Divertissement

Les stars de ‘Belle Collective’ à Birmingham expliquent ce qui les distingue des Jackson Belles.

Belle Collective: Birmingham prend le relais sur OWN avec une nouvelle franchise et son premier spin-off, désormais diffusé les vendredis à 20h sur la chaîne. Porté par Stormi Steele, ancienne participante de Love & Marriage: Huntsville et force motrice derrière la marque Canvas Beauty en expansion constante, le collectif réunit aussi des femmes ambitieuses qui partagent cette énergie déterminée.

Parmi elles, Amber Jones occupe le poste de directrice financière et se présente comme la « partenaire d’affaires » et âme sœur professionnelle de Stormi, guidant la stratégie financière derrière la croissance rapide de Canvas. Bien implantée à Birmingham, Amber est reconnue comme quelqu’un qui connecte les cercles sociaux et économiques les plus influents de la ville. Si elle se targue d’une loyauté sans faille envers Stormi et la mission Canvas, son style de communication direct et ses opinions bien arrêtées peuvent parfois provoquer des frictions au sein du groupe. Des tensions passées entre Amber et K’la refont surface lorsque les frontières personnelles et professionnelles commencent à se brouiller.

Funmi Ford, pour sa part, est une stratégiste marketing américano-nigériane et influenceuse mode, connue pour son instinct aigu en affaires, son style audacieux et une personnalité sans compromis. Forte d’un solide bagage en branding et marketing, Funmi excelle à aider les entreprises à se développer tout en consolidant sa propre montée en puissance dans les domaines de la mode et du lifestyle. Cependant, jongler entre ambitions et vie de famille se révèle complexe, car Funmi doit gérer des tensions conjugales liées notamment aux finances, aux priorités et à la connexion émotionnelle. Son authenticité et son franc-parler en font une présence dynamique au sein du collectif, même si son esprit franc peut déstabiliser les plus réservées Belles.

Avant la diffusion, Shadow and Act, journal de Pagesafrik.info, a échangé avec Funmi et Amber sur ce qui attend les spectateurs lors de leur première saison. Et toutes deux estiment qu’il y a une raison pour laquelle la franchise s’est installée à Birmingham.

Le débat s’ouvre sur la connaissance des franchises originales Belle Collective et Jackson. Amber explique qu’elle n’est pas une grande adepte de la télévision et qu’elle a regardé en mode binge-watch pour comprendre les propriétaires d’entreprises et leur façon de naviguer dans la vie. Pour Funmi, c’est sensiblement pareil: elle n’a pas suivi les télé-réalités auparavant et s’est aussi plongée dans la première saison afin de saisir l’ADN des femmes, ce qui l’a convaincue de leur intérêt et de leurs parcours.

Sur ce qui distingue les belles du Mississippi de celles d’Alabama, Amber souligne la diversité des profils: des parcours professionnels variés, des histoires distinctes et des origines culturelles multiples qui colorent le collectif. Funmi insiste sur l’absence d’un Nigérian dans le casting de Jackson et affirme que cette diversité des récits est essentielle pour différencier Birmingham.

Pourquoi avoir choisi le format réalité maintenant, alors que cela peut sembler intimidant? Funmi répond que son activité de créatrice de contenu s’est toujours articulée autour d’une approche maîtrisée de vulnérabilité – une « vulnérabilité contrôlée » – et que ce nouveau chapitre lui permettait d’étendre sa visibilité tout en présentant sa culture à grande échelle. Son mari a été une source majeure de motivation, l’encourageant à franchir le pas et à partager davantage son univers.

Amber précise qu’elle a saisi l’opportunité pour s’ouvrir à un public plus large; en tant que personne privée, elle a souhaité montrer que sa vie pourrait inspirer de nombreuses femmes, notamment les célibataires, en démontrant qu’il est possible de tracer son chemin personnel et pro selon son propre calendrier et ses propres choix.

Concernant l’éventuelle tension entre une amitié déjà établie et une collaboration professionnelle potentiellement fragilisée par la téléréalité, Amber indique n’avoir jamais été réellement inquiète. Elle distingue clairement le privé du professionnel et estime que le reality TV expose surtout une vie personnelle, même si l’entreprise et la collaboration font partie du récit. Son approche est d’être la meilleure leader possible pour ses clientes et de se concentrer sur l’impact positif plutôt que sur les risques.

Funmi, elle, explique que quitter son monde très cadré pour la télévision demande un ajustement, même si elle a déjà l’habitude de produire du contenu lifestyle. Elle rappelle que la caméra peut être intrusive et nécessiter d’aller plus loin dans l’intimité de son quotidien. Pour elle, l’objectif final est que les spectateurs s’identifient à elle – Nigérians et Nigériano-Américains, mères et épouses qui gèrent plusieurs casquettes – afin qu’ils puissent se sentir représentés et compris. Elle insiste aussi sur le fait qu’on ne peut pas maîtriser entièrement la manière dont le public interprète ce qu’on montre; il faut accepter que les réactions ne dépendront pas de nous et rester fidèle à soi-même face à la narration d’autrui.

À propos du caractère sudiste et de la pertinence de ce lieu dans les programmes télévisés, Amber met en avant l’hospitalité du Sud: une qualité qui caractérise les femmes de cette région et qui se manifeste dans une variété de contextes. Elle décrit Birmingham comme un parfait équilibre entre rythme et quiétude – ni trop rapide, ni trop lent – et comme un endroit exceptionnel où il fait bon vivre, réunissant une diversité d’expériences culturelles au sein d’un paysage urbain.

Funmi partage ce sentiment en parlant des idées reçues qui entourent le Sud et l’Alabama, des stéréotypes qui persistent malgré les avancées: Birmingham est une ville développée, avec d’excellentes écoles et des foyers élégants, loin d’un cliché rural dépassé. Elle espère que le public comprenne à travers la série que Birmingham est une ville progressiste et moderne, et que ce qui est montré peut aider à changer l’image du Sud.

Chaque membre du collectif aspire à ce que les spectateurs retiennent des parcours individuels: Funmi veut montrer qu’on peut tout concilier sans prétendre à la perfection, en équilibre entre maternité, vie conjugale, entrepreneuriat et loyauté envers soi-même. Pour Amber, il s’agit d’apprendre à avancer à son propre rythme, sans se comparer aux autres et en comprenant que ce que la vie réserve est calculé pour chacun selon son chemin et ses moments propres.

Et côté secrets dramatiques à venir, Funmi promet une touche d’inattendu autour d’un « mop » devenu phénomène, tandis qu’Amber laisse entrevoir l’étrange potentiel autour d’un objet ordinaire – le mop – qui pourrait voler la vedette, en faisant sourire les participantes face à ce qu’ils ne soupçonnaient pas.

En somme, Belle Collective: Birmingham présente une équipe prête à écrire un nouveau chapitre en Alabama, en mêlant affaires, style et authenticité. Le mélange de personnalités promet des dynamiques riches, entre ambitions partagées et défis personnels, dans un cadre sudiste aussi chaleureux que complexe.

Note: l’interview et les échanges évoqués ci-dessus proviennent d’entretiens préliminaires accordés par les participantes à Shadow and Act, et reflètent leur vision du projet avant le début de la diffusion.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.