Yolande Elebe ma Ndembo : «Je parle du fleuve dans le sens de ce que représente la vie»

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Yolande Elebe ma Ndombi

Poète de la République démocratique du Congo venue à Brazzaville pour la troisième édition du salon du livre de Brazzaville, Mme Yolande Elebe ma Ndembo s’est autoéditée en mettant sur le marché, son recueil de poèmes intitulé «Le Bictari», subdivisé en cinq parties, à savoir : Femme baobab ; Congo mon pays ; Amour de raison et l’immortalité respectivement quatre poèmes chacun. Chaque partie est précédée d’une minute yolandine.

De quand date votre rencontre avec la poésie ?
Yolande Elebe ma Ndembo
: Je peux dire que je suis dans la poésie depuis ma tendre enfance. J’écris depuis que j’étais jeune mais c’est maintenant que je viens de publier un livre au mois d’avril. Le livre est intitulé Le Bictari, c’est un mot qui n’existe pas. C’est une espèce de néologisme que j’introduis dans le vocabulaire.

Est-ce un tapuscrit de plusieurs années ?
Yolande Elebe ma Ndembo
: Je crois que comme plusieurs artistes ou plusieurs auteurs, il y a des hésitations ; on n’est pas sûre d’être à la hauteur. Ça a été mon cas, j’ai été beaucoup encouragée par des amies qui m’ont lu sur le net où j’ai beaucoup écrit. Des encouragements sont également venus de personnalités comme Mme Emilie Flore Faignond qui est ma marraine dans ce nouveau métier que j’embrasse. Ces personnalités m’ont demandé de partager mes écrits.

Quelles sont vos relations avec le fleuve qui est le thème de ce salon auquel vous venez de prendre part ?
Yolande Elebe ma Ndembo
: Dansun texte intitulé Les méandres de la vie, je parle d’un fleuve que je représente comme la vie, avec ses différents parcours. Je précise que le texte ne parle pas du fleuve en tant que tel. Qu’à cela ne tienne, nous vivons avec le fleuve depuis notre tendre enfance et il nous influence dans nos écrits.

De quoi a-t-il été question dans la table ronde à laquelle vous avez participé ?
Yolande Elebe ma Ndembo
: Il a été question de beaucoup de choses parmi lesquelles la politique culturelle pour les deux Congo, du baptême du livre qui est une pratique qui se fait essentiellement en RDC. L’auditoire voulait comprendre pourquoi on baptise les livres en RDC en jetant de l’eau sur le livre plutôt que de faire une présentation classique. Il s’est agi aussi de la manière dont on peut rapprocher les auteurs des deux rives pour une meilleure connaissance.

Pourquoi procède-t-on au baptême d’un livre en lieu et d’une cérémonie de présentation classique ?
Yolande Elebe ma Ndembo
: Il y a en fait deux aspects comme cela a été dit. Il y a l’aspect religieux que nous pouvons entre parenthèses, comme l’on voit les baptêmes chrétiens et de l’autre, il y a l’aspect traditionnel qui fait que l’eau apparait comme un symbole lors des événements.
Je suis, tout en admettant que je peux me tromper, parmi les écrivains qui n’ont pas fait ce baptême du livre. Au cours de la présentation de mon livre, le symbole était pour moi les mots de la personne qui a porté mon livre. C’est Mme NkoyMafouta, une sénatrice dans mon pays la RDC qui a donné l’envol à mon livre à travers les mots qu’elle a prononcés. J’ai voulu laisser mon livre s’envoler ses mots qui sont des symboles forts.
Dans nos traditions africaines, on utilise les mots, on maudit avec les mots et on bénit avec les mots. J’ai trouvé plus important de faire comme ça plutôt que de laisser quelqu’un verser de l’eau sur mon livre. Je sais qu’en Afrique, on fait un symbole avec tout ce que nous faisons et les européens aussi le font. Je crois simplement que chacun a le droit de choisir la manière de faire ce qu’il veut faire, c’est aussi un problème de croyance mais tout le monde n’est pas dans le symbolisme.

Alors quelle lecture faites-vous de «Le Bictari» votre recueil de poèmes ?
Yolande Elebe ma Ndembo :
C’est un recueil de textes politiques divisé en quatre parties. Dans le premier, je parle de la femme que j’appelle la femme baobab ; la seconde parle du Congo par rapport à ce qui se passe dans mon pays ; l’amour occupe la troisième partie et la quatrième renvoie à l’immortalité qui est un sujet qui me tient beaucoup à cœur.

Pourquoi avoir choisi de vous autoéditer alors que vous pouviez vous adresser aux maisons d’édition qui existent déjà ?
Yolande Elebe ma Ndembo :
Je me suis autoéditée parce que c’est mon premier livre. Je n’ai pas trouvé d’éditeur qui satisfasse mes attentes d’entrée de jeu. C’était très symbolique pour moi, déjà par rapport à mon père qui était lui-même un auteur. Il a compris ce don que j’avais d’écrire et m’a mis le pied à l’étrier. Je voulais que ce premier produit soit enraciné au Congo.
Propos recueillis par Florent SogniZaou

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