RD Congo. Election du Bureau de la CENI : Chronique d’une fraude programmée…

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TRIBUNE. L’histoire électorale congolaise nous enseigne que de tous les 3 scrutins présidentiels précédents (2006, 2011 et 2018), la légitimité du candidat élu a toujours fait problème suite aux tripatouillages dont s’est rendu célèbre le bureau de la Ceni de par son soutien inconditionnel au pouvoir en place. Le cours des événements actuels semble nous conduire dans le sens d’un remake d’un quatrième scénario semblable pour les élections en 2023.

En regardant de plus près les manœuvres préélectorales, il se voit clairement que tout est méticuleusement mis en marche pour une fraude électorale programmée. Et l’Assemblée nationale est venue y ajouter de sa caution supplémentaire depuis le 3 juillet dernier en votant pour la loi réformant les conditions d’élections du bureau de la Cenco.

De ce texte de la réforme de la loi sur l’organisation et le fonctionnement du bureau de la CENI, l’on peut lire entre les lignes le déséquilibre de forces en présence dans la mesure où la réforme du bureau de la CENI est programmée à produire cette arithmétique électorale :

– 4 membres pour l’Union sacrée nationale

– 2 membres de l’opposition que doivent se disputer Lamuka et FCC

– 1 seul que doivent se disputer les 12 votes des confessions religieuses et de la société civile.

Pour mieux comprendre les mécanismes de la fraude, il suffit d’approfondir les points suivants :

– Le FCC qui se dit de l’opposition est aussi fortement représentée dans l’union sacrée nationale, ce qui donne en réalité 5 postes à l’USN

– La candidature de la société civile est déjà piégée ab ovo car sur les 12 voix attribuées aux confessions religieuses électrices, l’église kimbanguiste détient une voix élective; la communauté musulmane 1 voix; l’Eglise catholique 1 voix; l’Eglise du Christ au Congo 1 voix malgré ses nombreuses branches. En revanche et bien curieusement, la représentation des églises de réveil détient à elle seule 8 voix. Et c’est un secret de polichinelle que ce dernier groupuscule roule ouvertement pour le pouvoir en place depuis l’ère Kabila.

Une dernière épée de Damoclès sur l’élection du bureau de la Ceni peut bien paradoxalement provenir de ces 4 églises détenant chacune une seule voix. Rien ne nous rassure qu’elles ont opté toutes quatre de voter pour un candidat commun ni non plus que de l’intérieur de chacune de ces confessions religieuses avec plusieurs courants d’opinion, il y ait de convergence de vues ou de l’unanimité autour d’un seul nom.

Ce que personne n’avait prévu c’est l’irruption d’un candidat indépendant investi par la population et qui au terme de cette campagne s’impose logiquement comme le seul à se prévaloir de la qualité de candidat du peuple. De l’Est à l’Ouest du Congo, du Nord au Sud, la très grande majorité des congolais a jeté son dévolu sur Me Rety Hamuli.

Ceci dit, ces confessions religieuses mutualisent-elles avec le reste de la société pour le choix commun qui fait l’unanimité de la base? Écoutent-elles les profondes aspirations de la base qui a placé toute sa confiance en ce congolais intègre et capable de porter le peuple à des élections libres et démocratiques?

Pour tout résumer, la CENI version 2021 semble préparée à fonctionner aux ordres d’un agenda des politiciens. Et les réformes portées par ces derniers sont loin, très loin de porter un changement attendu par le peuple. Si cette ossature du bureau très politisé de la Ceni imposée par l’AN venait à être mise en exécution, croyez-moi la Ceni restera bel et bien la stratégie avancée des belligérants de 1997 pour conserver le pouvoir en RDC

Les carottes seraient-elles déjà cuites? Le peuple a-t-il déjà baissé les bras et laissé venir un énième tripatouillage électoral ? Y a-t-il encore une alternative pour barrer la route aux effets dévastateurs de cette réforme de dernière minute? Que faire de concret face à cette prise en otage de la Ceni par nos politiques qui sont en voie de porter de nouveau le pays droit au mur? Que faire pour que le choix du peuple sur Me Rety soit respecté par les leaders de la société civile?

A chaque congolais d’y réfléchir sérieusement et de se mobiliser pour l’avenir de la nation. Point n’est besoin d’un bon odorat politique pour sentir en l’air cet âcre parfum de fraude électorale. Nous sommes tous prévenus pour agir en amont en vue de réorienter le cours ds événements…

Par Germain Nzinga

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