RCA: L’Onu s’inquiète des conséquences de la contre offensive de l’armée et ses alliés contre les rebelles de la CPC

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Dss soldats de la Minusca lors d'un exercice dans une base des casques bleus à Bocaranga dans le Nord-ouest de Centrafrique, janvier 2021. ©Minusca

Le chef de la Minusca, Mankeur Ndiaye, a présenté le mercredi 23 juin 2021 au Conseil de sécurité de l’Onu, la situation sur le terrain en République centrafricaine. Selon l’envoyé de l’Onu, ces opérations militaires n’ont produit des résultats attendus dans la protection des civils.

Dans son rapport, Mankeur Ndiaye cite plusieurs faits documentés par la Minusca. Des faits qui pointent du doigt l’armée centrafricaine et ses alliés. Le N°1 de l’Onu en Centrafrique regrette que “le renforcement de la présence des forces de défense et de sécurité ainsi que le déploiement des forces bilatérales et autres personnels de sécurité, perçus par les populations comme une réponse rapide et efficace aux menaces causées par la CPC, n’aient pu générer l’effet escompté en faveur de la protection des populations civiles”

Selon le représentant du Secrétaire général de l’Onu, jamais par le passé, les violations des droits de l’Homme et manquements au droit international humanitaire imputables aux Forces armées centrafricaines (FACA), forces bilatérales et autres personnels de sécurité, documentées avec exactitude dans les zones sous leur contrôle, n’ont égalé les propensions documentées par la Minusca et portées à l’attention des autorités nationales.

Il cite l’augmentation des violences sexuelles liées au conflit dans le premier trimestre 2021, cinq fois plus supérieur que l’année précédente. L’envoyé de l’Onu indique par ailleurs que « la mission des Nations-Unies s’est régulièrement trouvée confrontée à des restrictions de mouvements, fouilles de ses véhicules, harcèlements et menaces de son personnel et violations de ses bases de la part des forces nationales de défense et de sécurité ». 

« Ce contexte sécuritaire actuel n’épargne pas non plus les acteurs humanitaires », ajoute Mankeur Ndiaye, précisant que 57% de la population a besoin d’assistance et de protection et 700.000 personnes sont exposées à la famine. « Les travailleurs humanitaires ont été 225 fois la cible d’attaques sur les cinq premiers mois de l’année 2021 », fait-il savoir.

Mankeur Ndiaye se dit aussi inquiet au sujet de la fréquente utilisation d’engins explosifs, qui selon lui, “restreint la liberté de circulation des populations, empêche les activités économiques y compris l’agriculture, l’élevage et le commerce et réduit la mobilité de la Minusca et des acteurs humanitaires”.

Ce rapport de la Minusca, présenté au Conseil de sécurité de l’Onu, aborde dans le même sens que les récents rapports de certaines organisations, à l’exemple de l’ONG américaine The Sentry.

Des révélations qualifiées de simples dénonciations par les autorités centrafricaines. Ces dernières y voient un « complot contre les institutions de la République ». Une commission spéciale nationale enquête depuis plusieurs semaines sur ces accusations.

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