RCA/Culture: la fête de la musique célébrée sous fond de revendication de l’application de la loi portant droits d’auteur

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Des musiciens du Ballet national de Centrafrique jouent à Bangui, le 2 février 2018.

Lundi 21 juin, est célébrée la fête de la musique dans le monde. Cette journée a pour vocation de promouvoir la musique à travers des concerts gratuits, la prestation des amateurs et aussi des professionnels. Elle permet à un public large d’accéder à des musiques de toutes sortes et de toutes origines. Dans quel état d’esprit, cette journée est-elle célébrée en Centrafrique ?

 Au bar Dancing 1+1 à Cattin, l’orchestre Centrafrican-Jazz déballe sa galerie de musique Tango-Yabawendo, devant une foule réunie pour l’occasion. Le célèbre titre « Valère » ne déprécie pas, 52 ans après son enregistrement. Une chanson composée par Docteurr Wesh.

De son vrai nom Michel Darma, c’est depuis le début des années 60 que Docteur Wesh électrise le public avec sa voix grave et ses chansons poétiques. La musique, selon cette icône, est un art.

“J’ai commencé à chanter au collège, dans les années soixante à Yaoundé avant de devenir professionnel. La musique c’est toute ma vie. A chaque fois que je compose une chanson, je fais de mon mieux de lui donner une valeur poétique afin qu’elle soit capable de traverser le temps”, révèle-t-il.

Malgré le poids de l’âge, cette légende vivante de la musique centrafricaine et certains artistes de sa génération continuent de tracer le chemin à la jeune génération. Il compte à son actif plusieurs tournées en Afrique et en Europe. Malgré tout, Docteur Wesh fait partie des rares musiciens qui vivent de leurs œuvres.

 “La musique c’est ce qui me fait vivre. Il y a des hauts et des bas, mais néanmoins je tire profit de mon modeste métier”, témoigne Dr Wesh.

La nouvelle génération est aussi à l’honneur, tout comme la musique mondaine et le gospel. Alain Samba, dit Alino Moskito, a représenté le drapeau centrafricain lors des festivals en France, en Chine ou en Corée du Sud. Le chef du groupe traditionnel Abakelin de Bangassou, maîtrise mieux les difficultés des artistes centrafricains.

 “Contrairement à ce que j’ai vu sous d’autres cieux, le train de vie des artistes centrafricains est nul. C’est des gens qui ne vivent pas de leurs œuvres. Malgré nos efforts, on nous appelle toujours des parents pauvres”, regrette l’artiste.

 De son côté, Didace Sabone, artiste musicien et promoteur culturel, propose quelques solutions pour l’émergence de ce secteur.

“Nous voulons la création d’une industrie de musique en Centrafrique. Depuis un an, nous avons les yeux tournés vers les autorités pour que la loi portant droit d’auteur votée par les députés le 7 juillet 2020 soit appliquée. L’application de cette loi et la construction des salles de spectacles dans le pays, pourront changer la vie des artistes centrafricains en général et, des musiciens en particulier”, suggère Didace Sabone.

 Aujourd’hui selon certains artistes musiciens, il reste beaucoup à faire pour sauver la musique centrafricaine même s’il y a une loi encadrant le secteur de la culture en Centrafrique.

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