RD Congo/Ouganda. On appelle ça agression d’un territoire souverain…

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TRIBUNE. La porte-parole de l’armée ougandaise, la générale de brigade Flavia Byekwaso, a officiellement confirmé que des frappes militaires de l’armée de l’air et de l’armée terrestre ougandaise, ont été lancées contre les positions des ADF en République Démocratique du Congo, dans le cadre des opérations militaires conjointes avec les FARDC.

Contrairement au déni du réel de la part du ministre congolais de l’information, l’armée ougandaise entend être opérationnelle sur le territoire congolais. Des sources locales affirment que cet après-midi de mardi, au moins 51 véhicules de l’UDPF étaient stationnés à Budunga et à Nyahuka et un important déploiement des éléments déjà positionnés juste devant le pont Lamia à la frontière Ougando-congolaise, attendant d’entrer sûrement cette nuit en RDC pour la seconde étape dite « ground operation » ( opérations de nettoyage) annoncée par la même porte-parole des forces armées ougandaises.

Ne rêvons pas : si un pays lance des attaques par son armée de l’air et de terre sur un pays voisin sous prétexte de neutraliser des forces négatives dans une zone de surcroît placée depuis des mois sous l’état de siège et que de nombreux civils en meurent, ça s’appelle une agression d’un territoire souverain. Ne nous voilons point la face.

D’autre part, en donnant feu vert à l’armée ougandaise rendue tristement célèbre par ses massacres de masse sur les populations congolaises de cette région, le gouvernement congolais ouvre largement le boulevard à un conflit généralisé qu’il risque de ne plus contrôler et de regretter amèrement. Pourquoi ? Parce qu’en plus d’être un mauvais précédent pour les autres pays voisins de la RDC qui pour une raison ou une autre, peuvent emboîter le pas à l’Ouganda, cette agression menée par l’Ouganda dans une zone que son actuel rival rwandais cherche depuis des mois à soumettre sous son contrôle direct, offre à ces deux ennemis traditionnels du Congo, l’opportunité en or de semer un chaos artificiel de plus en plus généralisé dans le principal objectif de redessiner la carte géopolitique de la partie Est du Congo qu’ils ont loupée en août 1998 et en juin 2000 avec la guerre de six jours à Kisangani.

En re-auditionnant avant-hier l’interview du président ougandais où il traitait carrément de « corps sidatique » (privé de tout système immunitaire pour se défendre) tout pays qui accepte une aide militaire étrangère, je m’étais immédiatement dit que son discours préparait à court-terme les cœurs et les esprits à un conflit militaire de grande envergure dans la région. Et pas seulement de la Somalie à laquelle il faisait allusion devant le journaliste de France 24, mais aussi de ce grand corps malade proche de ses frontières qu’est la RDC. Aujourd’hui 30 novembre 2021, Yoweri Kaguta Museveni y entre non pas en médecin guérisseur mais bel et bien en envahisseur.

Les congolaises et les congolais (de tête en bas) qui croiront recevoir une aide précieuse des ougandais en vue de pouvoir neutraliser l’ennemi rwandais se trompent d’analyse. Car il nous faut avoir le courage de voir les choses dans cet angle ci-après de perception du conflit : au cas où l’Ouganda et le Rwanda agissaient dans cette région comme de simples acteurs apparents obéissant à un plan plus global des acteurs profonds auxquels tous deux obéissent au doigt et à l’œil, alors croyez-moi l’avenir proche de notre pays risque d’être très chargé d’électricité…

Par Germain Nzinga

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