Quand le tyran sanguinaire est l’otage de sa propre violence!

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TRIBUNE. L’esprit pernicieux du dictateur congolais est tel qu’il tient un marteau; c’est ainsi que pour lui les opinions contraires et revendications des droits sont des clous qu’il faut enfoncer. C’est donc un truisme que d’affirmer que le peuple est tenu par une main de fer! Bien évidemment, il y a lieu d’enfoncer les portes ouvertes en affirmant sans coup férir que plutôt que de défendre la liberté, les forces de l’ordre et l’armée au Congo sont au service d’un tyran qui asservit, opprime et martyrise le peuple.

En effet, sous un Etat policier et un pouvoir hyper militarisé les gens vivent sous une terreur permanente que produit cette espèce d’effet de l’épée de Damoclés, véritable incarnation du terrorisme d’Etat.

Il sied d’affirmer sans coup férir qu’il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle qui s’exerce sous une démoncrature. A L’évidence, il est question d’esprits maléfiques du moins des forces du mal à l’oeuvre dans notre pays; lesquelles sont manifestement animées par une volonté de destruction.C’est ainsi que la bête immonde au sommet de l’Etat n’a de cesse de briser de précieuses vies et de détruire le pays. Pour ce faire, les opposants politiques et membres de la société civile, sur la ligne de front, sont les premiers à en faire les frais, tant ils sont ainsi persécutés, réduits au silence et souvent arbitrairement embastillés en raison de leurs opinions.

Dans ces conditions, hélas, le peuple qui non seulement est confronté à une tyrannie sanglante, mais subit également de plein fouet les affres d’une crise socio-économique sans précédent et voit chaque jour davantage la dégradation inexorable de ses conditions de vie, n’a plus d’alternative quant à une éventuelle insurrection populaire salvatrice.

En ma qualité de patriote, à l’humanisme en bandoulière, j’éprouve une vive empathie notamment pour les retraités sciemment privés de leur pension et qui ne peuvent jouir d’une vie sociale descente et digne. Cette situation est telle qu’ils sont dans l’incapacité financière de s’offrir les soins de santé et sont tourmentés à l’idée d’être fauché même par des pathologies bénignes qui pourraient les affecter. C’est pourquoi il est naïf de croire qu’un tyran sanguinaire peut instaurer la paix des coeurs et la tranqulité des esprits. Aller donc en parler à cette masse d’infortunés retraités!

Il sied cependant de souligner qu’un tyran sanguinaire qui n’écoute pas la volonté de son peuple et pire réprime tout soulèvement populaire dans le sang, porte en lui sa propre violence destructrice et en devient l’esclave sinon l’otage. Il s’agit d’une violence prétendument conservatrice exercée par le pouvoir, violence qui est dirigée contre son propre peuple. Mais on ne peut occulter le fait que cette violence sera finalement dirigée contre lui-même puisque, à terme, elle pourra se solder par le renversement du tyran sanguinaire par le peuple, et dans le pire des cas à son élimination physique.

En fait, tous les efforts déployés pour promouvoir cette culture de la violence ne peuvent affaiblir l’espérance de liberté, bien au contraire ils ne servent qu’à la conforter et l’affermir davantage. Si au Congo-Brazzaville, la tyrannie instille la terreur dans l’âme humaine, la tenace espérance de liberté console les esprits martyrisés et fait survivre les damnés de la patrie. Hélas, il convient de le souligner un fait indéniable, à savoir : le temps est trop lent pour l’opprimé qui veut le changement, trop rapide pour l’oppresseur qui redoute le retour du bâton. A force de malmener le peuple, de l’opprimer et de lui avoir imposé une misère endémique honteuse, le tyran congolais vit dans la peur du peuple. Il est donc aisé de comprendre que Sassou Nguesso, l’effroyable tyran sanguinaire des bords de l’Alima, est l’otage de ses propres crimes envers le peuple congolais. D’où la confiscation du pouvoir et sa militarisation outrancière. C’est pourquoi il faille rappeler ici et maintenant cette maxime, à savoir “Les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre”. C’est à se demander si les dieux ne rendent pas d’abord sourds et aveugles les dirigeants politiques qu’ils veulent perdre.

Il est cependant de notoriété publique que l’implacable loi de la nature est telle que l’on ne récolte ce que l’on sème. Aussi, avec autant de destins hypothéqués, de vies brisées, un pays détruit tous azimuts, nul ne peut avoir la force moral et psychologique lui permettant d’avoir la conscience tranquille et vivre en paix avec soi-même. C’est pourquoi le satrape et angoualima des bords de l’Alima a désormais l’âme terrorisée à l’idée du retour implacable de bâton. Sinon, comment donc comprendre le spectaculaire et imprésionnant armada dont le prétendu “homme des masses” s’entoure à chacune de ses apparitions publiques? Voilà une question qui vaut tout son pesant d’or et qui a toute son importance dans la compréhension du syndrome du cercle vicieux du “Je t’aime, moi non plus” sinon du désamour entre le tyran et le souverain primaire qui, dans une souffrance contenue sinon refoulée dans l’inconscient, l’attend impatiemment au tournant et cela n’est qu’une question de temps! En somme, l’idéal est que le bourreau du peuple réponde de ses multiples crimes économiques et de sang devant les hommes d’abord, dans ce bas monde; autrement dit ce serait trop beau qu’il s’en tire à bon compte.

Mais l’histoire a prouvé qu’aucune dictature n’est éternelle. L’âme de l’insurrection ne peut être étouffée indéfiniment, car le peuple à hâte de voir la lumière au fond du tunnel, tant il languit de récouvrer la liberté tant chérie.C’est pourquoi quoi qu’il arrive, tôt ou tard le peuple se devra de prendre ses responsabilités devant l’histoire et faire valoir son doit de résistance à l’oppression. En fait, la furie d’un peuple opprimé, martyrisé par un tyran sanguinaire n’est qu’un volcan prêt à exploser.Justement, c’est cette perspective du retour de manivelle qui hante le tyran sanguinaire et qui est surtout tant redoutée.

En somme, la révolte commence par l’information permettant aux masses populaires de s’engager dans l’action salvatrice quant à l’aboutissement de l’espérance de liberté et de l’assumer en toute connaissance de cause. Du reste, seule la puissance de l’espoir, qui fait vivre ou survivre, est capable de nous acheminer vers l’aube de l’espérance de liberté. Aussi, il vaut mieux avoir l’audace d’exprimer ses idées pour conscientiser les esprits et entretenir la flamme de l’espérance plutôt que de vivre dans les chaines d’une peur inhibitrice, castratrice quant à l’élan vers l’initiative porteuse d’espoir sur la fin des ténébres dans lesquelles sombre notre cher et beau pays le Congo-Brazzaville.

La patrie ou la mort, nous vaincrons!

René Mavoungou Pambou

Activiste politique et leader d’opinion

Coordonnateur de l’UPC au Royaume Uni

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