RD Congo.Voici le véritable ennemi de Kabila…

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OPINION. Si la fonction du président de la République est la plus haute distinction qu’un citoyen lambda peut revêtir dans son cursus honoris, la question se pose sur ce que chercherait encore le président honoraire Joseph Kabila dans sa quête de titre académique.

Rien ne l’interdit de continuer (ou commencer) les recherches pour meubler sa culture. Cependant c’est plutôt sa brusque soif de titre académique qui fait tiquer plus d’un.

Ceux qui ont eu à observer les faits et gestes de Joseph Kabila depuis qu’il a quitté, bien malgré lui, le pouvoir ont pu remarquer qu’il lutte contre quelque chose d’invisible que tout humain ne perçoit que quand il se retire du pouvoir. Il s’agit notamment de la conscience plus vive du jugement de l’histoire.

Il a eu le temps d’écouter les uns et les autres, il a eu l’écho de l’opinion publique sur le bilan de son pouvoir, il a pu observer la lâcheté de son cercle restreint et la trahison de l’allié à qui il a cédé le pouvoir en vue de vouloir mieux le contrôler. Il en a tiré des leçons amères. Mais là n’est pas le vrai problème. Ce qui le fait plus trembler, c’est ce que les générations futures retiendront de lui surtout à propos de la descente aux enfers du Congo durant les 18 ans de gestion calamiteuse d’un Congo devenu l’ombre de lui-même. Il a pratiqué une politique d’affaiblissement des institutions politiques et militaires par leur infiltration à tous les niveaux. Il a « personnalisé » l’économie en distribuant la rente à ses proches tout en s’enrichissant personnellement en dizaine de milliards de dollars (Rapport Bloomberg et Panama Papers). Il a sciemment tripatouillé le dernier scrutin présidentiel en nommant un candidat non élu par le peuple. Il a ainsì fait le lit de tout le chaos qui s’observe présentement en RDC.

Nonobstant toutes ces évidences, Joseph Kabila aligne les six chapitres de son travail de master aux allures d’un plaidoyer pro-domo. D’où d’ailleurs son intitulé assez évocateur : « Du désespoir à la stabilité vers la Renaissance de la République Démocratique du Congo. Un narratif auto-biographique et une analyse auto-ethnographique ». J’ai beau mettre mes loupes pour chercher d’où émerge la renaissance de la RDC, je n’en vois aucun signe tangible. Mais Kabila impose sa version qui est loin de la réalité. En effet, dans son travail de master, de 1960 jusqu’à 2018 de l’histoire du Congo, Kabila se décrit lui-même comme l’homme providentiel qui a su tirer ce pays du gouffre. Le personnage de Kabila y est décrit comme le leader politique congolais qui a stabilisé ce vaste pays longtemps laminé par les violences de toutes sortes et menacé de dislocation.

Le message subliminal de ce parcours autobiographique de Joseph Kabila, c’est de défendre les acquis de ses deux mandats sans aucune autocritique sur leurs nombreux ratés. Il y tient mordicus, non par volonté d’un quelconque titre académique mais en vue de réhabiliter son image écornée. Il vise à colmater les brèches pour échapper à la dureté du jugement de l’histoire qui n’a point oublié que ce monsieur a travaillé 18 ans durant comme cheval de Troie d’un pouvoir étranger farouchement opposé à la paix et au développement du peuple congolais.

En lisant entre les lignes, son mémoire de master, on découvre que le véritable ennemi contre lequel est en train de lutter Joseph Kabila reste bel et bien la mémoire subversive de l’histoire du Congo ( 2001-2018) avec tous ses nombreux crimes et tous ses fantômes qui surgissent du passé récent de ce pays en vue de réclamer justice. L’on a beau vouloir falsifier l’histoire et imposer sa version de faits, la vérité reste têtue et poursuit impitoyablement la conscience de ceux qui veulent échapper à la responsabilité de leurs actes..

D’autre part, il convient de bien regarder en amont de l’agir de ce politicien taiseux et stratège pour scruter la nouvelle direction qu’il veut prendre. Car sa peur du jugement de l’histoire peut devenir le ressort même de nouvelles ambitions politiques d’un Kabila décidé à corriger les échecs de son passé en cherchant à revenir aux affaires. Ajoutées au zèle que peut susciter l’acquisition de son récent diplôme, les alliances contre-nature observées ça et là cette semaine à Kinshasa peuvent être des signes avant-coureurs de celui qui à l’horizon 2023, pense déjà à un sixième chantier après la fin à demi-teinte de ses cinq premiers.

Un clair avertissement à Martin Fayulu appelé à rester prudent, très prudent vis-à-vis de ce fin politicien réputé dans sa capacité de noyauter tous ceux qui ont osé signer des alliances politiques avec lui. Fayulu a tout intérêt à garder ses distances si réellement il tient à aller loin sans se faire brûler les ailes…

Par Germain Nzinga

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