Culture

Iyanla Vanzant affirme que l’hygiène spirituelle est l’objectif pour 2026, avec un nouveau livre.

Iyanla Vanzant revient sur le devant de la scène avec son premier livre en sept années. Cet opus, entièrement consacré à une pratique qu’elle nomme l’hygiène spirituelle, propose une approche nouvelle et pratique pour nourrir l’âme et l’esprit au quotidien.

Dans Spiritual Hygiene: A Practical Path for Clean Living, Inner Authority, and Divine, la figure emblématique de Fix My Life guide les lecteurs sur un chemin de mémoire, de restauration et de réalignment de leur « temple intérieur ». Le livre place l’accent sur l’idée que, tout comme nous veillons à notre hygiène physique, notre bien-être mental, émotionnel et spirituel nécessite aussi une attention consciente et une maintenance sacrée, jour après jour.

Cette œuvre s’inspire de la vie et du décès de la fille d’Iyanla, Nisa, ainsi que de son propre parcours de guérison. Elle enseigne que la propreté intérieure ne se limite pas aux moments de crise ou de rupture, mais s’inscrit dans une pratique quotidienne destinée à libérer les congestions, les brouillages et le désordre accumulé au fil des années.

Parallèlement à la sortie du livre, Iyanla réintroduit Fix My Life dans une nouvelle formule sur la chaîne OWN. Dans la série Inside the Fix, elle revisite douze épisodes emblématiques et marquants de l’émission, propose de nouveaux commentaires et offre aux spectateurs l’occasion de s’accompagner eux-mêmes sur le chemin de la guérison, grâce à des prompts de journal téléchargeables.

À l’approche de la nouvelle année, Pagesafrik.info s’est entretenu avec Iyanla pour discuter de son nouveau livre et de la signification véritable de l’hygiène spirituelle.

Le texte débute par une réflexion sur la période où Iyanla s’était quelque peu retirée des écrans, non pas pour fuir le divertissement, mais pour privilégier une forme d’« intérieur-tainment ». Elle explique avoir trouvé sa place sur la route de la connaissance et de l’enseignement, particulèrement lors de la tournée d’automne Tonight’s Conversation Live. L’auteure partage son expérience d’être sur une scène avec d’autres experts et d’être confrontée à des avis variés tout en soutenant ceux qui cherchent à apprendre et à guérir.

Pour elle, Tonight’s Conversation est une initiative séduisante car elle s’adresse à un public plus jeune et met en lumière des enseignants et orateurs émergents. L’objectif central est ladimension relationnelle de l’expérience humaine, l’un des pièges majeurs que nous rencontrons dans nos vies, et la diversité des approches présentées cadre bien avec cette ambition. En tant que figure pionnière du panel, elle considère l’expérience utile et nécessaire.

Le dialogue se poursuit sur la nature du public présent aux spectacles. L’observation d’Iyanla est que, malgré les efforts pour maintenir des clivages, les spectateurs constituent une audience intergénérationnelle et multiforme, allant de la vingtaine à la soixantaine ou plus. Elle souligne que cette pluralité démontre que nous traversons des problématiques similaires et que nous cherchons tous les mêmes réponses, peu importe nos origines ou notre âge.

Le nouveau livre est présenté comme un mélange de mémoire et de guide. C’est son premier ouvrage en sept ans et il s’attache à l’hygiène spirituelle. Pour la conceptrice, l’hygiène spirituelle signifie nettoyer chaque jour ce qui se trouve à l’intérieur, tout comme nous entretenons nos surfaces extérieures. On se lave les dents, on se coiffe, mais l’heure est venue de renforcer le cœur et l’âme. L’idée est d’entretenir quotidiennement l’intérieur afin d’éliminer la congestion, le brouillard et le désordre accumulés avec le temps.

Le livre propose plusieurs principes pour entamer ce cheminement, sachant que l’hygiène spirituelle est une pratique qui s’accumule avec le temps. Parmi eux : lâcher les schémas émotionnels toxiques, établir des limites saines, identifier les traumatismes, renouer avec son sens profond et agir avec intention, accueillir la douleur tout en apprenant à prospérer quelles que soient les épreuves. Une question revient souvent : existe-t-il un fil conducteur commun à ces principes ? La réponse d’Iyanla est sans ambiguïté : la conscience de soi. Comprendre qui l’on est, ce que l’on fait, pourquoi et comment, et les effets que cela produit. Beaucoup de personnes vivent sans pleine connaissance d’elles-mêmes, agissant par habitude, addiction ou inconscience. L’hygiène spirituelle, rappelle-t-elle, allume une lumière intérieure qui permet d’observer, comprendre et questionner ses propres réactions, sentiments et résultats.

On aborde aussi, dans l’échange, les mécanismes de répétition et les cycles, et l’année 2025 est évoquée comme une période particulièrement difficile pour nombre d’individus. Selon la numérologie, 2025 représente une année universelle de neuf, symbole de rupture des schémas et de fin de relations qui ne servent plus. Cette période est perçue comme un temps nécessaire pour la réflexion et la croissance personnelle. Le livre apparaît donc comme une réponse à ces dynamiques : une invitation à tourner la page et à regarder en soi plutôt que de chercher des solutions à l’extérieur. Beaucoup ont vu des fondations fissurées, du moisi ou du mollissant dans leur vie, dans le monde politique ou dans des engagements comme la diversité et l’inclusion (DEI). Le message est clair : il faut redéfinir son identité et s’appuyer sur une autorité intérieure pour vivre de manière plus libre et authentique.

L’annonce du retour de Fix My Life, dans une forme réimaginée, s’inscrit dans ce même esprit. Cette fois, l’émission propose une rétrospective des épisodes les plus marquants, avec des analyses actualisées qui portent sur les « fixes » passés et sur ce qui a ou n’a pas fonctionné. Comment les épisodes ont-ils été choisis ? On s’est intéressé aux douze épisodes les plus regardés, afin de toucher un public déjà familier avec ces histoires. Aucun épisode n’a été retenu par souci éthique : Jay Williams, le père de 34 enfants, a été écarté puisque les enfants sont aujourd’hui adultes et que leur vie privée serait perturbée par une mise au jour publique. Le protocole retenu privilégie des épisodes qui résonnent avec l’actualité contemporaine, tout en offrant un regard sur ce qui se cache sous la surface et sur l’applicabilité pratique pour le public aujourd’hui. Chaque épisode bénéficie d’un cahier d’exercices téléchargeable, afin que chacun puisse tirer la leçon, réfléchir et s’approprier l’expérience, même des années après la diffusion.

La discussion souligne aussi qu’il ne s’agit pas uniquement de divertissement. L’objectif est de fournir des outils concrets de guérison et de réconciliation qui accompagnent les personnes dans leur vie quotidienne, au-delà des écrans et des étiquettes médiatiques. Les épisodes, bien que tournés près d’une décennie plus tôt, trouvent aujourd’hui une résonance nouvelle, en résonance avec les enjeux actuels.

Enfin, on aborde le potentiel d’un éventuel reboot. Que répondre à ceux qui en veulent davantage ? La réponse est simple et ferme : il faut contacter OWN et clarifier les conditions, car cette démarche ne vise pas seulement le divertissement, mais le changement réel et durable. Le mouvement commence par une remise en question des comportements collectifs qui favourisent les attaques ou les cancellations, et propose une approche fondée sur l’empathie et la responsabilité personnelle. Dans cet esprit, l’émission revient à travers une perspective axée sur le soin, la réconciliation et des outils concrets pour transformer la vie des gens, plutôt que sur la polémique.

En somme, Spiritual Hygiene propose une invitation à revenir à soi, à clarifier ses intentions et à cultiver une autorité intérieure capable de guider chacun vers une existence plus libre et plus épanouissante. Fix My Life, réinventé, devient un espace de réflexion sur les histoires qui touchent à la vie réelle, et des ressources pratiques pour s’en servir comme levier de changement dans le quotidien.

Aminata Joly

Aminata Joly

Journaliste française, née au Congo, je m’intéresse aux dynamiques sociales, culturelles et politiques qui traversent les communautés noires, en France et ailleurs. À travers mes articles, je cherche à questionner les récits dominants et à mettre en lumière des voix souvent marginalisées. Mon travail s’inscrit dans une démarche engagée, documentée et résolument antiraciste.