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L’université CSU San Bernardino parmi celles sous enquête par le ministère américain de l’Éducation

Vue d’ensemble

Résumé : La California State University, San Bernardino, figure parmi les 51 établissements d’enseignement supérieur actuellement sous le coup d’une enquête menée par le Département de l’Éducation américain. La raison de cette inspection concerne des soupçons d’adopter des pratiques discriminatoires visant à exclure certains groupes raciaux dans leurs programmes de formation avancée. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un ordre exécutif émis par le président Donald Trump, qui a mandaté le secrétaire à l’Éducation de prendre toutes les mesures nécessaires pour encourager la fermeture du Département de l’Éducation. La CSU a reconnu l’existence de cette investigation, affirmant qu’elle collaborera pleinement avec les autorités et respectera légiférations fédérales et locales.

La California State University, San Bernardino, a été désignée comme l’un des établissements faisant l’objet d’une enquête par le Département de l’Éducation des États-Unis dans le contexte des efforts de l’administration Trump visant à démanteler cette entité gouvernementale.

Le 20 mars, le président Donald Trump a signé un décret exécutif qui ordonne au secrétaire à l’Éducation de « prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter la fermeture du Département de l’Éducation ».

Selon le rapport d’enquête initié par le Bureau pour les Droits Civiques (OCR) du Département de l’Éducation, des accusations ont été formulées contre la CSU de San Bernardino et d’autres universités pour non-respect du Titre VI de la Loi sur les Droits Civiques de 1964. Ces accusations portent sur une collaboration présumée avec « The Ph.D. Project », une initiative lancée en 1994 afin de soutenir financièrement et pédagogiquement des étudiants issus de « groupes sous-représentés » qui poursuivent un doctorat en gestion ou dans d’autres disciplines.

« Le Département s’attelle à recentrer ses efforts en matière d’application des droits civiques pour garantir la protection de tous les étudiants contre toute discrimination illégale… La présente annonce marque le prolongement de nos efforts pour empêcher que les universités imposent des discriminations raciales ou se fondent sur des stéréotypes liés à la race », a précisé Linda McMahon, secrétaire à l’Éducation des États-Unis, dans une déclaration.
Outre la CSU de San Bernardino, d’autres universités californiennes sont également sous investigation pour des pratiques supposées de discrimination raciale dans leurs programmes de formation postsecondaire : il s’agit notamment de Cal Poly Humboldt et de l’Université de Californie à Berkeley.

Une déclaration transmise par courriel par Alan Llavore, spécialiste principal des relations médiatiques à la CSU, a confirmé la tenue de cette enquête. Il a indiqué que l’université examinera avec attention les accusations portées contre elle.

« Nous avons l’intention de coopérer avec le Bureau des Droits Civiques du Département de l’Éducation dans le cadre de toute procédure. La CSU respecte depuis longtemps les lois fédérales et locales en vigueur ainsi que ses propres politiques, et elle ne pratique aucune discrimination ni préférence fondée sur la race, le sexe, la couleur, l’origine ethnique ou nationale », a-t-il précisé dans sa déclaration.

Avant même le lancement de l’enquête, Craig Trainor, secrétaire ad intérim adjoint, avait envoyé aux mêmes établissements une lettre intitulée « Dear Colleague » dans laquelle il leur demandait de cesser d’utiliser des « préférences raciales et des stéréotypes » comme critères d’admission.

« Ces dernières années, des institutions américaines ont été accusées de pratiquer une discrimination à l’encontre d’étudiants en se fondant sur leur origine raciale, y compris des étudiants blancs ou asiatiques. Beaucoup d’entre eux proviennent de milieux défavorisés ou ont des faibles revenus », a déclaré Trainor dans cette missive. « La mise en place de préférences raciales systématiques et d’autres formes de discrimination raciale dans le monde académique est devenue une pratique répandue, choquante et inacceptable ».

Depuis la publication de cette lettre et la mise en œuvre d’ordres exécutifs visant à éliminer les politiques visant la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI), plusieurs universités associées au Ph.D. Project ont mis fin à leurs partenariats. Par exemple, l’Université de l’Iowa s’est retirée de son partenariat avec cette organisation, suite à plusieurs directives émanant du Conseil des régents interdisant toute démarche DEI. Le 19 mars, l’Université du Kentucky a également publié une déclaration officielle annonçant la « résiliation de tout contrat liant l’université au Ph.D. Project ».
Malgré ces ruptures, le président-directeur général du Ph.D. Project, Alfonzo Alexander, a affirmé lors d’un entretien avec Poets & Quants : « Nous croyons en notre mission. Nous croyons au pouvoir de l’éducation, à la représentation et au mentorat. Et nous ne reculerons pas face à ces attaques. »

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.