Noureddine Obbad, Expert en Développement durable : Sahara marocain, une dynamique géopolitique en marche

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Noureddine Obbad.

INTERVIEW. De la question du Sahara marocain, qui connait un développement incontestable en faveur de l’engagement du Royaume dans la défense de son intégrité territoriale, au concept de « Ville d’Espoir », en passant par les projets réalisés ou en cours de réalisation, sans oublier son implantation en Afrique Subsaharienne, Noureddine Obbad, Expert en Développement durable et Président de l’ONG Promotion du Développement Économique et Social-Suisse, dit tout à cœur ouvert et en exclusivité sur Continental News Maroc, partenaire de Pagesafrik.

Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui de l’initiative du Plan de redressement de l’Afrique du Nord, l’un des axes majeurs de l’action de votre organisation ?

L’initiative du Plan de Redressement de l’Afrique du Nord (PARAN), reste un des objectifs à long terme de notre organisation. Malheureusement, lors de la mise en avant de ce plan en 2015, l’économie et la géopolitique internationales semblaient pouvoir stimuler une croissance économique nord-africaine capable de miroiter celle européenne au niveau de la rive sud de la Méditerranée.

Quand on a commencé à œuvrer sur le terrain, nous avons pu approfondir et comprendre dans les détails plusieurs blocages majeurs qui entravent de façon indiscutable un processus qui permettrait la stabilisation et la croissance socio-économique de toute l’Afrique du Nord.

Malheureusement, les blocages ne sont pas économiques ou sociaux mais restent encrés aux complexes réalités et ententes politiques, les mêmes qui empêchent à ce jour l’avancée du grand projet de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).

Dans cette perspective comment décrierez-vous une « Ville d’Espoir » au Maroc », un concept que vous appelez de tous vos vœux ?

Le concept de « Ville Espoir » s’inscrit dans une vision de modernité et de stabilité pour toute la région du Maghreb. Sur l’exemple du grand projet égyptien de Wedian, nouvelle ville visant à désengorger la capitale du Caire, nous aimerions pouvoir soutenir la construction d’une nouvelle « Smart City 4.0 » où les nouvelles technologies s’intègreraient avec les dynamiques sociales, économiques et environnementales majeures devenant un exemple à dupliquer à l’échelle du continent africain.

La stabilité socio-économique du Maroc ainsi que sa clairvoyance en matière d’environnement et des nouvelles technologies pourrait contribuer de manière indissociable à ce type de projets indispensables pour le retour d’une industrie verte et durable ainsi que d’investisseurs sensibles et engagés à une transition écologique d’envergure.

A ce sujet, vous avez déclaré, récemment, que la forte dynamique de développement socioéconomique au Sahara marocain est un atout majeur pour la paix et la stabilité régionales. Quel regard portez-vous sur les Provinces du Sud à la lumière de ce concept de « Ville d’espoir » ?

La stabilité sociale, économique et environnementale des Provinces du Sud du Maroc représente à mes yeux le seul moyen de contraster les complexités politiques en Afrique du Nord, qui empêchent depuis des décennies à une zone géographique et géopolitique d’intérêt majeur, partageant la même langue, les mêmes traditions et la même religion, de se développer à hauteur des grands défis du quotidien. La crise de la Covid-19 nous a démontré que « l’Union fait la force », est non seulement un dicton, mais un fait réel.

Aujourd’hui, les paradigmes géopolitiques et géostratégiques changent quotidiennement et si l’Europe et l’Afrique veulent revenir sur l’échiquier des grandes puissances américaines, chinoises et russes, elles doivent s’imposer comme étant des puissances stables, crédibles et capables de se projeter dans un futur sur un minimum de 30 ans.

C’est dans cette vision que je verrais les Provinces du Sud comme le pont nord, sud, ouest et est nécessaire à ce changement transformateur nord-africain.

Vous êtes fortement engagé pour la défense de l’intégrité territoriale, à l’image de tous les patriotes marocains résidents à l’étranger. Quelle analyse faites-vous de la question du Sahara marocain dans le contexte actuel ?

Le dossier du Sahara est une question qui doit d’être résolue le plus rapidement possible afin de permettre à toute l’Afrique du nord de commencer un changement transformateur réel, uniforme et concret. Le Royaume du Maroc a proposé un processus d’autonomie pour les Provinces du Sud qui a été positivement salué par la communauté internationale et qui reste à ce jour la seule voix crédible à la stabilisation et au développement de toute la région

 Aujourd’hui, nous sommes entrés à nouveau dans une dynamique géopolitique de blocs, proche à celle issue de la guerre froide, période durant laquelle le dossier du Sahara a connu plusieurs rebondissements.

Afin de nous affirmer comme un continent à part entière capable de se défaire de son passé colonial et garantir un meilleur avenir aux futures générations -capital humain majeur, qui fait de l’Afrique le continent le plus jeune et prometteur au monde- nous devons faire preuve de maturité et de diplomatie et s’asseoir autour d’une même table afin de discuter et non toujours s’enflammer ou s’attaquer.

Quels sont vos projets réalisés ou en cours de réalisation au Maroc ?

Aujourd’hui, nous œuvrons au quotidien pour permettre aux petits agriculteurs et coopératives présentes au Royaume de se développer et de vendre leurs productions sur des marchés à plus haute valeur ajoutée.

Après avoir travaillé étroitement avec les autorités de la région de Béni Mellal-Khenifra pour la remise à niveau du plan régional d’investissement et avoir mené des actions de terrain avec plusieurs coopératives du Royaume, nous avons compris la nécessité de créer des liens Sud-Nord à travers la valorisation des productions et des techniques agricoles dans le respect le plus total des nouveaux benchmarks internationaux ESG (Economical, Social and Governance) et dans la lignée des ODD 2030 (Objectifs de Développement Durable) de l’Agenda 2030 des Nations Unies.

C’est dans cette optique que nous sommes en train de finaliser un projet combinant l’utilisation des nouvelles technologies en agriculture et en commerce numérique pour les petites et moyennes coopératives en Afrique.

Qu’on est-il de l’implantation de « l’ONG PDES – Promotion du Développement Economique et Social, au bénéfice du Statut ECOSOC des Nations Unies », en Afrique Subsaharienne ?

PDES a, à cœur, une politique de développement Sud-Sud d’envergure et suivant celle employée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui vise le multilatéralisme et le partage culturel, social, environnemental et économique comme principal moteur de stabilité et de croissance.

Nous visons donc une ouverture prochaine d’une antenne de notre organisation dans la ville de Laâyoune afin de pouvoir entamer un processus de création de projets Sud-Sud notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale. Nos principaux objectifs visent le développement social et économique comme vecteur majeur de stabilité et de croissance dans le respect des droits humains et de l’environnement.

Nous visons, également, à permettre aux jeunes générations de se former aux métiers de l’agriculture et l’agro-industrie pour une résilience et une sécurité alimentaire africaine majeure : élément indispensable, aujourd’hui, à une croissance homogène et structurée du continent.

A votre avis, quels pourraient être les éléments clefs ou les conditions de la relance économique durable continentale post Covid-19 et leurs impacts à l’échelle internationale ?

Le premier élément indispensable pour la résilience et la relance économique africaine face aux nombreuses crises de l’après Covid-19, reste à mes yeux l’unité. Nous nous devons en tant qu’africains de rester unis et étroitement focalisés sur les immenses défis qui nous attendent.

Ensuite, il sera indispensable d’éduquer les futures générations d’un point de vue personnel au respect, des autres et de l’environnement, et d’un point de vue professionnel de former ces jeunes générations aux métiers d’avenir, qui permettront la résilience face aux crises.

Enfin, nous devons faire pression sur nos élites politiques et économiques afin qu’elles apprennent à se projeter dans le moyen et long termes en suivant les nombreux exemples asiatiques qui ont permis, aujourd’hui, à un pays comme la Chine de devenir la deuxième puissance mondiale.

Propos recueillies par M.S.

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