RD Congo. Les Congolais et le syndrome d’Adam…

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TRIBUNE. Quand on ausculte l’étrange comportement des dirigeants congolais, on se retrouve nez à nez face à une constante qui a traversé des décennies depuis l’indépendance de ce pays.

Joseph-Désiré Mobutu après avoir porté dans les années 80 le pays au bord du gouffre avait trouvé dans le contentieux belgo-Congolais son sésame pour justifier l’échec de ses choix politiques.

Laurent-Désiré Kabila se servira du long règne chaotique du mobutisme pour cacher sa grave irresponsabilité d’avoir porté dans son sac des ennemis redoutables qui s’installeront pour longtemps sur le territoire congolais.

Son prétendu rejeton qui a régné de main de fer sur les congolais, pillant le pays et le laissant exsangue après ses 18 ans de règne, continuera sans vergogne à invoquer le lointain mobutisme pour oser justifier ses méthodes prédatrices qui ont saigné le pays comme jamais depuis l’indépendance du Congo.

Comme l’histoire se répète. Jadis après la chute d’Adam et Ève au jardin d’Eden, L’Eternel Dieu interrogeait Adam : “Où es-tu?; Qui t’a révélé que tu étais nu? Est-ce que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger?» Et c’est la réponse d’Adam qui surprend : «C’est la femme que tu as mise à mes côtés qui m’a donné de ce fruit, et j’en ai mangé.» Finalement Dieu se retourna vers Ève et dit : «Pourquoi as-tu fait cela?» La femme répondit: «Le serpent m’a trompée et j’en ai mangé”.

Observez bien que nous sommes en plein dans le cycle infernal où le mal, c’est l’autre et jamais soi-même. À chaque faute commise dans ce pays, le fauteur, du plus grand au plus petit, a pris la triste habitude de pointer l’autre du doigt pour pouvoir tout justifier de ses forfaits. Syndrome d’Adam, quand tu nous tiens!

Pris au niveau de la direction générale du pays, ce mode opératoire est en train de laminer tout l’immense espoir que les congolaises et les congolais ont placé dans le scrutin de 2019. Le régime actuel au pouvoir ne semble pas déroger à la règle du syndrome d’Adam. Il multiplie des erreurs sur le plan de la gestion des affaires de l’Etat et surtout sur le plan sécuritaire et stratégique mais refuse d’écouter la voix de la raison.

Chaque jour qui passe, il s’embourbe à chercher désespérément de boucs-émissaires à ses échecs et, posant mal le diagnostic de la crise , il passe à côté des causes véritables avec comme conséquence d’enfoncer davantage le pays dans le chaos.

Quel congolais (dirigeant ou simple citoyen lambda) sera le premier à battre sa coulpe, renversant du coup cette logique du bouc-émissaire via la magie de cette parole qui est le ressort de tout changement: “ c’est moi et moi seul qui ai fauté. Ce qui est mal, je l’ai fait”. Ceci n’est point l’aveu d’impuissance mais le courage de regarder ses échecs en face pour mieux rebondir…

Par Germain Nzinga

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