Union Africaine: le bug tchadien en question

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TRIBUNE. Les atermoiements au sommet de l’UA sur la situation du Tchad illustrent si besoin était, la fragilité de nos institutions potiches aux principes alexithymiques qui s’accommodent des humeurs du moment et vouent la rectitude aux gémonies.

Confucius disait « Sans principes communs, ce n’est pas la peine de discuter ».

Et Rudyard Kipling de persister : « Les principes sont les principes, dussent les rues ruisseler de sang ».

Alors, de quoi le sommet extraordinaire de l’UA sur la situation au Tchad est-il le nom ?

Face au constat sans échec de deux poids, deux mesures, de principes à Géométrie variable, ces tergiversations sont le parangon de l’aplaventrisme de ceux qu’on appelle sans doute avec raison des sous-préfets de la France car soumis au diktat de l’ancien Maître qui tient la jauge de la bien-pensance, mais aussi de l’infantilisation de tout un continent aux caprices des puissants qui mettent dan le même balancier leurs intérêts égoïstes et la vie des africains.

Ceux qui constituent ce syndicat de Chefs d’Etats mafieux, ces présidents aux mandats à manches longues qui n’en finissent pas, devenus de vrais serruriers politiques, faisant sauter les verrous constitutionnels et des stylistes se faisant tailler des constitutions à la mesure de leurs ambitions démesurées sont loin d’être des exemples.

Comment oseraient-ils condamner par principe, ce que les masses silencieuses leur reprochent, quand on sait que nombreux de ces dirigeants le sont devenus par simple dévolution atavique ?

Comme par hasard, l’Afrique centrale reste le ventre mou de la démocratie en Afrique, un véritable réservoir des régimes totalitaires les plus indécrottables.

Comme si elle ne se sentait pas du tout concernée par ce qui se passe au Tchad, la CEEAC, l’organisation sous-régionale en Afrique Centrale n’a pipé mot.

Idriss Déby mort, un autre Déby le remplace et cela ne semble gêner personne, pas même Emmanuel Macron qui pose, sourire en coin, aux côtés du Chef de la « Junte » qui a opéré un coup d’Etat de palais. Appelons un chat par un chat !

Son retournement de veste en présence du Président de l’UA reçu à déjeuner à l’Elysée peine à convaincre. La mise en scène a de quoi donner des indices de collusion : pourquoi la France vient-elle mettre son grain de sel dans une affaire qui concerne les africains et d’y associer l’organisation continentale ? Quel Symbole !

Pourquoi ne pas avoir tout de suite condamné ce coup de force ?

Rien ne justifie un tel laxisme, pas même les questions sécuritaires. Les militaires ont un métier et doivent prendre à cœur leur rôle : défendre la patrie en étant aux ordres du Chef de l’Etat. Déby fils n’en est pas un. Il n’est pas le plus haut gradé de l’armée pas plus qu’il n’en est le plus intelligent.

Il faudrait être volontairement candide pour croire que le Président de l’Assemblée Nationale qui n’en a pas fait déclaration lui-même, aurait abdiqué de son propre Chef. La constitution le préparait à cette tâche. Pourquoi n’avoir pas démissionné avant pour les mêmes raisons ?

Il a trahi son sermon et serait susceptible d’être traduit pour haute trahison sous d’autres cieux. Au lieu de cela, on le laisse tranquille.

Il a clairement été menacé, cela va sans dire. C’est l’agneau sacrificiel d’une machination sans nom.

Il faut en finir avec le paternalisme des colons qui infantilise nos dirigeants que nous n’avons pas élus pour la plupart. Personne n’est dupe.

La jeunesse africaine est une chance unique.

Cette jeunesse impavide n’en a cure des intérêts des puissants sur le dos de leurs aspirations à de meilleures conditions de vie. Elle veut s’approprier son destin face aux vieux roublards qui sont dépassés par les enjeux du moment !

Pour ce qui est des pays francophones, si la France ne s’implique pas sérieusement pour aider à l’installation d’une vraie démocratie avec des dirigeants voulus par le peuple, il y a fort à parier que le sentiment anti-français gagne de plus en plus de terrain comme on en a vu la démonstration au Sénégal.

Il faut condamner sans délais la prise du pouvoir par le CMT et les enjoindre sans sommation à rendre le pouvoir aux civils et prendre des mesures à titre conservatoire en suspendant le Tchad de toutes les organisations et mettre en place des mesures coercitives pour inverser la vapeur.

Il n’y a pas de honte à se rattraper.

Le réalisme c’est de réagir MAINTENANT. Après, il sera TROP TARD.

Par Van Manchette

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