Divertissement

Le casting de DTF St. Louis explore le désir et la tromperie dans la dramedie sombre d’HBO.

Dans sa nouvelle dramedie sombre signée HBO, DTF St. Louis, la série s’intéresse au désir des adultes d’âge moyen en mêlant tromperies, vie de banlieue et meurtre. Elle suit trois personnages qui doivent faire face aux retombées lorsque la solitude, l’égo et la curiosité les entraînent vers des conséquences bien plus dangereuses qu’elles ne l’avaient imaginé.

Le créateur Steven Conrad a expliqué qu’il a choisi d’accroître rapidement l’enjeu dès les premiers épisodes, surtout après l’énoncé marquant du tout premier épisode.

« Si des choix malheureux mèvent à d’autres choix encore plus lourds, et ainsi de suite, alors on tient vraiment une bonne série entre les mains », a confié Conrad à Shadow and Act de Pagesafrik.info. « Mon idée était de montrer, à travers ce défi précis, des vies qui, autrefois discrètes, ne peuvent plus rester silencieuses pour diverses raisons, menant à des conséquences incontrôlables. Le cadre est posé dans un endroit qui paraît normal à quelqu’un qui n’y vit pas, ou qui passe juste, dans le but de révéler que ces passions, ces désirs et ces curiosités dangereuses existent partout, derrière chaque porte. Personne n’est vraiment “normal”; seul le regard extérieur peut faire croire le contraire. »

Un triangle amoureux qui dérape

DTF St. Louis suit le couple marié formé par Floyd (David Harbour) et Carol (Linda Cardellini), ainsi que leur ami Clark Forrest (Jason Bateman), un météo local dont le charme à l’antenne masque des impulsions plus profondes.

« Je pense que le personnage est perçu comme une suspecte dans l’esprit du public », indique Cardellini. « La manière dont l’histoire est conduite vous amène à douter d’elle, et c’est là toute la beauté du récit: les tournants touchent différents personnages, et les rebondissements vous mènent à vous demander qui sera la prochaine personne soupçonnée. Mais Carol apparaît d’emblée comme plus mystérieuse. Floyd, lui, est doté d’un cœur très ouvert. »

Elle ajoute que Carol est davantage enveloppée dans le mystère, ce qui sert le récit et reflète aussi qui est vraiment cette femme. « Elle n’est pas aussi généreuse et ouverte; elle a été blessée et a vécu une vie différente de celle du couple, et elle tente de survivre du mieux qu’elle peut, de déceler ce dont elle a besoin et de trouver comment obtenir du pouvoir dans n’importe quelle situation. »

Bateman a commenté que l’assurance de Clark crée, au final, plus de danger que la naïveté de Floyd.

« Il faut faire attention à ce que l’on croit tout savoir, car il reste toujours quelque chose à apprendre. Dans ma vie, si je la mène correctement, je me pousse constamment vers quelque chose que je connais de moins en moins », a-t-il déclaré.

« Clark agit sans doute ainsi, peut-être un peu trop vite et trop loin, et surtout vis-à-vis de quelqu’un à qui il tient énormément, Floyd. Il tente de compenser en attirant Floyd dans ce site DTF, espérant que Floyd trouvera quelqu’un qui puisse lui apporter les bénéfices que Clark retire avec la femme de Floyd. Il cherche à être généreux et presque altruiste, mais cette démarche finit par causer des dégâts », a ajouté Bateman.

Deux détectives qui refusent d’abandonner l’enquête

À la fin du premier épisode, les détectives Jodie Plumb (Joy Sunday) et Donoghue Homer (Richard Jenkins) se lancent dans l’enquête sur un meurtre, et au fur et à mesure qu’ils creusent, l’affaire devient de moins en moins simple.

« Elle s’applique vraiment à tout aborder avec curiosité et compréhension », souligne Sunday. « On peut penser que Jodie n’adhère peut-être pas entièrement à ce principe, tant sa perception du système global est marquée par du scepticisme. En fin de compte, ce qu’elle recherche, c’est la vérité et que tout le monde puisse s’en trouver aidé. »

Pour Jenkins, son personnage est un enquêteur chevronné qui doit lui aussi remettre en question ses propres présomptions.

« Il pense vraiment avoir la solution dès le départ. C’est une réflexion un peu triste sur son statut de policier. C’est son dernier dossier, et au fil des années, il a appris à supposer ce qui n’est pas nécessairement vrai. Cependant, quand les preuves se présentent, il les voit. Il ne les nie pas, comme il le dit, “tu n’es pas censé apporter des éléments que je n’ai pas demandés, et je ne t’ai pas demandé ça.” Mais en même temps, la prochaine fois, il admet que “c’est réel.” Il y a donc de l’espoir. Il évolue grâce à elle. »

DTF St. Louis propose de nouveaux épisodes les dimanches à 21h, et ce jusqu’au final de la saison prévu le 12 avril.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.