Quelle saison 2025-2026 pour les Clippers de Los Angeles. L’intersaison du club a été marquée par des rumeurs évoquant des pratiques potentiellement discutables dans le cadre du recrutement de Kawhi Leonard. Puis est intervenu un tournant retentissant lorsque l’annonce du retour de Chris Paul dans l’organisation qui l’a révélée a été rendue publique. Il a choisi d’effectuer sa dernière saison sous les couleurs des Clippers, un choix largement commenté et largement reconnu. La semaine dernière, l’équipe a pris la décision de renvoyer Paul. Apparemment, son style de leadership n’aurait pas trouvé son écho auprès du personnel en place. De nombreuses questions demeurent, mais au cœur de tout cela demeure une idée: les Clippers savent comment faire parler d’eux et poursuivre leur trajectoire.
Un regard rétrospectif
Kawhi Leonard, si l’on en croit Stephen A. Smith, serait décrit comme l’un des talents de superstar les plus ambivalents de l’histoire du basket. Cette étiquette ne serait pas attribuée à sa simple virtuosité, mais plutôt à des questionnements autour de son leadership. Le temps passé à l’écart en raison des blessures, l’absence de communication marquée, et même un engagement parfois jugé insuffisant pour promouvoir l’image des Clippers: tout cela continue de suivre le joueur. Malgré cela, lorsque Leonard est sur le parquet, il parvient à attirer l’attention et à apporter des prestations de haut niveau qui restent rémunératrices quand il est disponible.
Les nouvelles selon lesquelles Leonard ferait l’objet d’une enquête lors de l’intersaison précédente, au sujet d’éventuels paiements sous la table liés à des entités associées à l’organisation des Clippers, ont été perçues comme lourdes de conséquences. Dans un contexte où le club cherchait à restaurer son image et à instaurer une culture de la gagne après le départ de Donald Sterling en 2014, ces informations revenaient comme un nuage sur les efforts entrepris pour redorer le blason de la franchise. Sterling, banni de la NBA après des propos racistes tenus publiquement et connu pour certaines pratiques douteuses dans l’immobilier, avait laissé derrière lui un lourd héritage. Lorsqu’en 2014 Steve Ballmer, ancien PDG de Microsoft, a racheté l’équipe pour 2 milliards de dollars, on espérait que la gestion serait conduite avec plus de rigueur et de transparence.
Un nouveau jour à L.A.
D’un certain point de vue, Ballmer s’est avéré être un propriétaire engagé et déterminé. Il a réellement mis les moyens dans le club et a décidé de quitter le STAPLES Center pour inaugurer, à Inglewood, le tout nouveau complexe des Clippers, l’Intuit Dome. Sa volonté de dépenser pour attirer les meilleurs éléments a été claire, et il a démontré une ambition affichée pour bâtir une équipe compétitive. Cependant, les choix relatifs au management et au recrutement restent discutables. Pour accompagner Leonard, par exemple, il a été nécessaire de réunir Paul George à la demande même du joueur étoile. Or ces deux talents restent aussi connus pour leur tendance à souffrir de blessures, ce qui a contraint le club à confronter des plafonds de performances difficiles à dépasser. Autant dire que des finales de conférence n’étaient pas à attendre avec certitude.
Lorsque ce projet a été jugé insuffisant, le front-office a tenté d’ajouter James Harden afin de compléter le duo avec Leonard. Leur complémentarité sur le terrain est présente lorsque Harden est disponible, mais Leonard a parfois manqué des périodes de jeu importantes. Cette dynamique tend à limiter le potentiel maximal que l’équipe peut atteindre. L’équilibre entre les présences sur le terrain et les périodes d’indisponibilité a été un facteur pesant dans l’évaluation des perspectives sportives des Clippers.
En avançant jusqu’à la semaine dernière, le renvoi de Chris Paul a été vécu comme un coup dur. Paul demeure sans doute l’un des joueurs les plus déterminants de l’histoire de la franchise, et les dirigeants avancent qu’il ne correspond pas au profil recherché pour la structure actuelle. Le récit autour de la relation entre Paul et le management est resté volontairement vague, même s’il a passé une grande partie de sa carrière sous les couleurs des Clippers. On peut supposer que les responsables avaient une idée précise de ce à quoi s’attendre avec lui.
Le pot qui critique la cuisine
À défaut de disposer d’explications claires, on se retrouve avec des témoignages anonymes sur des joueurs comme James Harden, qui n’avaient pas nécessairement promu le retour de Paul dès le départ. Ces deux anciens partenaires à Houston se sont parfois trouvés en désaccord. Si Paul était critiqué pour son verbe parfois haut, on peut s’interroger sur l’exigence d’obtenir un rendement plus élevé d’un vestiaire qui affiche un bilan modeste. Pour un joueur dont l’implication est rarement remise en cause, il est décevant d’apprendre qu’on souhaite le voir ailleurs ou réduire son rôle.
Inversement, Harden a souvent été jugé sur son engagement, notamment lorsqu’il évolue en dehors de ses meilleures années. Son parcours à travers plusieurs équipes a nourri des interrogations sur sa constance et son effort lorsque les circonstances changent. Aujourd’hui, l’un des deux est perçu comme le moteur potentiel d’un élan offensif, tandis que l’autre se heurte à des réalités qui limitent son temps de jeu et, par conséquent, les résultats. Le paradoxe est perceptible: Paul, censé pousser l’équipe vers un niveau supérieur, se retrouve au cœur des débats tout en n’ayant pas toujours accès à des minutes suffisantes sur le parquet.
Ce qui ressort clairement, c’est que Paul n’est pas le seul responsable des difficultés actuelles des Clippers. Sur une échelle plus large, la franchise semble avoir pris des décisions stratégiques qui, pour l’instant, n’ont pas porté les fruits escomptés. L’association Leonard–Harden et les partenariats qu’elle a suscités ont, jusqu’ici, produit des résultats mitigés et ont mis en lumière les limites de la planification effectuée par la direction.
Les Clippers ne font pas figure d’attraction au box office
Les véritables répercussions de tout ceci ne présentent pas l’éclat d’un étalage glamour autour d’une marque prête à flairer le sensationnel. Il est difficile d’imaginer combien d’organisations souhaiteraient s’associer à une franchise qui semble traverser des querelles internes et des polémiques autour de sa gouvernance, lorsque les responsables ne parviennent pas à accepter d’être mis face à leurs responsabilités par une icône du club. Cette dynamique dégrade l’image d’un club qui lutte pour reconstruire sa réputation. Et c’est d’autant plus frustrant que, discrètement, beaucoup d’espoirs nourris par les fans et les optimistes persistaient à croire en une trajectoire victorieuse pour cette équipe.





