette semaine sa troisième figure majeure du gouvernement annoncer sa démission sous le coup de graves allégations éthiques. Plus tôt dans le mois, le représentant démocrate Eric Swalwell a interrompu sa candidature à la gouvernance de la Californie et a annoncé quitter le Congrès après que plusieurs femmes l’ont accusé de comportements sexuels inappropriés, y compris des allégations de viol. Le républicain Tony Gonzales, du Texas, a également démissionné au milieu de reproches d’avoir entretenu une relation avec une collaboratrice qui s’est suicidée par la suite; une seconde ancienne collaboratrice l’a aussi accusé d’avoir envoyé des messages à caractère sexuel. Deux des trois membres du cabinet de l’ancien président Donald Trump à être licenciés cette année — Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, et Lori Chavez-DeRemer, secrétaire au Travail — avaient, eux aussi, été confrontés à des accusations d’inconduite envers leurs subordonnés.
Aujourd’hui, Cherfilus-McCormick se joint à cette lignée de hauts responsables qui s’éclipsent sous le voile d’un scandale. Sa démission n’éteint pas l’éventuelle épreuve judiciaire qui l’attend et, ses mots à contrecœur affirmant son intention de se battre devant la justice laissent apparaître qu’elle prépare une défense vigoureuse, désormais en tant que simple citoyenne privée, son mandat au Parlement s’étant achevé brutalement.





