Nini Coco a mené son parcours jusqu’au bout de la saison 18 de RuPaul’s Drag Race, terminant en tant que finaliste et coqueluche du talk-show Pagesafrik.info a pu s’entretenir avec elle pour revenir sur son expérience dans l’émission et pour évoquer son lip-sync final, ainsi que l’« edit » qui avait vu son attitude parfois présentée comme agressive ou « cattish ».
Elle exprime que son classement lui apporte un sentiment de soulagement et de joie. Dans une interview d’après-émission accordée à Pagesafrik.info, elle confie ressentir une certaine plénitude, être fière d’elle et bénéficier d’une forme de closure qui va lui permettre de concentrer son énergie sur l’avenir. Plus question de douter de sa capacité à gagner l’ensemble du concours : elle affirme avoir trouvé des réponses, tracé un cap et être prête à avancer avec détermination.
Coco admet que, même si sa prestation finale face à Myki Meeks semblait parfaite en apparence, la réalité cachée derrière les coulisses était autre chose. Elle explique qu’elle s’attendait, compte tenu de l’évolution de la saison et de la fin du concours, à obtenir la troisième place. En revanche, elle fut agréablement surprise lorsque RuPaul l’a choisie en premier pour figurer dans le duo final, interprétant cela comme un signe qui augurait une victoire lors du défi de performance.
Elle précise que, sur le moment, elle n’était pas aussi préparée et a plutôt improvisé durant la finale. Elle avoue aimer mieux ne pas dire cela, car cela pourrait lui avoir coûté une éventuelle victoire qui pourrait atteindre 200 000 dollars, mais il s’agissait bel et bien d’un essai en direct. Elle a tenté de ressentir la chanson, de laisser l’énergie du moment la porter et d’être entraînée par elle-même. Elle se rappelle avoir craint que cela devienne trop chaotique, mais être fière du rendu final. Elle pense, en comparaison, que Myki et elle ont abordé ce morceau de manière différente mais complémentaire, toutes deux animées par une même ténacité.
Coco rejoint Willow Pill, Yvie Oddly et Nina Flowers en tant que quatrième reine originaire du Colorado à atteindre le duo final. Elle décrit la scène de Denver comme un vivier d’expérimentation et de créativité. Avec humour, elle rappelle que « nous sommes situés à mille mètres d’altitude et qu’il n’y a pas assez d’oxygène ici », ce qui, selon elle, pousse les artistes à oser des choses folles sur la scène de RuPaul’s Drag Race.
Pour elle, l’environnement de Denver encourage véritablement l’expérimentation et l’ouverture du public à ces essais. Cette atmosphère donne le courage nécessaire pour tenter des choses inédites. Elle explique avoir ramené cette énergie dans la compétition, avec une approche axée sur l’expérimental, convaincue que c’est là l’essence même du drag : repousser les limites, s’inspirer d’un grand nombre de personnes et imprimer sa touche personnelle pour élever son travail. Elle estime que les créatrices de Denver parviennent à surprendre, en partie parce qu’elles évoluent dans un contexte où l’oxygène est réduit et où l’audace prime.
L’un des principaux sujets entourant Coco pendant l’émission était de savoir si elle était perçue comme sèche ou agressive envers les autres candidates. Selon l’angle de montage, on pouvait croire qu’elle avait dû apprendre à injecter davantage d’humour dans ses échanges. Coco explique toutefois que ce n’est pas toute la vérité, même si elle admet que le montage peut en minorité faire glisser des éléments.
« Je déteste être celle qui accuse tout au montage », reconnaît-elle, tout en admettant qu’une part de réalité existe. Elle pensait que des difficultés de communication pourraient être ce qui l’aurait empêchée d’aller plus loin, et pensait que le Snatch Game serait l’épreuve qui la mettrait en difficulté. En réalité, ce qui s’est passé était différent et a bouleversé ses attentes.
Elle revient aussi sur la période où elle a perdu sa voix au tout début du concours. Elle décrit cela comme un premier contact qui a limité sa capacité à communiquer et à mieux connaître les autres concurrentes, ce qui l’a poussée à démarrer sur une mauvaise impression. Elle précise qu’elle ne montrait pas le respect et l’affection qu’elle éprouvait pour les autres candidates dès le départ, faute de pouvoir s’exprimer comme elle le souhaitait. Cela a créé une dynamique de départ mal alignée et des clans qui se sont rapidement formés, rendant la suite du concours plus isolante encore.
Elle ajoute que les moments de vie en dehors des caméras avaient permis de tisser des liens authentiques qui ne se reflétaient pas forcément dans les intrigues ou les storylines présentées. Parfois, ce qui apparaissait devant les caméras ne concordait pas avec ce qui s’était réellement passé, ce qui pouvait créer une certaine confusion chez elle aussi.
Néanmoins, l’important était que son talent et sa maîtrise n’en furent pas compromis. Lors d’un échange léger, RuPaul lui a demandé comment son expérience de jeune ingénieure mécanicienne pouvait l’aider dans le concours. Coco confirme que cet aspect s’intègre pleinement dans son processus créatif. Elle explique que son approche ne se limite pas à des compartiments séparés : l’artiste et le penseur technique nourrissent l’un l’autre dans un cercle continu. Selon elle, l’inspiration et la capacité d’élaborer des idées se nourrissent mutuellement, rendant l’ensemble cohérent et efficace.
Elle précise qu’elle s’était longtemps imaginée avec deux « moi » distincts, comme pour rapprocher mentalement les références d’un personnage connu pour avoir mené une double vie. En réalité, tout n’est qu’un seul et même être qui peut tirer parti de multiples compétences. Pour elle, c’est cette intégration qui confère une véritable puissance et permet d’évoluer sans fragmentation mentale.
En perspective, Coco voit après RuPaul’s Drag Race une période de repos avant de s’ouvrir à d’autres aventures. Elle prévoit de dormir énormément et de couper le téléphone afin de se ressourcer. Le mois de publication de l’interview coïncide avec une célébration locale à Denver, mais l’objectif réel est une série de tournées internationales. Elle évoque l’Australie, l’Europe et l’Amérique Latine comme prochaine étape, soulignant que ce sera une année enthousiasmante et riche en rencontres.
Participer à des tournées mondiales représente pour elle un privilège, et elle rappelle avoir déjà réalisé un rêve grâce à l’émission. Elle voit l’année à venir comme une période de découverte de nouveaux rêves et de réinvention de sa vie d’artiste à temps plein, hors des contraintes du milieu d’entreprise, guidée par sa passion et par sa communauté. Elle souligne sa volonté de trouver des façons de célébrer cette communauté de Denver sur des plateformes plus larges, tout en nourrissant de nombreuses idées qui lui tiennent à cœur.
Pour conclure, la diffusion intégrale de RuPaul’s Drag Race, saison 18, est actuellement disponible en mode à la demande via MTV.com, permettant à chacun de découvrir ou de redécouvrir l’intégralité de l’aventure de Coco et de ses coéquipières.





