La firme spécialisée dans l’intelligence artificielle fondée par Elon Musk fait l’objet d’une procédure pour les répercussions négatives sur l’environnement liées à un centre de données situé dans l’État du Mississippi. Par ailleurs, l’administration Trump cherche à faire résilier la plainte, soutenant que le centre xAI est d’une importance stratégique pour la nation et ne peut être soumis à des règles de qualité de l’air.
Le département de la Justice invoque la sécurité nationale et demande le rejet de la poursuite environnementale
Le New York Times a rapporté que le ministère de la Justice a déposé, lundi, une note destinée à un tribunal fédéral pour demander l’annulation d’une action en justice visant xAI pour son utilisation de dizaines de turbines à combustion au carburant gazier dans son centre de données près de la frontière avec le Tennessee, dans le Mississippi.
Le DOJ soutient que le tribunal devrait rejeter cette affaire fondée sur la Clean Air Act, arguant que xAI revêt une importance trop cruciale pour la sécurité nationale.
Dans le mémo, Stanley Woodward Jr., procureur général adjoint, affirme que la poursuite cherche « à couper l’approvisionnement en énergie nécessaire à l’innovation en intelligence artificielle soutenant les opérations militaires » et devrait ainsi être rejetée.
La note met également en avant que la recherche d’une « suprématie mondiale en IA » constitue un intérêt fondamental de l’État fédéral.
L’argument du DOJ ne se limite pas au centre de Mississippi. Il soutient plutôt que le gouvernement fédéral possède en général l’autorité de repousser des poursuites environnementales intentées par des particuliers ou des organisations privées.
NAACP: le centre serait une source de pollution de l’air dans les communautés noires
L’action en justice visait le centre xAI et son recours à des turbines portables alimentées au gaz dans l’installation du Mississippi, et a été déposée par la NAACP.
Auparavant, le Département Mississippi des Qualité de l’Environnement avait décidé que xAI n’avait pas besoin de permis pour opérer ces turbines, et la société affirme que les turbines sont temporaires et, par conséquent, ne relèvent pas de la réglementation fédérale sur l’environnement selon la Clean Air Act.
La NAACP soutient qu’elle a le droit de contester le projet en vertu de la Clean Air Act, avançant que l’installation figure parmi les plus grands émetteurs d’oxydes d’azote, une substance responsable du smog, ainsi que d’autres polluants atmosphériques comme le formaldéhyde.
Selon l’action en justice, cette pollution toucherait de manière disproportionnée les communautés noires et d’autres populations vulnérables de la région.
Musk, l’IA et le racisme environnemental
Le conflit entre la NAACP, xAI et le DOJ met en lumière plusieurs enjeux qui convergent, notamment l’influence croissante d’Elon Musk, le déploiement massif d’installations de données et les manifestations persistantes de racisme environnemental.
Musk, qui est récemment devenu la première personne à atteindre une fortune évaluée à un trillion de dollars, est souvent critiqué pour les effets négatifs de son programme politique d’extrême droite et de son pouvoir économique et politique grandissant, tant aux États-Unis qu’à l’étranger.
Parmi ses nombreuses entreprises, il occupe une place centrale dans l’expansion de l’IA et dans le développement rapide de grands centres de données, qui sont eux aussi pointés du doigt pour leurs conséquences environnementales et leur impact économique à long terme.
Des spécialistes ont averti, par exemple, qu’un centre xAI à Memphis aurait créé une « crise sanitaire publique » liée à la pollution atmosphérique, touchant de manière disproportionnée les communautés noires et d’autres populations vulnérables.
Ce ne sont là que quelques illustrations des formes possibles de racisme environnemental affectant les communautés noires, notamment dans le Sud des États, avec la pollution de l’air et des ressources en eau.
Il est peu probable qu une seule action en justice résolve l’ensemble de ces problématiques. Toutefois, l’affaire du Mississippi pourrait influencer fortement la mesure dans laquelle des citoyens privés et des organisations peuvent recourir aux tribunaux pour lutter contre la pollution, tout en interrogeant les pouvoirs des grandes entreprises à déverser des polluants dans les zones où elles opèrent.





