Alors que les anciennes communautés Gullah-Geechee du sud‑est des États‑Unis luttent pour préserver leur culture et leurs foyers, leur combat s’étend désormais jusqu’aux lieux de repos des générations précédentes. Un collectif représentant les Gullah-Geechee en Caroline du Sud a obtenu une victoire partielle concernant l’accès à un cimetière où reposent leurs proches et voisins.
Lutte pour l’accès au cimetière
Selon Capital B News, des habitants Gullah-Geechee sur l’île de St. Helena, considérée comme le centre culturel de la communauté, participent à un procès contre plusieurs propriétaires fonciers au sujet de l’accès au Big House Cemetery. Les plaignants soutiennent que des portes verrouillées ont été installées par certains propriétaires voisins, restreignant l’accès au cimetière pour des actes comme les funérailles et les inhumations. Les avocats des propriétaires soutiennent que leurs biens ont été endommagés et dégradés par les personnes utilisant le site. Les défendeurs affirment qu’un autre chemin existe pour atteindre le cimetière, alors que les plaignants estiment que ce chemin alternatif est insuffisant pour accueillir des véhicules et empêche l’accès au site.
Victoire préliminaire des plaignants Gullah-Geechee
Le différend oppose les membres historiques de la communauté Gullah-Geechee — descendants d’Africains de l’Ouest réduits en esclavage et ayant constitué des communautés insulaires dans des États du Sud-Est, tels que la Caroline du Sud — à des arrivants plus récents qui achètent des terres et transforment ces zones en espaces plus privilégiés. Dans le dossier du Big House Cemetery, le cimetière est la propriété de Sheila Middleton, qui, ainsi que sa fille Tamika Middleton, figure parmi les plaignants. Les propriétaires voisins Theresa Aigner, Robert Cody Harper et Walter Robert Harper Jr. détiennent les terrains environnants et ont installé les barriers contestées. Le 20 février, les plaignants ont obtenu une victoire partielle lorsque la juge de circuit Carmen T. Mullen a émis une injonction temporaire exigeant l’ouverture des grilles pour les services funèbres et l’entretien du cimetière. L’ordonnance prévoit toutefois des demandes écrites préalables pour accéder au cimetière et une caution de 5 000 dollars des plaignants pour d’éventuels frais de réparation dus à des dommages causés par des véhicules.
Les communautés restent sous menace
Le combat autour du Big House Cemetery s’inscrit dans une lutte plus vaste menée par les Gullah-Geechee, qui doivent faire face à l’exode et à la gentrification qui menacent leur existence en tant que communautés distinctes et porteuses d’une culture unique. En Caroline du Sud, une grande partie des terres de la communauté a été réorientée vers des hôtels et des parcours de golf. Une communauté Gullah-Geechee en Géorgie a récemment obtenu une victoire avec l’abrogation d’une loi d’urbanisme qui autorisait la construction de maisons volumineuses susceptibles de rendre inabordable le logement pour les résidents actuels. Cependant, les terres Gullah-Geechee restent sujettes à l’empiètement des promoteurs et à la montée des eaux.
Dans des États tels que la Caroline du Sud, la Géorgie et la Floride, les Gullah-Geechee ont maintenu des communautés préservant des éléments de leur héritage ouest‑africain, façonnés par l’expérience de l’asservissement puis de la libération. Aujourd’hui, le groupe de résidents de l’île de Saint‑Helena s’efforce de maintenir un lien physique avec le dernier lieu de repos des membres de leur communauté et s’est rapproché de son objectif consistant à garder ouvert et accessible un cimetière important.





